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	<title>Petit Guide 2012 de la Transparence Électorale &#187; Corruption</title>
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	<description>- Bienvenue sur Le Petit Guide 2012  de la Transparence Électorale -</description>
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		<title>De la dictature parfaite à la démocratie imparfaite</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:40:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Céline Lemaire © Protoplasma Kid Au soir de l’élection présidentielle mexicaine du 1er juillet 2012, Enrique Peña Nieto a été déclaré vainqueur avec 38,21% des voix. Dès l’annonce de ce résultat, dans les rues de Mexico, ses détracteurs se sont levés. Pour eux, il y a eu fraude : l’opinion a été manipulée, les ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Céline Lemaire<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Marcha_Yosoy132_-_11.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-519" title="En-tete-second-article-mexique" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Marcha_Yosoy132_-_11.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© Protoplasma Kid</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au soir de l’élection présidentielle mexicaine du 1er juillet 2012, Enrique Peña Nieto a été déclaré vainqueur avec 38,21% des voix. Dès l’annonce de ce résultat, dans les rues de Mexico, ses détracteurs se sont levés. Pour eux, il y a eu fraude : l’opinion a été manipulée, les urnes ont été volées et les résultats truqués.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Au Mexique, l’élection présidentielle a eu une conséquence positive : celle d&rsquo;unir (dans l&rsquo;adversité) les indignés. Le soir du scrutin, ils n&rsquo;acceptent pas les résultats annoncés (38,21% pour Enrique Peña Nieto (droite), 31,85% pour Andres Manuel Obrador (gauche) et 25,46% pour Josefina Vazquez Mota (PAN, conservateur, au pouvoir)). Dans les heures qui suivent, <a title="lien-second-article-mexique-1" href="http://www.youtube.com/watch?v=tq-IGWVXPqo&amp;feature=youtu.be" target="_blank">des manifestations</a> sont organisées un peu partout dans le monde.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le mouvement couvait depuis des mois déjà. <em>Yo soy 132</em>, figure phare de cette révolte, est né le 11 mai 2012. Alors que Peña Nieto est en campagne à l’Université ibero-américaine de Mexico, une manifestation spontanée s&rsquo;organise contre lui. Le quadra photogénique tente alors de convaincre les médias que les manifestants sont de « faux étudiants ». Pour prouver le contraire, 131 d’entre eux se filment brandissant leur carte d&rsquo;identité. <a title="lien-second-article-mexique-2" href="http://www.youtube.com/watch?v=P7XbocXsFkI" target="_blank">La vidéo</a> circule sur Internet. De nombreux Mexicains se rallient à leur cause et s&rsquo;autoproclament 132ème.</p>
<p><br/><br />
<strong>Une fraude institutionnalisée</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour tous les 132ème, les raisons d&rsquo;honnir « le candidat de la fraude et de la corruption » sont multiples. Pour eux, les premiers corrompus sont les médias mexicains et en particulier les deux chaînes de télévisions principales : <em>Televisa</em> et <em>TV azteca</em>. Parmi les textes de référence de <em>Yo soy 132</em>, figure <a title="lien-second-article-mexique-3" href="http://www.guardian.co.uk/world/2012/jun/26/mexican-media-scandal-televisa-pri-nieto" target="_blank">un article</a> de <em>The Guardian</em> aux allures de polar. Il révèle l&rsquo;existence de l&rsquo;équipe Handcock, un bureau secret de <em>Televisa</em> et d&rsquo;un accord financier signé en 2005. Le but du groupe Handcock : améliorer l&rsquo;image de Peña Nieto et dégrader celle de son principal adversaire, Manuel Lopez Obrador. Son moyen de propagande : des spots publicitaires achetés par le PRI.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Grâce à ces vidéos, l’équipe de campagne de Peña Nieto a manipulé l’opinion. Mais la parole n’étant pas toujours suffisante, elle y a joint l’acte : celui de l’achat direct. Des cartes cadeaux, de l&rsquo;argent ou de la nourriture ont été offerts aux citoyens en échange de leur bulletin, certains d&rsquo;entre eux <a title="lien-second-article-mexique-4" href="http://www.france24.com/fr/20120627-focus-elections-presidentielles-mexique-corruption-fraude-electorale" target="_blank">n&rsquo;hésitant pas à l&rsquo;avouer</a> aux journalistes. Ces pratiques sont à l&rsquo;origine du désordre ubuesque du « <em>Sorianagate</em> ». Au lendemain de l&rsquo;élection, des magasins de la chaîne Soriana ont été débordés par les clients qui affluaient en masse avec des bons d&rsquo;achat offerts par le PRI. Leur valeur : de 100 à 1500 pesos (6 à 90 euros).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Certains citoyens corrompus ont été chargés de recruter d&rsquo;autres électeurs, et ce jusqu&rsquo;au jour de l&rsquo;élection, devant le bureau de vote. Un Mexicain l&rsquo;explique dans <a title="lien-second-article-mexique-5" href="http://www.france24.com/fr/20120711-reportage-mexique-fraude-vote-achat-voix-scrutin-election-presidentielle-pri-nieto" target="_blank">une vidéo de France 24</a> : c&rsquo;est un véritable système de vente pyramidale qui a été mis en place. Le PRI a organisé des réunions durant lesquelles il a repéré ses agents capables eux-mêmes de recruter de nouveaux électeurs. Ainsi, selon une étude de l&rsquo;organisme Alliance Citoyenne, un Mexicain sur quatre a été sollicité pour vendre son vote pendant la campagne.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span><a title="lien-second-article-mexique-6" href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-07-04-Mexique" target="_blank">Selon l’analyste Laura Carlsen</a>, l’évolution des résultats publiés au cours de la nuit du 1er au 2 juillet est statistiquement impossible. Dans certains bureaux de vote, le nombre de voix est même supérieur au nombre de votants. Plus surprenant encore, dans le village de Santiago Tutla, Enrique Peña Nieto avait promis aux habitants que s&rsquo;ils votaient pour lui, il leur construirait des toilettes publiques. 526 des 529 électeurs se sont exécutés.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces opérations coûtent cher. Trop cher. Enrique Pena Nieto aurait dépensé près de 50 millions de dollars pour sa campagne. Un montant largement supérieur au seuil légal mexicain : 21,7 millions de dollars.</p>
<p><br/><br />
