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	<title>Petit Guide 2012 de la Transparence Électorale &#187; Communication</title>
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	<description>- Bienvenue sur Le Petit Guide 2012  de la Transparence Électorale -</description>
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		<title>Le vote blanc, toujours transparent ?</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Dec 2012 11:59:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Sophie Levy © Rama Un étrange parti s&#8217;immisça dans les élections législatives: le Parti du vote blanc, représenté par vingt-sept candidats. Score national : 0,44%. Le vote blanc n&#8217;est pourtant pas anecdotique &#8211; gage de démocratie pour les uns, il se révèle être un danger pour les autres. &#8230;.. &#171;&#160;La France ne sera pas ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Sophie Levy<br />
<br/><br />
<a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/12/Election_MG_3460.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1740" title="Visuel-article-maison-france" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/12/Election_MG_3460.jpg" alt="" width="650" height="170" /></a><br />
<em>© Rama</em>
</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un étrange parti s&rsquo;immisça dans les élections législatives: le Parti du vote blanc, représenté par vingt-sept candidats. Score national : 0,44%. Le vote blanc n&rsquo;est pourtant pas anecdotique &#8211; gage de démocratie pour les uns, il se révèle être un danger pour les autres.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/><br />
<em>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span> &laquo;&nbsp;La France ne sera pas une vraie démocratie tant que ne sera pas reconnu le droit de ne pas être d’accord &laquo;&nbsp;</em>, affirme Stéphane Guyot, président du Parti du Vote Blanc (PVB). Aujourd’hui, le refus des offres politiques proposées n’est pas considéré comme un suffrage exprimé. Le vote blanc n’est pas reconnu. De fait, le score final des candidats est calculé sur l’ensemble des bulletins auxquels on soustrait les votes blancs et nuls. Une procédure que l&rsquo;on doit à <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=27216C9867C1B41CE9BE132127BE5629.tpdjo15v_1?idArticle=LEGIARTI000006353176&#038;cidTexte=LEGITEXT000006070239&#038;dateTexte=20120614" title="lien-article-L66-vote-blanc" target="_blank">l’article L.66</a> du code électoral.<br />
<br/><br />
<strong>Devenir le troisième homme</strong><br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Une plus grande reconnaissance du vote blanc aurait pourtant des avantages. En termes d&rsquo;abstention tout d&rsquo;abord. Car ce n&rsquo;est pas nécessairement un manque d’intérêt pour le processus démocratique qui motive les comportements abstentionnistes, mais il arrive souvent qu&rsquo;aucun candidat ne leur convienne ou qu’ils soient en désaccord avec l’ensemble du système politique. <em>« 20% des abstentionnistes pourrait voter blanc si on le leur proposait »</em>, estime Stéphane Guyot.<br />
Autre argument avancé : une plus grande reconnaissance du vote blanc permettrait de faire baisser le score des extrêmes. <em>&nbsp;&raquo; Les électeurs se trompent s’ils pensent que voter pour le Front National, c’est voter contre les autres &laquo;&nbsp;</em> , affirme le président du PVB.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Stéphane Guyot crut donc en ses chances de devenir le troisième homme. La situation aurait pu jouer en sa faveur avec les difficultés connue du MoDem. Le militant avait aussi quelques chiffres à mettre sur la table : <a href="http://www.lexpress.fr/actualites/1/politique/presidentielle-ni-hollande-ni-sarkozy-pour-47-des-francais-selon-un-sondage_1056443.html" title="lien-sondage-express-vote-blanc" target="_blank">un sondage réalisé pour l’Express</a> en novembre 2011 affirme que 43% des électeurs ne voulaient voir ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy prendre les rennes du pouvoir. Mais ce n’est qu’un sondage et le vote blanc connait aussi ses détracteurs.<br />
<br/><br />
<strong>Scrutin invalidé</strong><br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le principal argument brandi contre le vote blanc est qu’il ne servirait finalement pas la démocratie du fait d’un risque de blocage institutionnel. En effet, que faire si le vote blanc obtient la majorité des suffrages ? Le PVB a prévu cette possibilité dans <a href="http://www.parti-du-vote-blanc.fr/comprendre/proposition-de-loi-pour-legiferer-sur-le-vote-blanc/" title="proposition-de-loi-parti-vote-blanc" target="_blank">une proposition de loi</a> : le scrutin serait invalidé et les élections réorganisées avec de nouveaux candidats et de nouveaux programmes. En espérant cette fois mieux convaincre les électeurs.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Lors d’un <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2002-2003/20030131.asp" title="lien-debat-assemblee-nationale-2003-vote-blanc" target="_blank">débat à l’Assemblée nationale en 2003</a>, Jean-François Copé expliquait son opposition à la reconnaissance du vote blanc. <em>&nbsp;&raquo; Il suffirait que votent blanc les électeurs d’un candidat éliminé à l’issue du premier tour. Sur la base d’une consigne de vote, on se trouverait donc dans cette situation ubuesque où aucun des deux adversaires ne pourrait être proclamé élu &laquo;&nbsp;</em>, expose celui qui était alors porte-parole du gouvernement Fillon.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>S&rsquo;il existe des possibilités de s’extirper d’une telle situation, les politiques ont d’autres raisons de refuser le vote blanc. Un score trop élevé affaiblirait leur légitimité s’ils étaient tout de même élus. Pascal Clément, alors président de la Commission des lois, l’affirmait lors du même débat à l’Assemblée Nationale. <em>&nbsp;&raquo; Il est indéniable que vouloir prendre en compte les votes blancs dans la détermination des suffrages exprimés aura pour conséquence, ce qui est tout de même paradoxal, de décrédibiliser politiquement l’élu &laquo;&nbsp;</em>, avance le député. Un argument déjà évoqué à propos de l’abstention.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le débat sur le vote blanc revient régulièrement à l’occasion des élections et des dizaines de propositions de lois ont été déposées à l’Assemblée Nationale sans être suivies d’effets. La dernière tentative est celle de François Sauvadet, député UDI, qui fit examiner une proposition de loi le 22 novembre 2012. <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/29/le-vote-blanc-presque-reconnu_1794601_3224.html" title="lien-article-le-monde-vote-blanc" target="_blank">Un article du Monde</a> pointe les raisons récurrentes qui ont fait avorter ce projet &#8211; ou presque, car le seul espoir restant tient au décompte symboliquement séparé et annexé du vote blanc.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le chemin risque d’être long pour Stéphane Guyot… Il n’a pas obtenu les 500 signatures nécessaires pour une candidature à l’élection présidentielle, et ses résultats lors du scrutin législatif restent infimes. Mais il ne perd pas espoir. En Espagne où les Indignados sont très présents, l’équivalent du PVB a réussi à faire élire quatre de ses représentants aux municipales. Il existe aussi l&rsquo;exemple de ces pays où le vote blanc est reconnu &#8211; loin, en Amérique latine, comme au Pérou et au Costa Rica.<br />
