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	<title>Petit Guide 2012 de la Transparence Électorale</title>
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	<description>- Bienvenue sur Le Petit Guide 2012  de la Transparence Électorale -</description>
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		<title>Le vote blanc, toujours transparent ?</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Dec 2012 11:59:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Sophie Levy © Rama Un étrange parti s&#8217;immisça dans les élections législatives: le Parti du vote blanc, représenté par vingt-sept candidats. Score national : 0,44%. Le vote blanc n&#8217;est pourtant pas anecdotique &#8211; gage de démocratie pour les uns, il se révèle être un danger pour les autres. &#8230;.. &#171;&#160;La France ne sera pas ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Sophie Levy<br />
<br/><br />
<a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/12/Election_MG_3460.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1740" title="Visuel-article-maison-france" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/12/Election_MG_3460.jpg" alt="" width="650" height="170" /></a><br />
<em>© Rama</em>
</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un étrange parti s&rsquo;immisça dans les élections législatives: le Parti du vote blanc, représenté par vingt-sept candidats. Score national : 0,44%. Le vote blanc n&rsquo;est pourtant pas anecdotique &#8211; gage de démocratie pour les uns, il se révèle être un danger pour les autres.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/><br />
<em>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span> &laquo;&nbsp;La France ne sera pas une vraie démocratie tant que ne sera pas reconnu le droit de ne pas être d’accord &laquo;&nbsp;</em>, affirme Stéphane Guyot, président du Parti du Vote Blanc (PVB). Aujourd’hui, le refus des offres politiques proposées n’est pas considéré comme un suffrage exprimé. Le vote blanc n’est pas reconnu. De fait, le score final des candidats est calculé sur l’ensemble des bulletins auxquels on soustrait les votes blancs et nuls. Une procédure que l&rsquo;on doit à <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=27216C9867C1B41CE9BE132127BE5629.tpdjo15v_1?idArticle=LEGIARTI000006353176&#038;cidTexte=LEGITEXT000006070239&#038;dateTexte=20120614" title="lien-article-L66-vote-blanc" target="_blank">l’article L.66</a> du code électoral.<br />
<br/><br />
<strong>Devenir le troisième homme</strong><br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Une plus grande reconnaissance du vote blanc aurait pourtant des avantages. En termes d&rsquo;abstention tout d&rsquo;abord. Car ce n&rsquo;est pas nécessairement un manque d’intérêt pour le processus démocratique qui motive les comportements abstentionnistes, mais il arrive souvent qu&rsquo;aucun candidat ne leur convienne ou qu’ils soient en désaccord avec l’ensemble du système politique. <em>« 20% des abstentionnistes pourrait voter blanc si on le leur proposait »</em>, estime Stéphane Guyot.<br />
Autre argument avancé : une plus grande reconnaissance du vote blanc permettrait de faire baisser le score des extrêmes. <em>&nbsp;&raquo; Les électeurs se trompent s’ils pensent que voter pour le Front National, c’est voter contre les autres &laquo;&nbsp;</em> , affirme le président du PVB.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Stéphane Guyot crut donc en ses chances de devenir le troisième homme. La situation aurait pu jouer en sa faveur avec les difficultés connue du MoDem. Le militant avait aussi quelques chiffres à mettre sur la table : <a href="http://www.lexpress.fr/actualites/1/politique/presidentielle-ni-hollande-ni-sarkozy-pour-47-des-francais-selon-un-sondage_1056443.html" title="lien-sondage-express-vote-blanc" target="_blank">un sondage réalisé pour l’Express</a> en novembre 2011 affirme que 43% des électeurs ne voulaient voir ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy prendre les rennes du pouvoir. Mais ce n’est qu’un sondage et le vote blanc connait aussi ses détracteurs.<br />
<br/><br />