<strong>Des casseroles à trainer</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Au-delà de l&rsquo;élection, les manifestants craignent le retour au pouvoir du PRI qui a déjà gouverné le pays pendant plus de 70 années consécutives au cours du XXème siècle. Ils gardent en mémoire sa répression sanglante du mouvement étudiant de 1968 et ses nombreuses fraudes électorales. Durant la campagne de 2012, un candidat du PRI à la mairie d’une ville de l’État de Chiapas a abattu un militant du PAN (parti du président sortant Felipe Calderon). Des violences qui n’ont pas empêché Peña Nieton de <a title="lien-second-article-mexique-7" href="http://www.guardian.co.uk/world/video/2012/jul/02/enrique-pena-nieto-mexican-election-video?INTCMP=ILCNETTXT3487" target="_blank">célébrer sa victoire</a> en affirmant que le parti avait changé, que son règne ne serait plus synonyme d&rsquo;autoritarisme et de corruption.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Les Mexicains traumatisés par la répression violente des manifestations d&rsquo;Atenco ont eu du mal à le croire. Difficile d’oublier ce mois de mai 2006 lors duquel des floriculteurs ont manifesté contre l&rsquo;implantation d&rsquo;un supermarché sur le terrain qu&rsquo;ils utilisaient pour vendre leur production. Enrique Peña Nieto, alors gouverneur de l’État de Mexico, ordonne l&rsquo;intervention policière. La répression violente entraîne la mort de deux manifestants, dont un garçon de 14 ans. 26 femmes sont violées. Des activistes sont emprisonnés. Aucun policier n&rsquo;est inquiété.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>« <em>Nous voulons la démocratie, pas des feuilletons</em> » scandent les manifestants du mois de juillet 2012. Ils raillent ainsi la femme d&rsquo;Enrique Peña Nieto, actrice de <em>Telenovela</em> Angelica Rivera. En 2010 leur mariage avait été largement médiatisé, l’heureux mari faisant oublier la mort mystérieuse trois ans plus tôt de sa première femme. Interviewé par une journaliste sur la raison du décès de celle-ci, il n&rsquo;avait pas su répondre. Cette maladresse a donné lieu à de nombreuses rumeurs dont certaines allaient jusqu’à l’accuser de meurtre. Pour les plus indulgents, Monica Pretelini Sàenz se serait suicidée en raison des infidélités de son mari.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Si le candidat a su convaincre certains électeurs, c’est grâce à son attachement à la sécurité. C&rsquo;est ce qu&rsquo;explique l&rsquo;analyste Jean-François Boyer. Dans ce domaine, le président sortant, Felipe Calderon a essuyé un échec cuisant. Il avait promis de mettre fin à l&rsquo;emprise des narcotrafiquants sur le pays et depuis son accession au pouvoir en 2006, 50 000 personnes sont mortes dans cette guerre contre les cartels. Enrique Peña Nieto a su profiter de ce funeste bilan et surenchérir en promettant d’éradiquer la pauvreté qui touche 46% des 112 millions de Mexicains.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le 12 juillet, le candidat de la gauche, Manuel Lopez Obrador a déposé un recours en invalidation de l’élection présidentielle. Le 31 août, il a été rejeté à l’unanimité par les sept juges du Tribunal fédéral électoral. Le lendemain, l’instance suprême a proclamé Enrique Peña Nieto élu avec 38,2% des voix contre 31,6% pour Manuel Lopez Obrador. Ce jour-là, <em>Yo soy 132</em> n’a rassemblé que 300 manifestants devant le Tribunal.</p>
<p><br/><br />
<strong>Les 132èmes, entre espoir et résignation</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aujourd’hui, à Paris, le 132ème, c&rsquo;est Manuel, Georgina, Alberto, Uriel, Elena, Kenya et Vanessa. Parmi eux, certains sont allés voter dans l’espoir d’un changement. D’autres sont abstentionnistes et le revendiquent. Kenya, étudiante mexicaine à l’EHESS, un drapeau rouge blanc vert entre les mains a voté en 2006. Cette année, elle ne s’est pas déplacée car elle supposait que, comme la dernière fois, son vote ne serait pas respecté. <em>« Je suis pessimiste en ce qui concerne la démocratie au Mexique mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on peut au moins montrer au monde ce qui se passe »</em>, se félicite-t-elle. Pour elle, Peña Nieto n&rsquo;a pas compris l&rsquo;époque dans laquelle il vit. Il n’a pas saisi la portée de cette résistance virtuelle.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Les manifestants mexicains, quelque soit leur camp, partagent un constat : il y a des lois au Mexique, mais elles ne sont pas respectées. En premier lieu par la classe politique. Pour Manuel, membre actif de <em>Yo soy 132 </em>à Paris, c’est le PRI qui a répandu massivement des pratiques telles que l’achat de voix ou le financement illégal des campagnes. Alors maintenant, <em>« la démocratie, on y croit et on n’y croit pas »</em>, explique-t-il. Pour lui, le fait qu’elle mette tant de temps à s’installer est désespérant. <em>« La lutte pour la démocratie est très ancienne au Mexique et on avance petit à petit. Nous croyons fermement que la voie armée n’est pas la solution et qu’il faut se battre de manière démocratique et pacifiste »</em>, ajoute-t-il. Un combat non violent qui promet d’être rude. Selon toute vraisemblance, Peña Nieto sera bien, pour les six prochaines années, le président d&rsquo;un pays passé de la dictature parfaite (selon l’expression de l’écrivain Mario Vargas Llosa) à la démocratie imparfaite.</p>
<p><br/><br />
<iframe frameborder="0" width="650" height="366" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xv1c2r"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xv1c2r_a-paris-la-contestation-gronde-face-a-la-victoire-d-enrique-pena-nieto-aux-elections-presidentielles_news" target="_blank">A Paris, la contestation gronde face &agrave; la&#8230;</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/Piw_Progress_In_Work" target="_blank">Piw_Progress_In_Work</a></i><br />
<br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>Le PRI(x) du vote</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:38:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Delphine Rigaud © Protoplasma Kid Les vieilles méthodes clientélistes instaurées par le PRI pour acheter la paix sociale ont fait des adeptes à gauche comme à droite. Entre le cynisme des politiques et le pragmatisme des électeurs, qui se laissent volontiers convaincre pour quelques pesos, le vote à la mexicaine repose sur la simple ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Par Delphine Rigaud</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Marcha_Yosoy132_-_3-copie.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-509" title="En-tete-article-mexique" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Marcha_Yosoy132_-_3-copie.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© Protoplasma Kid</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les vieilles méthodes clientélistes instaurées par le PRI pour acheter la paix sociale ont fait des adeptes à gauche comme à droite. Entre le cynisme des politiques et le pragmatisme des électeurs, qui se laissent volontiers convaincre pour quelques pesos, le vote à la mexicaine repose sur la simple règle de l&rsquo;offre et de la demande.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: left;"><em>« On m’avait promis 3000 pesos, mais je n’en ai reçu que 1500. Vous pourriez m’aider à obtenir les autres ? » </em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Au Mexique, le vote est devenu un contrat à effet immédiat. Le citoyen ne cède plus son idéal démocratique à la promesse d’une politique publique des plus irrésistibles. Il lègue ses convictions au bon samaritain qui lui paiera ses factures, ou au cynique qui le menacera de supprimer ses allocations. Réalité absolument pas déformée, basée sur des témoignages en sortie de meetings, confirmés plusieurs mois après le scrutin présidentiel, quelque soit le parti. Parmi les plus marquants, Carmen, 54 ans, habitante d’un quartier populaire au sud de Mexico. Elle s’est laissée charmer par la solution à court terme. Quelques traites de retard et l’élection tombait à pic. Pour la troisième fois, sans regret ni repenti. « <em>Pourquoi je devrais avoir honte ? Échanger mon vote contre de l’argent, c’est de la politique concrète. J’ai besoin d’argent, lui il a besoin d’un vote. Tout le monde est gagnant.</em> » Sauf que cette fois-ci, le contrat n’a pas été respecté par l’acheteur et la mère de famille est allée le faire savoir au camp d’en face. Avec elle, des milliers d’électeurs détenteurs de cartes bancaires ou de supermarchés prépayées, mais à moitié vides.