<br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>La démocratie &#171;&#160;hugocentrique&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:50:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par François-Xavier Freland © François-Xavier Freland Le président sortant Hugo Chavez, au pouvoir depuis décembre 1998, a été réélu haut la main face à son adversaire Henrique Capriles Radonski (54,5% contre 44,5%). Marqué d’un fort taux de participation (81%), le scrutin s’est déroulé sans incident majeur. Pourtant, derrière cette façade exemplaire et la quinzaine d’élections ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par François-Xavier Freland<br />
<br/><br />
<a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/10/PHOTO-5.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-492" title="En-tete-article-venezuela" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/10/PHOTO-5.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© François-Xavier Freland</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le président sortant Hugo Chavez, au pouvoir depuis décembre 1998, a été réélu haut la main face à son adversaire Henrique Capriles Radonski (54,5% contre 44,5%). Marqué d’un fort taux de participation (81%), le scrutin s’est déroulé sans incident majeur. Pourtant, derrière cette façade exemplaire et la quinzaine d’élections organisées en 14 ans de pouvoir, les règles fondamentales de la démocratie ne semblent pas toujours respectées.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/><br />
<strong>Maître propagandiste</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>À l’aube de l’élection présidentielle du 7 octobre 2012, l’arrivée à l’aéroport international de Maquetía suffit à planter le décor. Un simple voyageur attendant de faire tamponner son passeport aux douanes &#8211; inquiet sans doute de pouvoir pénétrer sur le sol &laquo;&nbsp;<em>du socialisme du XXi ème siècle</em>&nbsp;&raquo; &#8211; comprend vite qu&rsquo;il ne s’est pas trompé de pays : face à lui, d&rsquo;immenses panneaux publicitaires vantent les acquis de la Révolution. Sur le côté, une présence : celle d’un Hugo Chavez tout sourire, le visage placardé sur un panneau de dix mètres par vingt. Bienvenue en Chaviland ! La balade commence.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Engouffrez-vous dans un de ces taxis noirs Chevrolet, période de campagne électorale ou pas, et vous aurez une chance sur deux (voire deux sur deux) de tomber sur une <em>cadena</em> : une interruption de programme sur toutes les radios et télévisions en même temps &#8211; privées ou publiques, « officialistes » ou d&rsquo;opposition &#8211; durant laquelle le président Hugo Chavez Frias s&rsquo;adresse à ses compatriotes plusieurs heures durant. Selon le compteur d&rsquo;antenne d&rsquo;une organisation anti-chaviste, le Commandante se serait exprimé 100 heures <a href="http://monitoreociudadano.org/cadenometro/" target="_blank">entre janvier et octobre via ces fameuses cadenas</a>. Plus encore, l’opposition estime qu’il se serait octroyé près de 1700 heures d&rsquo;antenne <a href="http://www.lapatilla.com/site/2012/10/13/alo-presidente-el-reality-de-chavez-con-1-656-horas-y-44-minutos-de-transmision/" target="_blank">en 14 ans de pouvoir</a>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aux alentours de Caracas, l’autoroute emprunte des tunnels qui disparaissent sous les bidons-villes. Vous serez alors frappé par l&rsquo;omniprésence du chef : à travers  la multitude de tags, graffitis et affiches. Peut-être arriverez-vous tout de même à mettre un visage sur son principal adversaire, Henrique Capriles Radonski, 40 ans, jeune candidat de la plate-forme d’opposition (MUD), grâce à quelques panneaux publicitaires noyés sous la propagande &laquo;&nbsp;<em>rojo-rojito</em>&nbsp;&raquo; (rouge-rouge).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La liberté de la presse sacrifiée</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Depuis quelques années, le gouvernement a fait passer toute une série de lois destinées à reprendre en main le secteur audiovisuel. Par là même, c’est la volonté de contrôler la critique et d’imposer le message du Comandante qui se laisse entendre. Mais au lieu de s&rsquo;attaquer frontalement aux grands quotidiens lus par une petite élite cultivée, et forcément hostile -<em> El Nacional, El Universal ou Tal Cual -</em> le gouvernement a préféré concentrer ses efforts sur les <em>mass médias</em> : une stratégie tournée vers les habitants des quartiers populaires qui regardent surtout la télévision ou écoutent la radio. Le 1er août 2009, la Commission nationale des Télécommunications (Conatel) décida de retirer leur fréquence à 34 stations de radio ou chaînes télévisées, la plupart d&rsquo;opposition, sous couvert d’une démocratisation du paysage audiovisuel vénézuélien mis au service de la collectivité. En réalité, les nouveaux médias qui ont récupéré ces fréquences, qu’ils soient communautaires, privés ou publiques, sont aujourd’hui pour la plupart des courroies de transmission du message officiel. Des clips de propagande sont diffusés en permanence, lorsque Chavez ne s’immisce pas en <em>cadena</em>.</p>
<p><br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Durant la campagne présidentielle, ces médias ont donc imposé « la voix du maître ».</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, afin d&rsquo;obliger la presse d&rsquo;opposition à davantage de retenue, voire à l&rsquo;auto-censure, le gouvernement fit passé une nouvelle loi en décembre 2010, appelée la « <em>ley resorte</em> ». Celle-ci a pour but d’interdire la diffusion de messages pouvant “<em>susciter l’angoisse au sein de la population</em>“. C’est au nom de cette loi que la désormais seule chaîne de télévision d’opposition <em>Globovisión</em> dut payer une forte amende en 2012. Les autorités lui reprochaient d&rsquo;avoir couvert les mutineries mortelles dans des prisons de Caracas l’année précédente.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aujourd&rsquo;hui, il suffit de tourner le bouton de la radio pour prendre conscience du déséquilibre médiatique évident. On y entend régulièrement la voix éructante de celui qui prétend être, à en croire certains graffitis qui jalonnent le bord des voies, la parole du peuple: « <em>Somos Millones, una sola voz !</em> » (« <em>Nous sommes des millions, une seule voix !</em> »). La plupart du temps, cette voix familière bourdonne, entre-coupées de pics de volume: « <em>Imperialismo ! Oligarquia ! Yankee ! Gringos !</em> ».