<strong>Scrutin invalidé</strong><br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le principal argument brandi contre le vote blanc est qu’il ne servirait finalement pas la démocratie du fait d’un risque de blocage institutionnel. En effet, que faire si le vote blanc obtient la majorité des suffrages ? Le PVB a prévu cette possibilité dans <a href="http://www.parti-du-vote-blanc.fr/comprendre/proposition-de-loi-pour-legiferer-sur-le-vote-blanc/" title="proposition-de-loi-parti-vote-blanc" target="_blank">une proposition de loi</a> : le scrutin serait invalidé et les élections réorganisées avec de nouveaux candidats et de nouveaux programmes. En espérant cette fois mieux convaincre les électeurs.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Lors d’un <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2002-2003/20030131.asp" title="lien-debat-assemblee-nationale-2003-vote-blanc" target="_blank">débat à l’Assemblée nationale en 2003</a>, Jean-François Copé expliquait son opposition à la reconnaissance du vote blanc. <em>&nbsp;&raquo; Il suffirait que votent blanc les électeurs d’un candidat éliminé à l’issue du premier tour. Sur la base d’une consigne de vote, on se trouverait donc dans cette situation ubuesque où aucun des deux adversaires ne pourrait être proclamé élu &laquo;&nbsp;</em>, expose celui qui était alors porte-parole du gouvernement Fillon.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>S&rsquo;il existe des possibilités de s’extirper d’une telle situation, les politiques ont d’autres raisons de refuser le vote blanc. Un score trop élevé affaiblirait leur légitimité s’ils étaient tout de même élus. Pascal Clément, alors président de la Commission des lois, l’affirmait lors du même débat à l’Assemblée Nationale. <em>&nbsp;&raquo; Il est indéniable que vouloir prendre en compte les votes blancs dans la détermination des suffrages exprimés aura pour conséquence, ce qui est tout de même paradoxal, de décrédibiliser politiquement l’élu &laquo;&nbsp;</em>, avance le député. Un argument déjà évoqué à propos de l’abstention.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le débat sur le vote blanc revient régulièrement à l’occasion des élections et des dizaines de propositions de lois ont été déposées à l’Assemblée Nationale sans être suivies d’effets. La dernière tentative est celle de François Sauvadet, député UDI, qui fit examiner une proposition de loi le 22 novembre 2012. <a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/11/29/le-vote-blanc-presque-reconnu_1794601_3224.html" title="lien-article-le-monde-vote-blanc" target="_blank">Un article du Monde</a> pointe les raisons récurrentes qui ont fait avorter ce projet &#8211; ou presque, car le seul espoir restant tient au décompte symboliquement séparé et annexé du vote blanc.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le chemin risque d’être long pour Stéphane Guyot… Il n’a pas obtenu les 500 signatures nécessaires pour une candidature à l’élection présidentielle, et ses résultats lors du scrutin législatif restent infimes. Mais il ne perd pas espoir. En Espagne où les Indignados sont très présents, l’équivalent du PVB a réussi à faire élire quatre de ses représentants aux municipales. Il existe aussi l&rsquo;exemple de ces pays où le vote blanc est reconnu &#8211; loin, en Amérique latine, comme au Pérou et au Costa Rica.<br />
<br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>La démocratie &#171;&#160;hugocentrique&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:50:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par François-Xavier Freland © François-Xavier Freland Le président sortant Hugo Chavez, au pouvoir depuis décembre 1998, a été réélu haut la main face à son adversaire Henrique Capriles Radonski (54,5% contre 44,5%). Marqué d’un fort taux de participation (81%), le scrutin s’est déroulé sans incident majeur. Pourtant, derrière cette façade exemplaire et la quinzaine d’élections ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par François-Xavier Freland<br />
<br/><br />