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>« <em>Au Mexique, les gens sont pragmatiques. Ils adaptent leur préférence aux opportunités. Le vote ne vaut absolument rien politiquement. Il ne se traduit pas en décision politique ou en réforme. Alors les électeurs l’échangent contre un confort ponctuel.</em> » Le constat d’Antonio Attolini, membre du mouvement étudiant <em>Yo Soy 132</em>, est amer. Pendant toute la campagne présidentielle, les jeunes Mexicains auront tenté de restaurer l’importance d’un vote libre de tout clientélisme ou d’influence médiatique. Mais les méthodes du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), hégémonique pendant près de 70 ans, sont passées à la postérité. « <em>Quand l’alternance est enfin arrivée en 2000, les institutions n’ont pas été suffisamment réformées pour mettre fin à ces pratiques, </em>explique l’étudiant en droit<em>. Aujourd’hui, trois partis ont la possibilité de s’imposer. Mais quand viennent les élections, ils continuent d’utiliser ces mêmes méthodes pour arriver au pouvoir. Oui, désormais nous avons une alternance, mais c’est une alternance de mafieux.</em> »</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>À en croire les sociologues et analystes politiques, l’achat de vote a toujours existé au Mexique, mais il n’aurait jamais été aussi important que lors de l’élection du 1<sup>er</sup> juillet 2012. Ricardo Monreal, coordinateur de campagne d’Andres Manuel Lopez Obrador, candidat de la gauche arrivé en deuxième position, dénonce « <em>un manque de culture politique et un manque d’amour de la démocratie, vecteurs d’une société meilleure et de gouvernements meilleurs.</em> » La cause selon lui : le PRI et le PAN, la droite au pouvoir depuis 2000. Monreal les accuse d’avoir « prostitué » la démocratie mexicaine. « <em>La politique est tellement dépréciée que lorsque l’on se déplace en campagne et que l’on fait des propositions, les gens nous disent : ‘Non, non, non ! Dis-moi plutôt combien tu vas m’offrir pour mon vote !’ Alors oui, il y a un problème de fond.</em> » Comme pour faire comprendre qu’ils sont obligés de rentrer dans le jeu.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Du côté du vainqueur &#8211; l’inventeur de l’achat de vote au Mexique &#8211; on enfile les œillères. Les scènes surréalistes d’électeurs escroqués devant les supermarchés complices laissent pantois. Emmanuel Reynaud, membre de l’équipe « diffusion et message » pendant la campagne d’Enrique Peña Nieto renvoie les milliers de témoignages à des «<em> anecdotes</em> ». « <em>On ne peut pas nier qu’il y ait des cas particuliers, mais les choses ne sont ni blanches ni noires. Que ce soit arrivé dans des cas particuliers ne veut pas dire que la grande majorité des électeurs n’a pas pris sa décision par rapport à ses convictions. </em>» Pour le PRI, le scrutin fut totalement transparent et libre. « <em>C’est une grande victoire pour le peuple mexicain ! »</em> L’étude sur les achats de vote la plus sérieuse recense 8% des électeurs quand l’écart entre le vainqueur et son dauphin ne dépasse pas 6 points. Le conseiller stratégique nuance : « <em>Si vraiment ça s’est produit, il n’y a aucune raison de penser que c’est plus arrivé dans un parti que dans un autre.</em> » Pendant toute sa campagne, le président élu, Enrique Peña Nieto, a matraqué que le nouveau PRI avait tiré un trait sur ses mauvaises habitudes. Le clientélisme a certainement été oublié en cours de route.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Car selon le rapport de la Mission des Experts Électoraux (MEE) de l’Union Européenne, l’Institut Fédéral Électoral (IFE), en charge de la bonne marche des élections mexicaines, a fermé les yeux sur « <em>l’iniquité du scrutin due à l’achat et aux pressions sur les votes</em> » en faveur d’Enrique Peña Nieto. Alors qu’il existe tous les moyens légaux pour punir l’influence financière, affirment les experts européens. Tenu confidentiel jusque 4 mois après l’élection alors qu’il avait été remis en main propre à l’IFE, ce rapport, révélé par la revue d’investigation <em>Proceso,</em> renforce les accusations de la gauche et des jeunes de <em>Yo Soy 132</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La MEE soutient également que l’IFE devrait enquêter sur « <em>l’achat de la couverture éditorial</em> ». Déjà dénoncé dans les colonnes du quotidien britannique <em>The Guardian</em>, « <em>le présumé accord entre Televisa et le PRI pour impulser la candidature présidentielle d’Enrique Peña Nieto</em> » inquiète les spécialistes européens. « <em>Bien que les pactes secrets entre partis et médias soient difficiles à démontrer, les autorités compétentes ne devraient pas renoncer aux investigations.</em> » La gauche, elle, ne lâchera pas. Elle a annoncé qu’elle présenterait une plainte devant la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme. Mauvais perdants ou pour la beauté du geste ? La jeune démocratie mexicaine, elle, ne s’en plaindra pas.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Delphine-Rigaud1.jpg"><img class="alignleft  wp-image-514" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-delphine-rigaud-mexique" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Delphine-Rigaud1-150x150.jpg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: left;">Delphine Rigaud est journaliste et correspondante au Mexique.</p>
<p style="text-align: left;">Elle est l&rsquo;auteur du blog <a title="delphine-rigaud-liensaucemexicaine-mexique" href="http://blogs.rue89.com/sauce-mexicaine" target="_blank"><em>Sauce Mexicaine</em></a> sur <em>Rue89</em>.</p>
<p style="text-align: left;">Lisez son article <a title="delphine-rigaud-lientribunegeneve-mexique" href="http://journal.tdg.ch/mexique-vieux-parti-veut-reprendre-pouvoir-2012-06-27" target="_blank">&laquo;&nbsp;Au Mexique, le vieux parti veut reprendre le pouvoir&nbsp;&raquo;</a> sur <em>La Tribune de Genève</em>.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		</item>
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		<title>L&#8217;art d&#8217;asseoir la démocratie entre deux chaises</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:03:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Sarah Urban © გრიგოლ Des manifestations pour une plus grande transparence gouvernementale, des observateurs internationaux satisfaits, une opposition victorieuse face à un parti présidentiel autoritaire&#8230; Les élections législatives du 1er octobre 2012 ont nourri l&#8217;espoir d&#8217;un modèle de démocratie. Un espoir qui reste à nuancer. &#8230;..Les chiffres définitifs ont été dévoilés le 4 octobre, 3 ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Sarah Urban<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/SaakahvilisPlakat-copie.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-557" title="En-tete-article-georgie" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/SaakahvilisPlakat-copie.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© <strong>გრიგოლ</strong></em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des manifestations pour une plus grande transparence gouvernementale, des observateurs internationaux satisfaits, une opposition victorieuse face à un parti présidentiel autoritaire&#8230; Les élections législatives du 1er octobre 2012 ont nourri l&rsquo;espoir d&rsquo;un modèle de démocratie. Un espoir qui reste à nuancer.