</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tension électorale : des paroles aux actes</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Durant six mois de campagne, le président de tous les Vénézuéliens mena une campagne violente et agressive contre son adversaire Henrique Capriles Radonski. Hugo Chavez l’a souvent traité de «<em> bourgeois apatride</em> », mais la charge la plus virulente date du 16 février 2012 : « <em>Tu as beau te déguiser, minable, tu as une queue de porc, des oreilles de porc, tu ronfles comme un porc, tu es un porc !</em> ». Des propos injurieux, à la limite de l&rsquo;anti-sémitisme selon certains observateurs. En réponse, celui qui sembla garder son calme durant toute la campagne me fit cette déclaration en septembre dernier : «<em> Le gouvernement de Chavez est bien loin du socialisme, il a au contraire des points communs avec l&rsquo;extrême droite, il est même fasciste je dirais dans ses méthodes. Chavez m&rsquo;a traité de nazi, moi, le petit fils de déporté juif ! Cela démontre de sa part une profonde ignorance, ou pire, une volonté de ramener le débat au niveau de l&rsquo;insulte.</em> »</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Résultat : les mots ayant une portée directe, les violences provoquées par des militants chavistes radicaux à l&rsquo;encontre des partisans de Capriles se sont succédées. En mars 2012, le candidat d&rsquo;opposition a essuyé des coups de feu dans un <em>barrio</em>, un quartier populaire de Caracas. Puis en septembre, c’est au tour de ses militants de subir un &laquo;&nbsp;caillassage&nbsp;&raquo; à Puerto Cabello, le grand port industriel. Mais le plus marquant s&rsquo;est produit quelques semaines avant le scrutin dans l&rsquo;état de Barinas, terre natale d&rsquo;Hugo Chavez : juste après un meeting du « <em>flaco</em> » (« le maigre », surnom donné à Capriles), trois responsables politiques d&rsquo;opposition ont été assassinés froidement par des militants chavistes armés. Quelques jours avant le scrutin, Hugo Chavez en <em>cadena</em>, agitant le spectre du chaos post-électoral, accusait le camp de l&rsquo;opposition de provocation : <em>« Le plan de l&rsquo;opposition cache un projet néo-libéral qui prétend nous renvoyer à un Venezuela du passé qui n&rsquo;y résisterait pas, et nous plongerait à nouveau dans une situation néfaste avec une profonde déstabilisation. Et cela nous mènerait sans doute à la guerre civile ! »</em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une &laquo;&nbsp;élection libre, transparente et exemplaire&nbsp;&raquo;? </strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le dimanche 7 octobre, alors que l&rsquo;écart entre les deux candidats se resserrait dans les derniers sondages, les patrouilles socialistes faisaient le tour des quartiers du matin jusqu’au soir; appelant les retardataires à voter à coups de trompettes et de pétards. Malgré les 140 000 soldats de la garde nationale bolivarienne déployés, beaucoup craignaient des violences autour des bureaux de vote. Mais les Vénézuéliens se sont déplacés en masse pour faire entendre leur voix dans le calme : une élection saluée par la planète entière et notamment les observateurs du Centre Jimmy Carter. Le système électoral électronique, &laquo;&nbsp;<em>le plus rapide, sophistiqué et sûr du monde</em>&nbsp;&raquo; selon la présidente du Conseil National Électoral (CNE) nommée par les autorités, devait éloigner le spectre de la fraude. On peut toutefois légitimement se demander si certains Vénézuéliens n&rsquo;ont pas évité de voter contre Chavez, de peur de laisser une trace informatique qui leur vaudrait des représailles.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/10/mar12FRELAND-0691.jpg"><img class="alignleft  wp-image-470" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-francois-xavier-freland-venezuela" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/10/mar12FRELAND-0691-150x150.jpg" alt="" width="84" height="84" /></a></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">François-Xavier Freland est correspondant pour <em>RFI-TV5</em> et pour plusieurs médias audiovisuels vénézuéliens depuis 2008. Il est l&rsquo;auteur de <a title="lien-fx-freland-venezuela-1" href="http://www.cherche-midi.com/theme/Qui_veut_la_peau_d_Hugo_Chavez__-Francois-Xavier_FRELAND_-9782749120942.html" target="_blank"><em>Qui veut la peau d’Hugo Chavez</em></a> récemment paru aux éditions Cherche-Midi.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<item>
		<title>Réchauffement démocratique ?</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:31:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Eric Eymard © Eric Eymard Islande. À lui seul, le nom éveille les désirs extatiques des adeptes de voyages, au moins autant qu’il contrarie les songes des pilotes de ligne en raison de volcans  imprévisibles. Il arrive aussi que l’île fasse parler d’elle pour ses pratiques démocratiques. L’effondrement de son système financier en 2008 ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Eric Eymard<br />
<br/><br />
<a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Le-siege-de-Morgunbladid-copie1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-551" title="En-tete-article-islande" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Le-siege-de-Morgunbladid-copie1.jpg" alt="" width="640" height="163" /></a><br />
<em>© Eric Eymard</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Islande. À lui seul, le nom éveille les désirs extatiques des adeptes de voyages, au moins autant qu’il contrarie les songes des pilotes de ligne en raison de volcans  imprévisibles. Il arrive aussi que l’île fasse parler d’elle pour ses pratiques démocratiques. L’effondrement de son système financier en 2008 a ainsi largement contribué au renouvellement de la classe politique du petit état de 320 000 âmes. </strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La crise islandaise sans précédent a conduit une commission (la SIC) à examiner avec grand intérêt les pratiques pour le moins douteuses de ses élites financières, politiques et médiatiques, et permis à un Procureur Spécial d’enquêter et de poursuivre quelques dizaines de fraudeurs présumés (1). Il a enfin contribué à une révision constitutionnelle menée tambour battant par une Assemblée Constituante de 25 « citoyens ordinaires ».</p>