<a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/10/PHOTO-5.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-492" title="En-tete-article-venezuela" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/10/PHOTO-5.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© François-Xavier Freland</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le président sortant Hugo Chavez, au pouvoir depuis décembre 1998, a été réélu haut la main face à son adversaire Henrique Capriles Radonski (54,5% contre 44,5%). Marqué d’un fort taux de participation (81%), le scrutin s’est déroulé sans incident majeur. Pourtant, derrière cette façade exemplaire et la quinzaine d’élections organisées en 14 ans de pouvoir, les règles fondamentales de la démocratie ne semblent pas toujours respectées.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/><br />
<strong>Maître propagandiste</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>À l’aube de l’élection présidentielle du 7 octobre 2012, l’arrivée à l’aéroport international de Maquetía suffit à planter le décor. Un simple voyageur attendant de faire tamponner son passeport aux douanes &#8211; inquiet sans doute de pouvoir pénétrer sur le sol &laquo;&nbsp;<em>du socialisme du XXi ème siècle</em>&nbsp;&raquo; &#8211; comprend vite qu&rsquo;il ne s’est pas trompé de pays : face à lui, d&rsquo;immenses panneaux publicitaires vantent les acquis de la Révolution. Sur le côté, une présence : celle d’un Hugo Chavez tout sourire, le visage placardé sur un panneau de dix mètres par vingt. Bienvenue en Chaviland ! La balade commence.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Engouffrez-vous dans un de ces taxis noirs Chevrolet, période de campagne électorale ou pas, et vous aurez une chance sur deux (voire deux sur deux) de tomber sur une <em>cadena</em> : une interruption de programme sur toutes les radios et télévisions en même temps &#8211; privées ou publiques, « officialistes » ou d&rsquo;opposition &#8211; durant laquelle le président Hugo Chavez Frias s&rsquo;adresse à ses compatriotes plusieurs heures durant. Selon le compteur d&rsquo;antenne d&rsquo;une organisation anti-chaviste, le Commandante se serait exprimé 100 heures <a href="http://monitoreociudadano.org/cadenometro/" target="_blank">entre janvier et octobre via ces fameuses cadenas</a>. Plus encore, l’opposition estime qu’il se serait octroyé près de 1700 heures d&rsquo;antenne <a href="http://www.lapatilla.com/site/2012/10/13/alo-presidente-el-reality-de-chavez-con-1-656-horas-y-44-minutos-de-transmision/" target="_blank">en 14 ans de pouvoir</a>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aux alentours de Caracas, l’autoroute emprunte des tunnels qui disparaissent sous les bidons-villes. Vous serez alors frappé par l&rsquo;omniprésence du chef : à travers  la multitude de tags, graffitis et affiches. Peut-être arriverez-vous tout de même à mettre un visage sur son principal adversaire, Henrique Capriles Radonski, 40 ans, jeune candidat de la plate-forme d’opposition (MUD), grâce à quelques panneaux publicitaires noyés sous la propagande &laquo;&nbsp;<em>rojo-rojito</em>&nbsp;&raquo; (rouge-rouge).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La liberté de la presse sacrifiée</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Depuis quelques années, le gouvernement a fait passer toute une série de lois destinées à reprendre en main le secteur audiovisuel. Par là même, c’est la volonté de contrôler la critique et d’imposer le message du Comandante qui se laisse entendre. Mais au lieu de s&rsquo;attaquer frontalement aux grands quotidiens lus par une petite élite cultivée, et forcément hostile -<em> El Nacional, El Universal ou Tal Cual -</em> le gouvernement a préféré concentrer ses efforts sur les <em>mass médias</em> : une stratégie tournée vers les habitants des quartiers populaires qui regardent surtout la télévision ou écoutent la radio. Le 1er août 2009, la Commission nationale des Télécommunications (Conatel) décida de retirer leur fréquence à 34 stations de radio ou chaînes télévisées, la plupart d&rsquo;opposition, sous couvert d’une démocratisation du paysage audiovisuel vénézuélien mis au service de la collectivité. En réalité, les nouveaux médias qui ont récupéré ces fréquences, qu’ils soient communautaires, privés ou publiques, sont aujourd’hui pour la plupart des courroies de transmission du message officiel. Des clips de propagande sont diffusés en permanence, lorsque Chavez ne s’immisce pas en <em>cadena</em>.</p>