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Les chiffres définitifs ont été dévoilés le 4 octobre, 3 jours après le scrutin, confirmant ainsi <a title="lien-article-georgie-1" href="http://www.youtube.com/watch?v=mdaY8rm1Y8s" target="_blank">les cris de joie d&rsquo;une foule noyée sous les drapeaux bleus</a>, symboles du parti Rêve Géorgien. Ce dernier, dirigé par le milliardaire Bidzina Ivanishvili, récolte 54,9% des voix, contre 40,3% pour le Mouvement National Uni du président Mikheïl Saakashvili. Ces résultats semblent témoigner d&rsquo;un déroulement électoral démocratiquement correct, que les autorités gouvernementales n&rsquo;ont pas cherché à manipuler, alors même que la défaite du parti présidentiel se lisait sur toutes les lèvres après le décompte effectué dans seulement 25% des bureaux de vote. Une issue surprenante pour des élections encore imparfaites.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Candidats sous haute tension</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span><a title="lien-article-georgie-2" href="http://www.youtube.com/watch?v=ZuQNrNmWeLk" target="_blank">Comme le concède l&rsquo;Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE)</a>, la journée de vote s&rsquo;est  déroulée dans un souci d&rsquo;effort démocratique. À noter que le terme clés de cette phrase n&rsquo;est pas tant « souci » qu’ « effort », mot riche de sens puisqu’il sous-entend qu’on peut espérer mieux. <a title="lien-article-georgie-3" href="http://www.georgie2012.net/" target="_blank">L&rsquo;Observatoire des Élections Géorgiennes 2012</a> rapporte la présence significative de 3373 médias accrédités, 1619 observateurs internationaux et 57 000 observateurs locaux. Une présence qui se veut une preuve effective de la transparence des élections, mais qui témoigne aussi de la méfiance des observateurs.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Nombreux sont ceux en effet qui redoutaient les conséquences d&rsquo;un climat de tension, à commencer par les tentatives d&rsquo;intimidation du gouvernement à l&rsquo;égard de Bidzina Ivanishvili. Les analystes de la Fondation Robert Schuman soulignent, par exemple, que la Cour géorgienne lui infligea l&rsquo;équivalent de 72 millions d&rsquo;euros d&rsquo;amende pour violation des lois sur la création d&rsquo;un parti. Sa faute : la détention de trois passeports (russe, français et géorgien) alors que la double nationalité est interdite à qui se porte candidat aux élections. Cette décision de justice s&rsquo;est accumulée à une première amende de 1,25 millions d&rsquo;euros pour financement illégal d&rsquo;un parti politique : montant dont le leader milliardaire s&rsquo;est acquitté pour avoir dépenser des sommes faramineuses durant sa campagne. Ces sanctions excessives témoignent surtout du comportement abusif des plus hautes institutions judiciaires du pays.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le 20 juin 2012, un rapport de l&rsquo;ONU va jusqu’à évoquer un « <em>climat de peur et d&rsquo;intimidation à l&rsquo;encontre des membres des partis de l&rsquo;opposition et de la société civile</em> ». Un climat suffisamment oppressant pour qu&rsquo;<a title="lien-article-georgie-4" href="http://www.courrierinternational.com/breve/2012/08/03/un-judoka-georgien-s-enfuit" target="_blank">un judoka géorgien, Bektil Choukvani, prenne la fuite durant les Jeux Olympiques de Londres 2012</a>, après avoir déclaré ouvertement son soutien au Rêve Géorgien. Est-il dès lors possible de parler d’une démocratie consolidée ?</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Par ailleurs, Mikheïl Saakashvili fut accusé par l&rsquo;opposition de confisquer le pouvoir en raison d&rsquo;une réforme constitutionnelle votée en 2010 qui, dès le scrutin présidentiel de 2013, conduirait à une extension des pouvoirs du premier ministre. N&rsquo;ayant pas le droit de briguer un troisième mandat consécutif, le président était soupçonné de lorgner ce nouveau poste. Une stratégie proche de celle du duo Vladimir Poutine &#8211; Dmitri Medvedev, qui restera néanmoins une rumeur puisque sa mise en oeuvre est écartée après la défaite de son parti.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les oubliés du jeu électoral</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Autrement plus grave, ces législatives ont été l&rsquo;occasion de constater une importante lacune quant au respect du vote des géorgiens expatriés. Plus d&rsquo;un million d’entre eux, soit 10% des électeurs, ont été privés de participation au scrutin. Un nombre suffisamment conséquent pour estimer une déformation des résultats, et qui s&rsquo;explique par deux raisons majeures : les Géorgiens d&rsquo;Europe devaient présenter au consulat de Géorgie les preuves d&rsquo;un séjour régulier, ce que nombre d&rsquo;entre eux ont assimilé à de la surveillance répressive ; tandis que ceux expatriés en Russie, ont fait les frais des relations diplomatiques inexistantes entre Moscou et Tbilissi, depuis les conflits de 2008 avec les régions séparatistes (l&rsquo;Abkhazie et l&rsquo;Ossétie du Sud). Aucun bureau de vote n’a été ouvert sur le territoire russe.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres victimes de cette guerre perdue, les Géorgiens d&rsquo;Ossétie du Sud, déplacés lorsque la Russie est intervenue en faveur de l&rsquo;indépendance de cette région. Ballotés entre des terres qui ne sont plus les leurs et un État qui ne reconnaît pas leur statut civil, ces migrants n&rsquo;apparaissent pas sur les listes électorales : une problématique passée sous silence durant la campagne.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vers une <em>happy end?</em></strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour comprendre l&rsquo;enthousiasme des observateurs internationaux, il faut donc revenir sur les évènements déterminants du 18 septembre 2012, date à laquelle deux chaînes télévisées d&rsquo;opposition ont diffusé une vidéo montrant des détenus torturés et violés dans une prison d&rsquo;État. Cette révélation fait écho à des soupçons longtemps étouffés de pratiques illégales sous la présidence Mikheïl Saakashvili, notamment des conditions d&rsquo;incarcération de prisonniers issus de sa lutte contre la mafia. Ces preuves de la corruption du système carcéral géorgien, et de l&rsquo;opacité mise en place par le Mouvement National Uni à la tête de l&rsquo;État, ont entraîné <a title="lien-article-georgie-5" href="http://www.youtube.com/watch?v=JMktbMZhBWA" target="_blank">de nombreuses manifestations spontanées</a> dans le pays. Ce moment précis de la vie politique géorgienne marque un tournant démocratique fondamental : la colère de la population a conduit, le 20 septembre suivant, à la démission de deux ministres. Il faut donc y voir les prémisses d&rsquo;une prise de pouvoir populaire, qui s&rsquo;est concrétisée par un vote de sanction à l&rsquo;égard du Mouvement National Uni lors des législatives du 1er octobre. « <em>Aujourd&rsquo;hui, nous avons partiellement atteint certaines de nos exigences, mais cela ne change rien à ce qui s&rsquo;est passé. Aujourd&rsquo;hui, le Ministre de l&rsquo;Intérieur a démissionné, mais il a été remplacé par sa numéro deux, donc cela ne change rien. Si Mikheil Saakashvili croit (&#8230;) que nous allons tous rentrer chez nous, il se trompe lourdement !</em> » menaçait déjà un manifestant dans la nuit du 20 au 21 septembre.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré tout, c&rsquo;est un président d&rsquo;apparente bonne foi qui s&rsquo;est montré devant les Géorgiens en assumant sa défaite: « <em>Il est clair que le Rêve Géorgien a remporté la majorité. Cela veut dire que la majorité parlementaire doit former un nouveau gouvernement et moi, en tant que président, conformément à la Constitution, je vais faciliter le processus de manière à ce que le nouveau gouvernement commence à travailler.