<p style="text-align: justify;">Islande. Terre basaltique et nation démocratique qui suscite un enthousiasme inconditionnel et quasi universel. Car c’est bien le pays de Björk et de Sigur Ros qui, en 930, a fondé l’Althing, premier Parlement d’Europe. L’Islande encore qui collectionne les louanges planétaires : second pays le plus démocratique au monde pour <em>The Economist</em> (2); dans le peloton de tête des nations les moins corrompues au monde pour l’organisation <em>Transparency International</em>; dans les 10 premiers du classement de <em>Reporters Sans Frontières</em> sur le critère de la liberté de la presse (3)&#8230; L’Islande enfin, qui en 2010 est à l’origine d’une <a title="lien-article-islande-1" href="http://immi.is/Home" target="_blank">«<em> initiative islandaise pour les médias modernes</em> »</a>, visant entre autre à protéger la liberté d’expression et la protection des sources.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La fumerolle qui cache le geyser ?</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Islande. Islande volcanique ! Islande apocalyptique ! Islande erratique ! Mais Islande héroïque, puisque unanimement reconnue pour ses velléités libertaires. Doit-on douter de cette présentation élogieuse, digne d’un poème scaldique ? Se pourrait-il que certains n’aient vu dans ce tableau idyllique que la surface immergée d’un iceberg ? L’élection présidentielle de l’été dernier offre une base de réflexion intéressante, même s’il convient d’emblée de préciser qu’elle ne permet pas à elle seule de réfuter l’actuelle grille de lecture.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le scrutin opposait six candidats, parmi lesquels Olafur Ragnar Grimsson, candidat heureux à sa ré-ré-ré-ré-ré-élection. En Islande, le Président n’a pas vocation à s’impliquer dans la vie politique. N’était l’Article 26 de l’actuelle Constitution qui lui accorde le droit de ne pas ratifier un projet de loi du Parlement, il ne serait même qu’un « roi sans couronne ». Le détenteur d’une mission honorifique et symbolique de représentation qui confine au superfétatoire. À trois reprises pourtant (4), le taquin Olafur a usé de ce droit et déclenché à chaque fois des réactions dont l’intensité peut être comparée aux séismes volcaniques qui touchent parfois l’île. D’aucuns ont vu dans cette réelection le fruit de son indéniable expérience de la fonction, de son charisme, voire de son sens avéré de la stratégie politique. Tout porte à croire qu’ils ont raison car, hormis l’absence de qualités comparables chez les autres candidats, rien n’incline véritablement à penser que d’autres facteurs ont pu favoriser cette ré-élection. Et ce en dépit d’un contexte historique emprunt de pratiques claniques et partisanes.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Financement électoral : des règles claires, et pourtant&#8230;</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Plafonnement des dons, déclaration d’origine des fonds perçus, tenue d’une comptabilité rigoureuse&#8230; En Islande, <a title="lien-article-islande-2" href="http://www.rikisendurskodun.is/fileadmin/media/skyrslur/Rules_on_the_financial_accounts_of_political_parties.pdf" target="_blank">les règles de financement de parti et de campagne sont précisément définies par la législation</a> depuis 2006. Il aura toutefois fallu <a title="lien-article-islande-3" href="http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/greco/default_FR.asp?" target="_blank">la persévérante insistance du Groupe d’États contre la corruption</a> pour que le comité en charge de ces questions à Reykjavik daigne s’intéresser au sujet. Une tardive prise en compte que <a title="lien-article-islande-4" href="https://notendur.hi.is/gylfason/inenglish.htm" target="_blank">Thorvaldur Gylfason</a>, économiste réputé et membre de l’Assemblée ayant planché sur la nouvelle Constitution, impute à la réticence de certaines personnalités politiques. Ces derniers n’auraient pas vu d’un bon oeil la remise en cause de leurs discrètes pratiques. Et Thorvaldur de citer l’exemple de <a title="lien-article-islande-5" href="http://www.economicdisasterarea.com/index.php/features/the-independence-party-fl-grouplandsbanki-scandal/" target="_blank">ce généreux pactole de 55 millions de couronnes</a> (293 000 euros) octroyé au Parti de l’Indépendance (5) par la banque Landsbanki et FL Group (Baugur), juste avant que la loi ne soit promulguée. A l’époque, le même homme cumulait des fonctions qui confèrent à l’expression « être juge et partie » un sens Nordique inédit : le même homme se retrouvant à la fois vice-président du Comité mandaté pour rédiger le texte de loi, en charge du financement du Parti de l’Indépendance et vice-président du Conseil d’Administration de Landsbanki. Aujourd’hui encore, Thorvaldur Gylfason l’affirme, il demeure parfois difficile d’éradiquer ces vieilles habitudes et de faire exécuter cette réglementation. <em>« C’est la raison pour laquelle il existe <a title="line-article-islande-6" href="http://stjornlagarad.is/other_files/stjornlagarad/Frumvarp-enska.pdf" target="_blank">une clause spécifique</a> dans le projet de nouvelle Constitution »</em> ajoute-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste qu’à l’issue de cette élection, les candidats en lice ont respecté les règles imposées et ont publié leurs comptes de campagnes.</p>
<p><br/><br />
<strong>25 millions d’IKr dépensés par les 6 candidats</strong> (6)<br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Alors qu’en France, <a title="lien-article-islande-7" href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/31/presidentielle-ce-que-la-campagne-a-coute-aux-candidats_1740455_823448.html" target="_blank">dépenser plus pour gagner plus d’électeurs paraît être un principe mathématique avéré</a>, en Islande, pépite ne rime pas nécessairement avec réussite. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les chiffres de la dernière élection : Olafur Ragnar Grimsson obtient plus de 52% des voix avec un budget de 6,5 millions de couronnes islandaises (41 000 euros), quand Thora Arnorsdottir n’obtient que 33% avec 15,8 millions (84 000 euros), budget le plus élevé de la campagne. La comparaison des ordres de grandeur entre l’Islande et la France renforce un peu plus l’hypothèse selon laquelle les moyens financiers n’ont guère influencé le résultat de l’élection sur l’île. Ainsi, la prodigue Thora n’a investi qu’1,90 euro par bulletin de vote obtenu, quand le plus économe de nos candidats à la dernière Présidentielle (Jacques Cheminade) misait 5,40 euros. Une analyse que partage Thorvaldur Gylfason pour qui <em>« l’argent a joué un rôle mineur dans le résultat »</em><strong> </strong>au cours de cette élection.</p>
<p style="text-align: justify;">Si influence électorale il y a eu, il faudra la chercher ailleurs.</p>
<p><br/><br />
<strong>Médias : to be influential or not to be, that is the question !</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>En l’espace d’une douzaine d’années, l’Islande est passée, presse mise à part, d’un paysage médiatique globalement monopolisé par l’État, lui-même sous la houlette du Parti de l’Indépendance, à un système verrouillé par de grosses entreprises et des banques à la tête desquelles évoluent quelques grandes et influentes familles. L’épais rapport remis par la SIC en 2010 a clairement établi l’existence de liens étroits et fort profitables entre sphères médiatique, politique et financière. Outre quelques menus larcins (escroqueries, détournements de fonds, délits d’initiés&#8230;), ces petits arrangements entre amis pouvaient aller jusqu’à des menaces et des intimidations de journalistes trop curieux. Dans les années et les mois qui ont précédé la crise de 2008, la situation financière de l’île telle que dépeinte par certains médias autochtones tenait plus d’un budget prévisionnel grec rédigé par Goldman Sachs que d’un décompte de résultats certifié par un Commissaire aux Comptes suisse. Dans la mesure où il n’a jamais existé de véritable réglementation fixant les conditions d’un rapport sain entre médias privés et candidats à une élection, la probabilité d’émousser cette relation incestueuse reste bien faible.