<p><br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Durant la campagne présidentielle, ces médias ont donc imposé « la voix du maître ».</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement, afin d&rsquo;obliger la presse d&rsquo;opposition à davantage de retenue, voire à l&rsquo;auto-censure, le gouvernement fit passé une nouvelle loi en décembre 2010, appelée la « <em>ley resorte</em> ». Celle-ci a pour but d’interdire la diffusion de messages pouvant “<em>susciter l’angoisse au sein de la population</em>“. C’est au nom de cette loi que la désormais seule chaîne de télévision d’opposition <em>Globovisión</em> dut payer une forte amende en 2012. Les autorités lui reprochaient d&rsquo;avoir couvert les mutineries mortelles dans des prisons de Caracas l’année précédente.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aujourd&rsquo;hui, il suffit de tourner le bouton de la radio pour prendre conscience du déséquilibre médiatique évident. On y entend régulièrement la voix éructante de celui qui prétend être, à en croire certains graffitis qui jalonnent le bord des voies, la parole du peuple: « <em>Somos Millones, una sola voz !</em> » (« <em>Nous sommes des millions, une seule voix !</em> »). La plupart du temps, cette voix familière bourdonne, entre-coupées de pics de volume: « <em>Imperialismo ! Oligarquia ! Yankee ! Gringos !</em> ».</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Tension électorale : des paroles aux actes</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Durant six mois de campagne, le président de tous les Vénézuéliens mena une campagne violente et agressive contre son adversaire Henrique Capriles Radonski. Hugo Chavez l’a souvent traité de «<em> bourgeois apatride</em> », mais la charge la plus virulente date du 16 février 2012 : « <em>Tu as beau te déguiser, minable, tu as une queue de porc, des oreilles de porc, tu ronfles comme un porc, tu es un porc !</em> ». Des propos injurieux, à la limite de l&rsquo;anti-sémitisme selon certains observateurs. En réponse, celui qui sembla garder son calme durant toute la campagne me fit cette déclaration en septembre dernier : «<em> Le gouvernement de Chavez est bien loin du socialisme, il a au contraire des points communs avec l&rsquo;extrême droite, il est même fasciste je dirais dans ses méthodes. Chavez m&rsquo;a traité de nazi, moi, le petit fils de déporté juif ! Cela démontre de sa part une profonde ignorance, ou pire, une volonté de ramener le débat au niveau de l&rsquo;insulte.</em> »</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Résultat : les mots ayant une portée directe, les violences provoquées par des militants chavistes radicaux à l&rsquo;encontre des partisans de Capriles se sont succédées. En mars 2012, le candidat d&rsquo;opposition a essuyé des coups de feu dans un <em>barrio</em>, un quartier populaire de Caracas. Puis en septembre, c’est au tour de ses militants de subir un &laquo;&nbsp;caillassage&nbsp;&raquo; à Puerto Cabello, le grand port industriel. Mais le plus marquant s&rsquo;est produit quelques semaines avant le scrutin dans l&rsquo;état de Barinas, terre natale d&rsquo;Hugo Chavez : juste après un meeting du « <em>flaco</em> » (« le maigre », surnom donné à Capriles), trois responsables politiques d&rsquo;opposition ont été assassinés froidement par des militants chavistes armés. Quelques jours avant le scrutin, Hugo Chavez en <em>cadena</em>, agitant le spectre du chaos post-électoral, accusait le camp de l&rsquo;opposition de provocation : <em>« Le plan de l&rsquo;opposition cache un projet néo-libéral qui prétend nous renvoyer à un Venezuela du passé qui n&rsquo;y résisterait pas, et nous plongerait à nouveau dans une situation néfaste avec une profonde déstabilisation. Et cela nous mènerait sans doute à la guerre civile ! »</em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une &laquo;&nbsp;élection libre, transparente et exemplaire&nbsp;&raquo;? </strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le dimanche 7 octobre, alors que l&rsquo;écart entre les deux candidats se resserrait dans les derniers sondages, les patrouilles socialistes faisaient le tour des quartiers du matin jusqu’au soir; appelant