</em> »</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour autant, peut-on dire que la démocratie est parfaitement installée en Géorgie ? Quelques sceptiques prétendent que Bidzina Ivanishvili est un « oligarque » dont il faudra apprendre à se méfier. La Géorgie cherche à s&rsquo;imposer en tant que modèle démocratique dans les pays du Caucase, et notamment aux yeux de l&rsquo;OTAN et de l&rsquo;Union Européenne avec lesquelles elle souhaite créer des alliances. Un objectif qui devrait motiver les efforts entrepris vers plus de transparence et d&rsquo;équité.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>La démocratie du plus fort</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 16:44:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Marwan Chahine © Yuli Weeks/VOA Les premières élections présidentielles libres d’Égypte ont donné lieu à une bataille de Titans entre Islamistes et Ancien Régime. Si la victoire de Mohammed Morsi a acté une sortie de la dictature, la démocratie ne semble pas pour demain. &#8230;..24 juin 2012, fin d&#8217;après-midi. La place Tahrir exulte. Le ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Marwan Chahine<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Doigt-encré1.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-537" title="Doigt encré" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Doigt-encré1.jpg" alt="" width="648" height="187" /></a></p>
<p><em>© Yuli Weeks/VOA</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les premières élections présidentielles libres d’Égypte ont donné lieu à une bataille de Titans entre Islamistes et Ancien Régime. Si la victoire de Mohammed Morsi a acté une sortie de la dictature, la démocratie ne semble pas pour demain.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>24 juin 2012, fin d&rsquo;après-midi. La place Tahrir exulte. Le bruit des pétards se mêle aux cris de joie et de soulagement. Un vieil homme à la barbe blanche brandit haut sa canne comme s&rsquo;il avait d&rsquo;un coup retrouvé sa vigueur, tandis que des femmes sévèrement voilées sautillent en levant les bras. Un homme porte en triomphe son nourrisson, comme symbole d&rsquo;une ère nouvelle. Des slogans sont lancés de toute part à la gloire de Dieu, de l’Égypte, de la Révolution, de la démocratie. La liesse de Tahrir est à la mesure de l&rsquo;interminable et anxieuse attente qui l&rsquo;a précédée. Après un énième recompte des voix, les juges de la Haute Commission Électorale viennent de rendre leur verdict : le Frère Musulman Mohammed Morsi est le nouveau président de la République Arabe d’Égypte. Avec 51,73% des voix, il a battu son rival, le général Ahmed Chafik, vestige de l&rsquo;ancien régime et plusieurs fois ministre sous la présidence d&rsquo;Hosni Moubarak. Dans un pays coutumier des élections plébiscites, un résultat aussi serré est très inhabituel et sonne comme la preuve d&rsquo;une démocratie enfin en acte.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Il faut dire que trente ans durant, l&rsquo;ancien despote égyptien a fait rimer élections avec manipulations. Une présidentielle à la Moubarak ressemblait à peu près à ceci : des bourrages massifs d&rsquo;urnes pour compenser les crânes qui ne le seraient point assez par une télévision d’État tout à la gloire de son raïs. En toile de fond : un fort climat d&rsquo;insécurité et d&rsquo;intimidation, œuvre des <em>baltagayas</em>, petits gars des faubourgs des grandes villes payés pour semer le désordre. Résultat garanti et savoureux : plus de 80 % de « satisfaits » au bas mot ! Avec l&rsquo;élection de Mohammed Morsi, cette époque semble bien révolue et avec elle, un régime militaire en place depuis plus d&rsquo;un demi-siècle.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour autant, sortir de la dictature ne veut pas nécessairement dire entrer dans la démocratie. Sans parler des soupçons appuyés de fraudes dans les deux camps, l&rsquo;ubuesque feuilleton des dernières présidentielles égyptiennes empêche quiconque de déclarer Mohammed Morsi « démocratiquement élu » sans avoir la langue qui brûle. Car plus qu&rsquo;à une saine confrontation de personnes ou d&rsquo;idées, ces élections ont tourné à la bataille des machines. D&rsquo;un côté, l&rsquo;ancien régime et l&rsquo;ensemble de l&rsquo;appareil d’État n&rsquo;ont cessé de mettre des bâtons dans les roues des autres candidats, pour faciliter la victoire d&rsquo;Ahmed Chafik. La presse et la télévision d’État ont clairement pris parti pour ce dernier, n&rsquo;hésitant pas à discréditer ses adversaires, islamistes en particulier. Presse et télévision d’État ont contribué à tourner en ridicule Mohammed Morsi, présenté comme un ballot, sans charisme ni courage. Dans un pays sans grande culture politique et avec un taux d&rsquo;analphabétisme supérieur à 50% dans certaines régions, une telle propagande d’État n&rsquo;est pas sans effet. En plein centre-ville du Caire, à la sortie d&rsquo;un bureau de vote, une dame âgée montrait fièrement son doigt noirci d&rsquo;encre et confessait sans honte avoir voté pour “ l&rsquo;échelle ” (Ahmed Chafik), sans même savoir de quel candidat il s&rsquo;agissait. Étrange sensation que celle de voir ce sourire accompagner cet éloge de la démocratie clamée entre deux dents manquantes.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Au delà de la propagande, c&rsquo;est au sein de l&rsquo;appareil judiciaire &#8211; et plus spécialement l&rsquo;organisme chargé du bon fonctionnement des élections &#8211; qu&rsquo;Ahmed Chafik a trouvé un allié de poids. La Haute Commission Électorale, présidée par Farouk Sultan, un ancien militaire nommé par Moubarak, a rendu quantité de décisions litigieuses laissant penser qu&rsquo;elles étaient plus politiques que fondées en droit. Ainsi en a-t-il été lorsque trois mois avant les élections, la HCE a décidé d&rsquo;exclure trois favoris des présidentielles, le salafiste Hazem Abou Ismail, le candidat des Frères Khairat El Chater et Omar Suleiman, ancien chef des services secrets. Un même soupçon est apparu lorsque la Cour Constitutionnelle &#8211; présidée par le même Farouk Sultan &#8211; n&rsquo;a rien trouvé à redire au coup de force des militaires qui, le soir du second tour, ont amendé la déclaration constitutionnelle provisoire afin de protéger leurs prébendes et limiter les prérogatives du futur président. C&rsquo;est encore cette même Cour qui a décidé d&rsquo;annuler les élections législatives remportées en novembre par les Frères Musulmans en s&rsquo;appuyant sur des arguments juridiques contestables. Lorsqu&rsquo;une fois élu Mohammed Morsi a tenté d&rsquo;annuler ces dispositions, il s&rsquo;est en revanche fait retoqué par un Conseil Constitutionnel à la neutralité décidément douteuse.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Victimes d&rsquo;une machine d’État hostile, les Frères Musulmans n&rsquo;ont pourtant rien de braves agneaux démocratiques. S&rsquo;ils ont su s&rsquo;en départir, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;ils disposent de leur propre appareil, une organisation ultra hiérarchisée, adossée à un solide réseau dans tout le pays. Cela va des mosquées aux associations d&rsquo;aide sociale et humanitaire qui opèrent dans les quartiers défavorisés en distribuant des biens de première nécessité. Sans parler d&rsquo;achat de voix, il est difficile de concevoir que de telles pratiques soient sans arrière pensée, ni conséquences électorales. Comme l&rsquo;explique le chercheur Moaz Mahmoud, « <em>en Égypte, une élection se joue le jour J » et « dépend beaucoup de la logistique électorale</em> ». Concrètement, cette logistique revient à affréter des minibus dans les campagnes, afin d&rsquo;emmener les gens jusqu&rsquo;au bureau de vote en leur murmurant à l&rsquo;oreille pour qui voter. En la matière, les Frères Musulmans excellent. Et ils le doivent en partie aux généreux financements étrangers, venus d&rsquo;Arabie Saoudite et du Qatar notamment, grandes démocraties s&rsquo;il en est.