</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="lien-article-islande-8" href="http://www.ejc.net/media_landscape/article/iceland/#l2" target="_blank">Comme l’explique Birgir Gudmundsson</a>, il existe « <em>de nombreux domaines (&#8230;), tels que l’indépendance éditoriale, les règles en matière de concentration capitalistique, les subventions des médias&#8230; Qui ne sont couverts par aucune législation particulière </em>». L’exemple de David Oddsson (7), acteur motivé de la financiarisation de l’île, patron de la Banque Centrale d’Islande au moment de la crise et devenu en 2009 rédacteur en chef du quotidien <em>Morgunbladid</em>, est emblématique du cas Islandais. C’est « <em>un peu comme si on avait nommé Richard Nixon à la tête du Washington Post pendant le Watergate</em> » concluait <a title="lien-article-islande-9" href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/SIGURGEIRSDOTTIR/20447" target="_blank"><em>Le Monde Diplomatique</em> dans un article de mai 2011</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte et compte-tenu du fait que, selon Thorvaldur Gylfason <em>« l’analyse critique des actions du gouvernement par des observateurs indépendants (est) un phénomène récent »</em>, l’esprit frondeur de certains journalistes des médias publics à l’endroit de la classe politique s’apparenterait davantage à un papotage de salon façon Michel Drucker qu’à un débat contradictoire conduit par Yves Calvi. Il est même arrivé que des ministres mis en cause par certains journalistes téméraires <a title="lien-article-islande-10" href="http://www.sgi-network.org/pdf/SGI09_Iceland_Gylfason.pdf" target="_blank">se soient plaints ouvertement des critiques dont ils furent l’objet</a>. Ragnhildur Helgadóttir, professeur de droit à l’Université de Reykjavik et haut-fonctionnaire au Ministère des Affaires Etrangères confirme qu’aujourd’hui encore<strong> </strong><em>« le journalisme d’analyse et d’investigation en Islande pâtit d’un sérieux manque d’indépendance ».</em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Michel Sallé relativise néanmoins ce constat impitoyable d’un monde médiatique corrompu et dépourvu de tout sens critique. Pour ce docteur en science politique, auteur d’une thèse sur l’Islande contemporaine, <em>« on a toujours pu lire dans la presse de nombreuses tribunes libres ainsi que de violentes critiques sur l’action des dirigeants politiques, au pouvoir comme dans l’opposition (&#8230;) ‘Observateurs indépendants’ affirme Gylfason ?  Je n‘en vois pas plus aujourd’hui qu’il y a 40 ans, même lorsqu’ils se parent de titres universitaires ! ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Que les médias se soient ou non fourvoyés dans de complaisantes présentations de leurs élites importe peu ; pour Michel Sallé, <em>« de toute façon les lecteurs savent et réagissent en conséquence »</em>. Depuis que l’impayable David Oddsson dirige Morgunbladid, les résiliations d’abonnement s’accumulent et les perspectives financières du titre s’assombrissent.</p>
<p><br/><br />
<strong>Sondage : l’art de faire dire aux chiffres ce que l’on veut</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La candidate malheureuse, Andrea Olafsdottir, a aussi contesté la façon dont les médias ont biaisé les chiffres des sondages d’opinion. En ne tenant par exemple aucunement compte des quelques 30% d’électeurs indécis ou déclarant ne pas souhaiter voter. Le quotidien <em>Frettabladid</em> a augmenté sensiblement et artificiellement les scores des deux leaders et justifié par la même occasion la « préférence médiatique » qui leur a été accordée. Un procédé qui tendait à donner aux lecteurs l’idée que la partie allait (devait ?) se jouer uniquement entre Olafur et Thora. En réalité, cette dernière avait dépassé de 25 points Ari Trausti Gudmundsson, arrivé troisième. Michel Sallé justifie le procédé : <em>« Olafur et Thora étaient les deux candidats sortant du lot, donc les seuls susceptibles d&rsquo;intéresser le lectorat. (&#8230;) Cette campagne présidentielle était la première à être médiatisée ; il y a certainement eu des préférences partisanes, mais il y a aussi eu des erreurs reconnues ensuite. »</em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai transformé la fonction présidentielle mais les gens doivent comprendre que nous sommes entrés dans une nouvelle époque et que l’exercice de la magistrature suprême doit être différente de ce qu’elle était dans les années 1950 »</em></strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span><a title="lien-article-islande-11" href="http://www.robert-schuman.eu/print_oee.php?num=790" target="_blank">Cette phrase prononcée durant la campagne par Olafur Ragnar Grimsson</a> pour justifier son refus de ratifier les deux projets de loi « <em>Icesave</em> » résume assez bien la posture de rassembleur courageux et expérimenté endossée par le Président. Un président qui s’est ostensiblement rapproché des partis conservateurs après avoir partagé les combats de la gauche islandaise. Assez paradoxalement, ce sont donc bien des enjeux éminemment politiques (rôle du président dans la Constitution, modification de cette dernière, adhésion à l’UE&#8230;) qui ont influé les résultats d’une élection en général apolitique. Des enjeux sur lesquels les Islandais paraissent cependant bien plus partagés que les chiffres ne le laissent supposer. Car si on tient compte des 30% d’abstention, Olafur n’a en réalité recueilli qu’à peine plus de 35% des suffrages. Un résultat quelque peu en décalage avec le plébiscite dont il s’est lui-même félicité.</p>
<p style="text-align: justify;">S’agirait-il d’un embryon de réponse à la question posée ? « Révolution des casseroles », <em>Icesave</em>, Assemblée Constituante&#8230; Si elle a pu naguère être abusée par ses élites, une partie non négligeable de la petite nation a récemment prouvé qu’elle pouvait changer le cours de son destin en s’appropriant le concept de l’influence et en modifiant ses modalités d’application. À se demander si l’influence n’est pas en passe de changer de camps ? Et si les plus grands démocrates en définitive, ne sont pas les Islandais eux-mêmes ?</p>
<p><br/></p>
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<div class="line"></div>
<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Eric-Eymard1.jpg"><img class="alignleft  wp-image-552" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-eric-eymard-islande" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Eric-Eymard1-150x150.jpg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
<p><br/><br />
Eric Eymard est l&rsquo;auteur des blogs <a title="lien-ericeymard-islande-1" href="http://vivre-en-islande.blogspot.fr/">Vivre en Islande</a> et <a title="lien-ericeymard-islande-2" href="http://chroniqueur-taquin.blogspot.fr/">Chroniqueur taquin Web et Print</a>.<br />
Il tient à remercier Michel Sallé pour ses précieux commentaires.<br />
<br/><br />
<br/><br />