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Frères contre ancien régime, machine contre machine, c&rsquo;est cet équilibre des forces aliénantes qui a conduit à ce résultat serré d&rsquo;apparence démocratique. Hicham le sait bien. En ce 24 juin, son sentiment est ambivalent : soulagement de la défaite de Chafik, faible enthousiasme pour la victoire de Morsi, frustration de ce qu&rsquo;il considère comme une mascarade d&rsquo;élection à laquelle il s&rsquo;est abstenu de prendre part. Et surtout, surtout, regret de ce qu&rsquo;aurait pu être le second tour. Car les grands lésés de ces élections sont ces révolutionnaires, aussi sympathiques que désorganisés, qui tels des Trotskistes français, ont présenté 5 candidats au premier tour afin que s&rsquo;exprime chaque sensibilité. Eux qui se croyaient marginalisés dans la société égyptienne et qui, à la vue des résultats, se sont aperçus qu&rsquo;il leur aurait fallu un presque rien pour l&rsquo;emporter. Leurs deux principaux candidats, le nassérien Hamdeen Sabbahi et l&rsquo;islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh sont arrivés respectivement 3e et 4e du premier tour. Ils totalisent quelques 37% des voix (20 + 17) ce qui fait du bloc réformiste la plus importante force du pays devant les Frères Musulmans et l&rsquo;Ancien Régime. Pour Hicham et les siens, ces élections ressemblent à une injuste débâcle qui aurait pu être évitée. Même si les causes de cet échec sont à chercher dans une faible organisation politique, les sondages ont sans doute joué un rôle.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Ce point est particulièrement intéressant car il oblige à repenser le sens et la valeur de ces estimations si souvent décriés en France pour l&rsquo;influence qu&rsquo;ils auraient sur le vote. Au cours de ces présidentielles égyptiennes, plusieurs études d&rsquo;opinions ont été publiées, la plupart réalisées par des journaux d’État, proches du précédent pouvoir. Toutes se sont avérées très éloignées de la réalité. Même si on ne peut affirmer qu&rsquo;il s&rsquo;agit de manipulations délibérées, ils ont clairement pesé sur l&rsquo;issue du scrutin.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Une semaine avant le vote, le futur vainqueur Mohammed Morsi était par exemple donné en-dessous de 10% (24% en fait), idem pour le candidat de gauche, Hamdeen Sabbahi (20% en fait). Les deux gagnants supposés, l&rsquo;islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh et Amr Moussa étaient eux donnés à plus de 20% (17% et 10% au final). Parmi les observateurs, d&rsquo;aucuns se sont réjouis du fait que les Égyptiens aient su à ce point déjouer les pronostics. Mais sans entrer dans de politique fiction, on peut également penser que le résultat des élections aurait été tout autre sans ces faux indicateurs qui ont brouillé les pistes et empêché les votants de choisir en conscience. Par exemple, beaucoup des sympathisants de la Révolution ont stratégiquement voté pour Aboul Foutouh qu&rsquo;ils pensaient gagnant, alors même qu&rsquo;ils se sentaient plus proche des idées de Sabbahi&#8230; Même si Mohammed Morsi assure qu&rsquo;il est en train de concrétiser les idéaux de la Révolution, beaucoup d’Égyptiens libéraux restent sceptiques et se disent avec dépit que c&rsquo;est par les urnes que leur projet d’Égypte démocratique a été enterré, peut-être à jamais.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/marwan21.jpg"><img class="alignleft  wp-image-539" title="Portrait-marwan-chahine-egypte" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/marwan21-150x150.jpg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">Marwan Chahine est journaliste et correspondant en Égypte pour <em>Libération</em> et <em>Le Nouvel Observateur</em>.</p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>Une démocratie vibrante mais fragile</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 16:32:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Eva John © Pectus Solentis Sortie en 1987 de près de trente ans de dictature, la Corée du Sud est aujourd&#8217;hui l&#8217;une des démocraties les plus dynamiques d&#8217;Asie. Elle fait malgré tout régulièrement face à la censure et à la corruption. Non sans bruit. Vibrante, côté pile &#8230;..La Corée du Sud a beau être ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Eva John<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/914_National_Assembly.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-694" title="En-tete-article-coree-du-sud" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/914_National_Assembly.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© Pectus Solentis</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sortie en 1987 de près de trente ans de dictature, la Corée du Sud est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des démocraties les plus dynamiques d&rsquo;Asie. Elle fait malgré tout régulièrement face à la censure et à la corruption. Non sans bruit.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vibrante, côté pile </strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span></span>La Corée du Sud a beau être surnommée « le pays du matin calme », la politique peut y faire beaucoup de bruit ! Dans les rues, en période d&rsquo;élections, les chansons de campagne et les slogans scandés dans les mégaphones des militants se mélangent aux tubes de k-pop diffusés sur les trottoirs par les magasins.<br />
Si la démocratie fait aujourd&rsquo;hui un tel vacarme en Corée du Sud, c&rsquo;est peut-être parce qu&rsquo;elle s&rsquo;est longtemps faite attendre. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1987 que les citoyens ont eu accès au suffrage universel direct et ont élu le premier président non issu de l&rsquo;armée, après presque trois décennies de régime autoritaire. Signe du traumatisme de la dictature : le mandat du président de la République est non renouvelable.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Quant aux générations qui n&rsquo;ont pas connu les années de répression, elles semblent tout autant attachées à préserver leur liberté d&rsquo;expression, qui s’exprime le plus souvent sur Internet. Dans l&rsquo;un des pays les plus connectés de la planète, le Web et les réseaux sociaux ont réussi à raviver l&rsquo;intérêt des jeunes générations pour la politique. Le très populaire Ahn Cheol-soo, l&rsquo;un des trois candidats à la présidence, a bien compris l&rsquo;enjeu de l&rsquo;agora 2.0. Cet entrepreneur et universitaire, défenseur d&rsquo;une politique hors système, a investi tous les recoins de la toile pour sa campagne.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>C’est aussi, dans un autre style, le cas de quatre hommes de gauche qui ont récemment excellé dans l&rsquo;art de se faire entendre : leur podcast hebdomadaire satirique <em>« Je suis une raclure mesquine »</em> a fait un carton auprès des jeunes Sud-Coréens, au point de devenir une véritable arme électorale lors de l&rsquo;élection du maire de Séoul l&rsquo;an dernier, mais aussi pour les législatives d’avril et vraisemblablement le restera pour le scrutin présidentiel du 19 décembre prochain. La recette : un langage cru, beaucoup d&rsquo;humour et des attaques frontales à l&rsquo;égard du gouvernement de Lee Myung-bak. Cette attitude a d&rsquo;ailleurs valu la prison à l&rsquo;un des membres, condamné pour « fausses accusations » en raison de propos tenus avant le début du podcast à succès.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Animée, la politique peut aussi être musclée : lors des votes controversés à l&rsquo;Assemblée nationale, il n&rsquo;est pas rare que les députés en viennent aux mains. L&rsquo;an dernier, une grenade de gaz lacrymogène a même été lancée par un élu en guise de protestation.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans ce joyeux brouhaha, certaines voix peinent toutefois encore à se faire entendre&#8230;</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Fragile, côté face</strong></p>
<p><br/><br />
<em><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>« On a les procédés démocratiques, mais on n’a pas encore la démocratie »</em>, écrivait en 2002 le professeur Choe Jang-jip dans l’ouvrage <em>La démocratie après la démocratisation</em>. La phrase est révélatrice d’une vie politique encore entachée par deux maux majeurs : la censure et la corruption.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>- Museler le discours d’opposition :<br />
Foulard sur la bouche et point levé, les journalistes des principales chaînes de télévision du pays ont manifesté à plusieurs reprises pour dénoncer le fait que certains sujets étaient mis en sourdine et leur discours muselé par les autorités. Afin de dénoncer la mainmise du pouvoir sur leurs contenus, ils ont même organisé cette année la plus longue grève de leur histoire. <em>« Information biaisée, complaisance avec le parti conservateur et sous-représentation de l&rsquo;opposition »</em> : telles sont en effet les conclusions de la Coalition Citoyenne pour des Médias Démocratiques, qui a décortiqué les programmes de KBS, SBS et MBC lors de la campagne électorale des élections législatives d&rsquo;avril.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Divisée et techniquement encore en guerre, la Corée fait figure d&rsquo;exception dans le monde géopolitique. La loi sud-coréenne dite « de sécurité nationale » témoigne bien de cette situation exceptionnelle. Créée en 1948, au moment de la création des deux Corées, elle est sensée maintenir la démocratie face à l&rsquo;ennemi communiste. Mais le texte a régulièrement été manipulé par les pouvoirs conservateurs pour réduire au silence les dissidents. Entre 2007 &#8211; année de l&rsquo;élection de l&rsquo;actuel président Lee Myung-bak &#8211; et 2010, les interpellations sous couvert d&rsquo;anti-communisme sont passées de 39 à 151. Amnesty International parle d&rsquo;un <em>« effet de dissuasion par la peur »</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>- Vague de scandales électoraux au lendemain des législatives :<br />
À deux mois de la présidentielle, l&rsquo;ONG Transparency International Korea a voulu sensibiliser les trois candidats à la présidence aux problèmes de corruption en Corée du Sud. Le 10 octobre dernier, Park Geun-hye, Moon Jae-in et Ahn Cheol-soo ont ainsi été priés de s&rsquo;engager haut et fort contre les pratiques de corruption et de copinage et de garantir la protection des lanceurs d&rsquo;alerte.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Il faut dire que depuis cet été, pas une semaine ne s&rsquo;écoule sans qu&rsquo;un scandale de votes achetés ne soit révélé ou une démission d&rsquo;un parti annoncée dans les journaux sud-coréens. La plupart des affaires dévoilées récemment remontent aux primaires des partis pour les législatives d&rsquo;avril dernier. Et à l&rsquo;approche du scrutin présidentiel, tous les partis tentent de sauver la face en prenant leurs distances avec ceux qui font des vagues.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Dernier cas en date : Hong Sa-duk, ancien chef de campagne de Park Geun-hye, la candidate du parti conservateur Saenuri, a avoué avoir reçu 30 millions de wons (soit 20 000 euros) de fonds illégaux de la part d’un homme d’affaires. Même si Hong a décidé de quitter sa formation pour ne pas nuire à la campagne de son camp, cette affaire a marqué un premier revers pour la très influente Mme Park. En août, le même parti annonçait l&rsquo;exclusion de la députée Hyun Young-hee, soupçonnée d&rsquo;avoir acheté son investiture à la primaire du parti en versant 300 millions de wons (soit 213 000 euros) à un membre du comité d&rsquo;investiture.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La gauche n&rsquo;est pas non plus épargnée par les histoires de pots-de-vins : cet été, le petit parti d&rsquo;opposition PPU et le Parti Démocrate Unifié, la principale force d&rsquo;opposition, ont également été éclaboussés par des scandales de fraude lors de leurs primaires respectives.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Se voulant rassurant, Steven Kim tempère: <em>« En même temps, le fait que les scandales soient dévoilés au grand jour dans les médias est un bon signe pour la démocratie »</em>. Une démocratie que les Sud-Coréens ont longtemps attendue et pour laquelle ils doivent continuer de donner de la voix.</p>
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<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/eva-john11.jpeg"><img class="alignleft  wp-image-581" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-eva-john-coree-du-sud" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/eva-john11-150x150.jpeg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
<p><br/><br />
Eva John est correspondante depuis Seoul pour<em> Libération</em> et <em>Ouest France</em>.<br />
Chroniqueuse pour <em>Radio Canada</em>, elle travaille également pour <em>KBS World Radio</em>.<br />
Parcourez <a title="eva-john-lienliberation-coree-du-sud" href="http://www.liberation.fr/recherche/?q=eva+john" target="_blank">ses articles pour <em>Libération</em>.</a><br />
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		<title>&#171;&#160;Du maquillage sur le visage de la dictature&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 16:29:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Céline Lemaire © Belarus Presidential Press and Information Office Cueillir des champignons. C&#8217;est ce à quoi appelaient les candidats de l’opposition, à la veille des élections législatives biélorusses du 23 septembre 2012. La route qui mène vers la démocratie est longue. &#8230;..Depuis son accession au pouvoir en 1994, Alexandre Loukachenko dirige la Biélorussie d’une ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Céline Lemaire<br />
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<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Lukashenko.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1307" title="Visuel-article-maison-biélorussie" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Lukashenko.jpg" alt="" width="650" height="170" /></a></p>