<strong>Sources :</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Olafur Thor Hauksson, modeste Chef de la police d’Akranes s’est proposé pour le poste en janvier 2009. Aidé un temps par Eva Joly, il a procédé à plusieurs dizaines d’interpellations et fait condamner une demi-douzaine de personnes à des peines de prison ferme et/ou à de fortes amendes, à l’exception notable toutefois de David Odsson (voir note 16) et de Geir Haarde (Premier Ministre au moment du krash de 2008).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">(2) Dans les rapports de 2010 et 2011, la France qualifiée de «<em>démocratie imparfaite</em>» n’arrive qu’en 29ème position derrière l’Afrique du Sud.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">(3) Depuis 2002 et parmi quelques 180 pays, la France est classée 38ème à 3 places de la Papouasie Nouvelle Guinée (35e).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">(4) En 2004 contre un projet de loi sur la concentration des médias qui fut finalement retiré, en 2010 et en 2011 contre les modalités de remboursement des dettes de la défunte <em>Icesave</em> (filiale de <em>Landsbanki</em>).</p>
<p><br/><br />
(5) Parti de Droite au pouvoir en Islande durant près d’un demi-siècle et renversé en 2009 suite à la crise financière.<br />
<br/><br />
(6) Moins de 160 000 euros.<br />
<br/><br />
(7) L’un des plus célèbres dirigeants politiques d’Islande. Il a été l’un des principaux dirigeants du Parti de l’Indépendance et occupait notamment le poste de Premier Ministre de 1991 à 2004.<br />
<br/></p>
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<div class="line"></div>
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		<title>La peur brune dans les urnes</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:15:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Amélie Poinssot © Ggia Aucun politologue, aucun journaliste, aucun sondeur, si bon soit-il, n&#8217;avait prédit un tel phénomène. Le groupuscule néo-nazi Chryssi Avgui (&#171;&#160;Aube Dorée&#160;&#187; en grec) a recueilli 6,97% des voix lors des premières élections anticipées du 6 mai 2012. Un score confirmé lors du second scrutin. Désormais, le parti compte 18 députés ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Amélie Poinssot<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/20110629_Moutza_demonstrations_Greek_parliament_Athens_Greece.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-562" title="En-tete-article-grece" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/20110629_Moutza_demonstrations_Greek_parliament_Athens_Greece.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© Ggia</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aucun politologue, aucun journaliste, aucun sondeur, si bon soit-il, n&rsquo;avait prédit un tel phénomène. Le groupuscule néo-nazi Chryssi Avgui (&laquo;&nbsp;Aube Dorée&nbsp;&raquo; en grec) a recueilli 6,97% des voix lors des premières élections anticipées du 6 mai 2012. Un score confirmé lors du second scrutin. Désormais, le parti compte 18 députés à la <em>Vouli</em>, le Parlement grec. Une assise politique acquise brutalement à coups de communication  subversive, sur fond de crise sans précédent.</strong></p>
<p><br/><br />
<strong>Un discrédit pesant sur les autorités en place</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour les observateurs internationaux, ces résultats semblent aberrants. Pourquoi voter pour un parti qui prône la violence comme mode d&rsquo;action et en particulier la violence contre les immigrés? La bascule n&rsquo;est pas si évidente à comprendre&#8230; <em>« pour nous qui raisonnons en termes rationnels, </em>précise le chercheur Yorgos Tzogopoulos. <em>Mais pour quelqu&rsquo;un qui souffre, qui a perdu son emploi, qui ne voit pas de lumière au bout du tunnel&#8230; On ne peut pas exiger de lui qu&rsquo;il réfléchisse à tête reposée. Ce n&rsquo;est pas la logique qui guide son vote, mais la réaction. »</em> Réaction, d&rsquo;accord ! Mais pourquoi en faveur d&rsquo;un parti quasi-inconnu ?</p>
<p style="text-align: justify;">En trente ans d&rsquo;existence marginale, le parti Aube Dorée n&rsquo;avait jamais dépassé 0,29% des voix lors de scrutins nationaux. Il ne possédait aucun mandat politique au niveau national, <a title="amelie-poinssot-lientexte1-grece" href="http://www.youtube.com/watch?v=XCKwQMvuM74&amp;noredirect=1" target="_blank">seul un membre a été élu conseiller municipal, en 2010, pour la Mairie d&rsquo;Athènes</a>. Le groupuscule était donc à l&rsquo;écart de l&rsquo;ancien système politique : une position qui allait jouer en faveur de ses intérêts.</p>
<p style="text-align: justify;">Petit retour en arrière. Les deux grands partis qui ont gouverné en alternance la Grèce depuis la fin de la dictature en 1974, PASOK (socialistes) et Nouvelle Démocratie (conservateurs), n&rsquo;ont plus un sou en poche. Les caisses de l’État sont vides, tout le monde le sait. Et les partis n&rsquo;ont plus rien à promettre à leur clientèle, comme ils le faisaient lors des élections précédentes, notamment à travers l&rsquo;octroi de postes dans la fonction publique. Leurs électeurs traditionnels n&rsquo;ont donc plus d&rsquo;intérêt à voter pour eux et ils sont profondément déçus par la politique d&rsquo;austérité à l&rsquo;oeuvre depuis début 2010. Leur voix ira donc ailleurs : l&rsquo;heure est au rejet du système bipartite caractéristique de la Grèce post-dictature. Pourtant, les électeurs de Chryssi Avgui ne sont pas tous partisans d&rsquo;une idéologie proche du nazisme, loin de là. Comment le parti les a-t-il donc convaincus?</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L&rsquo;intervention des médias grecs</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Déjà au cours de l&rsquo;hiver, tandis que l&rsquo;annonce officielle des élections anticipées se faisait attendre, la télévision grecque n&rsquo;a cessé de relater les apparitions d&rsquo;Aube Dorée. Dans ce contexte hors campagne, les médias n&rsquo;avaient pourtant aucune obligation de parler de ce parti non représenté au Parlement. Puis entre les deux scrutins, les attaques de membres d&rsquo;Aube Dorée envers les immigrés se multiplient et dépassent le cadre de la capitale, projetant immédiatement le parti sur le devant de la scène médiatique.