<p>© Belarus Presidential Press and Information Office<br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Cueillir des champignons. C&rsquo;est ce à quoi appelaient les candidats de l’opposition, à la veille des élections législatives biélorusses du 23 septembre 2012. La route qui mène vers la démocratie est longue.</strong><br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Depuis son accession au pouvoir en 1994, Alexandre Loukachenko dirige la Biélorussie d’une main d’acier. Il a progressivement imposé son autoritarisme, allant jusqu’à manipuler les résultats du scrutin présidentiel de 2010. Il s’est alors proclamé président réélu et réprima la contestation. Parmi les donneurs d’alerte, Ales Bialatski, vice-président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme et président de l’association indépendante Viasna, a été condamné à la colonie punitive pour quatre ans et demi.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>C’est donc sans surprise qu’en 2012, les opposants ont décidé de boycotter l’élection du Parlement, institution à laquelle Loukachenko a retiré toute prérogative grâce à son coup d’État constitutionnel de 1996. Depuis, l’opposition en est absente et les députés se contentent d&rsquo;entériner les décisions du chef de l’État. 103 des 110 membres de la Chambre sortante se revendiquent « indépendants », ce qui dans le jargon politique biélorusse se traduit par « à la botte du président ». Qu’ils soient directeurs d’entreprises publiques, responsables de kolkhozes ou de sovkhozes, militaires ou fonctionnaires, ils n’ont aucune expérience politique et doivent tous leur poste au régime dont ils pérennisent la corruption.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Quand bien même la voix des députés aurait un poids quelconque, les chances pour l&rsquo;opposition de remporter une élection sont faibles. Les moyens mis en œuvre pour garantir le succès des candidats favorables au président Loukachenko se démultiplient. Cette année, dans certains bureaux de vote, les électeurs avaient le choix entre… un seul candidat ! Au-dessus de l’urne : sa photo. Sur le comptoir : un apéritif. Pour d’autres, les déplacements étaient facilités par l’octroi d’un bus qui leur était réservé. Après avoir voté, ils n&rsquo;étaient pas reconduits chez eux mais dans un autre bureau où ils se dirigeaient vers l’urne en rang d’oignon, choisissant toujours le même bulletin. Le jour du scrutin, Siarkei Martsalian et Aryna Lisetskaia, ont observé et dénoncé ce bourrage d’urnes. Ils ont ensuite momentanément disparu.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;"> &#8230;..</span>Cette méthode dite du « carrousel » est rendue possible grâce au vote par anticipation (imposé aux militaires, aux étudiants et à certains autres salariés). En ouvrant cinq jours à l’avance, cette règle permet officiellement de mobiliser les citoyens et de faire en sorte que tous puissent s’exprimer. En réalité, ces suffrages favorisent souvent le gouvernement et dépassent toujours le nombre d’inscrits. Car pour voter par anticipation, aucune justification n&rsquo;est requise et aucun justificatif n’est remis. Il est donc impossible de vérifier qu&rsquo;une personne qui se présente le jour du scrutin n&rsquo;a pas déjà voté. Des électeurs ont même témoigné avoir été forcés à voter. Dans des fermes collectives, ils n&rsquo;ont reçu leur salaire qu&rsquo;une fois le devoir citoyen accompli. Dans certaines écoles, les enseignants ont été réquisitionnés pour contrôler le vote. Ils témoignent des énormes pressions qu&rsquo;ils ont subies.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Face à ce chaos électoral, les observateurs sont restés impuissants. L’OSCE en avait missionné plus de 300 dont deux n’ont pas obtenu de visa, à l’instar de plusieurs journalistes internationaux. Tous n&rsquo;ont pas été autorisés à connaître le nombre d&rsquo;électeurs inscrits dans les bureaux de votes. Aucun n&rsquo;avait de mandat pour effectuer des observations sur les bases militaires. L&rsquo;ONG Viasna est illégale en Biélorussie et ses militants risquent d&rsquo;être arrêtés à tout moment. 300 personnes se sont malgré tout portées volontaires pour observer les élections en son nom. De l&rsquo;aveu de Valentina Stefanovich, la mission n&rsquo;a aucun impact sur les résultats, mais elle est « vitale pour les Bélarusses qui réclament plus de transparence ».<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La transparence se réclame discrètement car les manifestations sont interdites en Biélorussie. Alexandre Loukachenko a chargé son propre fils Viktar, à la tête de la police et des services de sécurité, de mettre fin à toute tentative de contestation. Et le fiston a obéi : le premier jour du scrutin, une manifestation fut dispersée. Certains manifestants ont été arrêtés alors qu’ils distribuaient du borteck (une soupe traditionnelle) en signe d&rsquo;opposition à la directrice de la Commission centrale électorale, Lidya Yermochina, qui avait recommandé aux femmes de rester cuisiner à la maison au lieu de s&rsquo;impliquer en politique. Pour que le vote soit déclaré valide, la moitié des électeurs au moins devaient y prendre part. Finalement, 74% des Biélorusses ont voté selon la Commission électorale. 38% selon le parti chrétien-démocrate. 109 des 110 députés ont été élus dès le premier tour.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span> Malgré la certitude des fraudes et intimidations, Loukachenko gamberge. Il l&rsquo;a annoncé le jour-même du scrutin : « Si certains doutent du choix du peuple biélorusse, je ne sais pas quelles normes nous devons appliquer pour les prochaines élections. » Certains avaient pourtant des propositions à lui faire mais ils n&rsquo;ont pas pris part au scrutin. Pour le président, ce sont des « lâches ». Il a déploré le boycott et l&rsquo;absence de bataille politique.   Alexandre Loukachenko est le seul chef d’État interdit de séjour en Europe et aux États-Unis en raison de ses multiples violations des droits de l’Homme. Son État est le seul pays d’Europe à ne pas siéger au Conseil Européen. L’Union Européenne ne reconnaît pas les élections qui s&rsquo;y déroulent. Pour Catherine Ashton, le scrutin de septembre 2012 a été une occasion manquée de conduire des élections en accord avec les standards internationaux. Pour  Pawel Kowal, membre polonais du Parlement Européen, le terme même d&rsquo;élection ne devrait pas être utilisé « pour ne pas créer l&rsquo;impression que la Biélorussie ait un semblant de normalité. Ce qui se passe en Biélorrussie est juste un spectacle orchestré par le régime, <a href="http://www.taurillon.org/Une-election-de-plus-au-Belarus-Un-spectacle-mis-en-scene-par-le,05205" title="lien-article-biélorussie" target="_blank">du maquillage sur le visage de la dictature</a> » s’est-il lamenté.   Mais rien ne semble pouvoir ébranler Alexandre Loukachenko : « Le monde entier doit nous envier ces élections ennuyeuses. L&rsquo;État où les élections ont lieu dans une atmosphère ennuyeuse et calme est un État heureux ». Si l’État ne l’est pas, sa tête semble en tout cas sereine. Elle l&rsquo;est d&rsquo;autant plus que depuis le 1er mai 2012, elle a interdit à son peuple d&rsquo;accéder à des sites internet basés à l&rsquo;étranger, <a href="http://www.arte.tv/fr/belarus-tour-de-vis-supplementaire-sur-internet/6317764.html" title="lien-article-biélorrusie-2" target="_blank">sous peine d&rsquo;une amende de 100 euros</a>. L&rsquo;un des derniers espaces de liberté de l&rsquo;information a ainsi été verrouillé &#8211; aucune radio et aucune télévision n&rsquo;est indépendante.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span><a href="http://www.presseurop.eu/fr/content/article/2926341-pour-loukachenko-nous-sommes-des-bandits-democrates  http://www.robert-schuman.eu/doc/oee/oee-794c-fr.pdf" title="lien-article-biélorrusie-3" target="_blank">Dans un entretien au patron du quotidien The Independant</a>, Evguéni Lebedev, Alexandre Loukachenko a déclaré : « Vous avez détruit les vies de milliers voire de millions de personnes (en Irak et en Afghanistan). Tous les jours, le monde occidental essaie de me rendre démocrate à coup de matraque. Si c’est ça leur démocratie, ils peuvent se la garder ». Les exemples choisis sont éloquents. S’il est peu probable que la Biélorussie connaisse le même destin, reste à savoir ce qui adviendra de celle qu’on appelle « dernière dictature d’Europe ».<br />
<br/></p>
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