<a title="amelie-poinssot-lientexte2-grece" href="http://berthoalain.com/2012/05/23/emeute-fasciste-a-%CF%80%CE%AC%CF%84%CF%81%CE%B1-patras-22-mai-2012/" target="_blank"> Ce fut le cas lors de cette nuit de violence du 22 mai, à Patras</a>. <em>« Ce qui fait la différence entre Aube Dorée et les autres formations d&rsquo;extrême droite en Europe, ou encore le mode d&rsquo;opération des skinheads, est que non seulement ce parti met en pratique ses appels à la haine, mais qu&rsquo;en plus, il en fait la publicité »</em>, explique Dimitris Psarras, fin connaisseur de cette formation néo-nazie. Ce journaliste d&rsquo;investigation s&rsquo;apprête à sortir un ouvrage sur le sujet, <em>Le livre noir d&rsquo;Aube Dorée. Documents sur l&rsquo;histoire et l&rsquo;action d&rsquo;un groupe nazi</em>. Alors que les pages sont déjà chez l&rsquo;imprimeur, il nous explique à la terrasse d&rsquo;un café d&rsquo;Athènes que les membres du parti, lorsqu&rsquo;ils prévoient une action coup-de-poing, préviennent les télévisions locales. De leur côté, les chaînes retransmettent les images de violence&#8230; <em>« en répétant qu&rsquo;il ne faut pas voter pour ces extrémistes, ce qui a eu l&rsquo;effet exactement inverse</em>, renchérit Yorgos Tzogopoulos. <em>Car les électeurs n&rsquo;avaient pas de leçon à recevoir de la part des journalistes de télévision, assimilés dans l&rsquo;esprit des Grecs à la classe politique dominante, qu’ils considèrent comme responsable de la situation actuelle. »</em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Manipuler le sentiment de détresse générale</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Parallèlement à ces ratonnades, Aube Dorée se construit une image de parti proche des plus démunis, accompagnant les personnes âgées retirer de l&rsquo;argent à la banque et organisant des soupes populaires&#8230; autorisées aux seuls détenteurs d&rsquo;une carte d&rsquo;identité grecque ! Une image fabriquée à partir de quelques actions soigneusement mises en scène et relayées par les journalistes qui ne vérifient pas sur le terrain si l&rsquo;action a bien lieu lorsque les caméras ne sont pas là. Si quelques distributions de nourriture ont parfois eu lieu dans le centre de la capitale, <a title="amelie-poinssot-lientexte3-grece" href="http://www.mediapart.fr/journal/international/130612/dans-la-province-grecque-le-vote-neo-nazi-est-arrive-par-la-tele" target="_blank">nul n&rsquo;a vu par exemple un membre de Chryssi Avgui dans la petite ville de  Kiato</a>. Située dans le nord du Péloponnèse, il s&rsquo;agit de la circonscription où la proportion d&rsquo;électeurs d&rsquo;Aube Dorée a pourtant été la plus élevée au soir du 6 mai (13,34 %).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>De la victime à l&rsquo;agresseur</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour le parti, qui dispose encore de soutiens au sein de l&rsquo;armée, et surtout au sein de la police &#8211; où les liens avec la dictature des Colonels n&rsquo;ont pas totalement disparu &#8211; cette stratégie médiatique s&rsquo;accompagne d&rsquo;une rhétorique de la victimisation, bien connue des analystes de l&rsquo;extrême droite : « <em>Nous sommes exclus des médias !</em> », disent-ils sans cesse. <a title="amelie-poinssot-lientexte4-grece" href="http://www.youtube.com/watch?v=o_UhyiHjfGs" target="_blank">Le dirigeant du parti l&rsquo;a d&rsquo;ailleurs répété agressivement au soir du premier scrutin</a>. Un mythe. <em>« Les plateaux télé, guidés par le sensationnalisme et la recherche d&rsquo;audimat, raffolent des membres d&rsquo;Aube Dorée dans les débats, surtout s&rsquo;ils sont opposés à quelqu&rsquo;un d&rsquo;extrême gauche&#8230; »</em>, souligne Dimitris Psarras. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on aboutit à <a title="amelie-poinssot-lientexte5-grece" href="http://www.youtube.com/watch?v=NWCr2mNkCms" target="_blank">l&rsquo;un des épisodes les plus marquants de l&rsquo;entre-deux-scrutins</a> : au cours d&rsquo;une émission, le porte-parole d&rsquo;Aube Dorée s&rsquo;emporte et gifle, en direct, une député du Parti Communiste. L&rsquo;évènement qui a fait le tour du Net révèle au grand jour le mode d&rsquo;action du parti : violence, et violation des principes élémentaires de démocratie. Le geste aurait pu rebuter un certain nombre d&rsquo;électeurs, mais il a au contraire affermi le socle du parti : la gifle est apparue comme un exécutoire de la colère enfouie d&rsquo;une partie des Grecs qui rejette en bloc le système politique.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aube Dorée symbolise désormais le parti anti-système, et il est parvenu à se faire connaître dans les quatre coins du pays : il n&rsquo;en fallait pas plus, dans un contexte de crise exacerbée, pour accéder aux arcanes du pouvoir. La formation touche à présent les subventions alloués aux partis élus au parlement : pour le premier semestre de la législature, Aube Dorée a déjà encaissé 3,2 millions d&rsquo;euros.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/POINSSOT-photo1.jpg"><img class="alignleft  wp-image-564" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-amelie-poinssot-grece" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/POINSSOT-photo1-150x150.jpg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
<p><br/><br />
Amélie Poinssot est correspondante en Grèce pour <em>Radio France Internationale</em>.<br />
Elle travaille également pour <em>RFI</em> et <em>Mediapart</em>.<br />
Visitez <a title="amelie-poinssot-lienwordpress-grece" href="http://ameliepoinssot.wordpress.com/" target="_blank">son <em>Word Press</em></a> !<br />
<br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>Une démocratie vibrante mais fragile</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 16:32:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Eva John © Pectus Solentis Sortie en 1987 de près de trente ans de dictature, la Corée du Sud est aujourd&#8217;hui l&#8217;une des démocraties les plus dynamiques d&#8217;Asie. Elle fait malgré tout régulièrement face à la censure et à la corruption. Non sans bruit. Vibrante, côté pile &#8230;..La Corée du Sud a beau être ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Eva John<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/914_National_Assembly.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-694" title="En-tete-article-coree-du-sud" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/914_National_Assembly.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© Pectus Solentis</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sortie en 1987 de près de trente ans de dictature, la Corée du Sud est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des démocraties les plus dynamiques d&rsquo;Asie. Elle fait malgré tout régulièrement face à la censure et à la corruption. Non sans bruit.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vibrante, côté pile </strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span></span>La Corée du Sud a beau être surnommée « le pays du matin calme », la politique peut y faire beaucoup de bruit ! Dans les rues, en période d&rsquo;élections, les chansons de campagne et les slogans scandés dans les mégaphones des militants se mélangent aux tubes de k-pop diffusés sur les trottoirs par les magasins.<br />
Si la démocratie fait aujourd&rsquo;hui un tel vacarme en Corée du Sud, c&rsquo;est peut-être parce qu&rsquo;elle s&rsquo;est longtemps faite attendre. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1987 que les citoyens ont eu accès au suffrage universel direct et ont élu le premier président non issu de l&rsquo;armée, après presque trois décennies de régime autoritaire. Signe du traumatisme de la dictature : le mandat du président de la République est non renouvelable.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Quant aux générations qui n&rsquo;ont pas connu les années de répression, elles semblent tout autant attachées à préserver leur liberté d&rsquo;expression, qui s’exprime le plus souvent sur Internet. Dans l&rsquo;un des pays les plus connectés de la planète, le Web et les réseaux sociaux ont réussi à raviver l&rsquo;intérêt des jeunes générations pour la politique. Le très populaire Ahn Cheol-soo, l&rsquo;un des trois candidats à la présidence, a bien compris l&rsquo;enjeu de l&rsquo;agora 2.0. Cet entrepreneur et universitaire, défenseur d&rsquo;une politique hors système, a investi tous les recoins de la toile pour sa campagne.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>C’est aussi, dans un autre style, le cas de quatre hommes de gauche qui ont récemment excellé dans l&rsquo;art de se faire entendre : leur podcast hebdomadaire satirique <em>« Je suis une raclure mesquine »</em> a fait un carton auprès des jeunes Sud-Coréens, au point de devenir une véritable arme électorale lors de l&rsquo;élection du maire de Séoul l&rsquo;an dernier, mais aussi pour les législatives d’avril et vraisemblablement le restera pour le scrutin présidentiel du 19 décembre prochain. La recette : un langage cru, beaucoup d&rsquo;humour et des attaques frontales à l&rsquo;égard du gouvernement de Lee Myung-bak. Cette attitude a d&rsquo;ailleurs valu la prison à l&rsquo;un des membres, condamné pour « fausses accusations » en raison de propos tenus avant le début du podcast à succès.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Animée, la politique peut aussi être musclée : lors des votes controversés à l&rsquo;Assemblée nationale, il n&rsquo;est pas rare que les députés en viennent aux mains. L&rsquo;an dernier, une grenade de gaz lacrymogène a même été lancée par un élu en guise de protestation.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans ce joyeux brouhaha, certaines voix peinent toutefois encore à se faire entendre&#8230;</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fragile, côté face</strong></p>
<p><br/><br />
<em><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>« On a les procédés démocratiques, mais on n’a pas encore la démocratie »</em>, écrivait en 2002 le professeur Choe Jang-jip dans l’ouvrage <em>La démocratie après la démocratisation</em>. La phrase est révélatrice d’une vie politique encore entachée par deux maux majeurs : la censure et la corruption.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>- Museler le discours d’opposition :<br />
Foulard sur la bouche et point levé, les journalistes des principales chaînes de télévision du pays ont manifesté à plusieurs reprises pour dénoncer le fait que certains sujets étaient mis en sourdine et leur discours muselé par les autorités. Afin de dénoncer la mainmise du pouvoir sur leurs contenus, ils ont même organisé cette année la plus longue grève de leur histoire. <em>« Information biaisée, complaisance avec le parti conservateur et sous-représentation de l&rsquo;opposition »</em> : telles sont en effet les conclusions de la Coalition Citoyenne pour des Médias Démocratiques, qui a décortiqué les programmes de KBS, SBS et MBC lors de la campagne électorale des élections législatives d&rsquo;avril.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Divisée et techniquement encore en guerre, la Corée fait figure d&rsquo;exception dans le monde géopolitique. La loi sud-coréenne dite « de sécurité nationale » témoigne bien de cette situation exceptionnelle. Créée en 1948, au moment de la création des deux Corées, elle est sensée maintenir la démocratie face à l&rsquo;ennemi communiste. Mais le texte a régulièrement été manipulé par les pouvoirs conservateurs pour réduire au silence les dissidents. Entre 2007 &#8211; année de l&rsquo;élection de l&rsquo;actuel président Lee Myung-bak &#8211; et 2010, les interpellations sous couvert d&rsquo;anti-communisme sont passées de 39 à 151. Amnesty International parle d&rsquo;un <em>« effet de dissuasion par la peur »</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>- Vague de scandales électoraux au lendemain des législatives :<br />
À deux mois de la présidentielle, l&rsquo;ONG Transparency International Korea a voulu sensibiliser les trois candidats à la présidence aux problèmes de corruption en Corée du Sud. Le 10 octobre dernier, Park Geun-hye, Moon Jae-in et Ahn Cheol-soo ont ainsi été priés de s&rsquo;engager haut et fort contre les pratiques de corruption et de copinage et de garantir la protection des lanceurs d&rsquo;alerte.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Il faut dire que depuis cet été, pas une semaine ne s&rsquo;écoule sans qu&rsquo;un scandale de votes achetés ne soit révélé ou une démission d&rsquo;un parti annoncée dans les journaux sud-coréens. La plupart des affaires dévoilées récemment remontent aux primaires des partis pour les législatives d&rsquo;avril dernier. Et à l&rsquo;approche du scrutin présidentiel, tous les partis tentent de sauver la face en prenant leurs distances avec ceux qui font des vagues.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Dernier cas en date : Hong Sa-duk, ancien chef de campagne de Park Geun-hye, la candidate du parti conservateur Saenuri, a avoué avoir reçu 30 millions de wons (soit 20 000 euros) de fonds illégaux de la part d’un homme d’affaires. Même si Hong a décidé de quitter sa formation pour ne pas nuire à la campagne de son camp, cette affaire a marqué un premier revers pour la très influente Mme Park. En août, le même parti annonçait l&rsquo;exclusion de la députée Hyun Young-hee, soupçonnée d&rsquo;avoir acheté son investiture à la primaire du parti en versant 300 millions de wons (soit 213 000 euros) à un membre du comité d&rsquo;investiture.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La gauche n&rsquo;est pas non plus épargnée par les histoires de pots-de-vins : cet été, le petit parti d&rsquo;opposition PPU et le Parti Démocrate Unifié, la principale force d&rsquo;opposition, ont également été éclaboussés par des scandales de fraude lors de leurs primaires respectives.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Se voulant rassurant, Steven Kim tempère: <em>« En même temps, le fait que les scandales soient dévoilés au grand jour dans les médias est un bon signe pour la démocratie »</em>. Une démocratie que les Sud-Coréens ont longtemps attendue et pour laquelle ils doivent continuer de donner de la voix.</p>
<p><br/></p>
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<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/eva-john11.jpeg"><img class="alignleft  wp-image-581" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-eva-john-coree-du-sud" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/eva-john11-150x150.jpeg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
<p><br/><br />
Eva John est correspondante depuis Seoul pour<em> Libération</em> et <em>Ouest France</em>.<br />
Chroniqueuse pour <em>Radio Canada</em>, elle travaille également pour <em>KBS World Radio</em>.<br />
Parcourez <a title="eva-john-lienliberation-coree-du-sud" href="http://www.liberation.fr/recherche/?q=eva+john" target="_blank">ses articles pour <em>Libération</em>.</a><br />
<br/></p>
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