les retardataires à voter à coups de trompettes et de pétards. Malgré les 140 000 soldats de la garde nationale bolivarienne déployés, beaucoup craignaient des violences autour des bureaux de vote. Mais les Vénézuéliens se sont déplacés en masse pour faire entendre leur voix dans le calme : une élection saluée par la planète entière et notamment les observateurs du Centre Jimmy Carter. Le système électoral électronique, &laquo;&nbsp;<em>le plus rapide, sophistiqué et sûr du monde</em>&nbsp;&raquo; selon la présidente du Conseil National Électoral (CNE) nommée par les autorités, devait éloigner le spectre de la fraude. On peut toutefois légitimement se demander si certains Vénézuéliens n&rsquo;ont pas évité de voter contre Chavez, de peur de laisser une trace informatique qui leur vaudrait des représailles.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/10/mar12FRELAND-0691.jpg"><img class="alignleft  wp-image-470" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-francois-xavier-freland-venezuela" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/10/mar12FRELAND-0691-150x150.jpg" alt="" width="84" height="84" /></a></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">François-Xavier Freland est correspondant pour <em>RFI-TV5</em> et pour plusieurs médias audiovisuels vénézuéliens depuis 2008. Il est l&rsquo;auteur de <a title="lien-fx-freland-venezuela-1" href="http://www.cherche-midi.com/theme/Qui_veut_la_peau_d_Hugo_Chavez__-Francois-Xavier_FRELAND_-9782749120942.html" target="_blank"><em>Qui veut la peau d’Hugo Chavez</em></a> récemment paru aux éditions Cherche-Midi.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<item>
		<title>Interview de Maxime Filandrov, président de l&#8217;association Russie-Libertés</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:45:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Sophie Levy © World Economic Forum Russie-Libertés est une jeune association basée à Paris qui se bat pour l&#8217;organisation d&#8217;élections libres et transparentes. Son président, Maxime Filandrov, est aussi expert électoral pour l&#8217;OSCE et l&#8217;UE, il explique ici comment la Russie en est arrivée à ce niveau de contestation. Maxime Filandrov est franco-russe. Il ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Sophie Levy<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/flickr-3234710388-hd1.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1302" title="Visuel-article-maison-russie-2" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/flickr-3234710388-hd1.jpg" alt="" width="650" height="170" /></a></p>
<p>© World Economic Forum<br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://russie-libertes.org/" title="lien-site-russie-libertes" target="_blank">Russie-Libertés</a> est une jeune association basée à Paris qui se bat pour l&rsquo;organisation d&rsquo;élections libres et transparentes. Son président, Maxime Filandrov, est aussi expert électoral pour l&rsquo;OSCE et l&rsquo;UE, il explique ici comment la Russie en est arrivée à ce niveau de contestation.<br />
<br/><br />
<iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F50395138&amp;auto_play=false&amp;show_artwork=true&amp;color=ff7700"></iframe><br />
<br/><br />
Maxime Filandrov est franco-russe. Il a donc voté à Saint-Pétersbourg lors du scrutin présidentiel et a pu constater des fraudes dans son propre bureau de vote.<br />
<br/><br />
<iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player/?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F50395327&amp;auto_play=false&amp;show_artwork=true&amp;color=ff7700"></iframe><br />
<br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<item>
		<title>La fraude électorale russe fait son strip-tease</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:43:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Enjeux]]></category>
		<category><![CDATA[Fraude]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://pgte.lautreelection.fr/?p=1640</guid>
		<description><![CDATA[Par Anya Ayvazyan © World Economic Forum Dernier épisode de la ronde des dirigeants, chorégraphiée par le duo Poutine/Medvedev. La place Bolotnaya milite pour des élections justes &#8230;..La compréhension du scrutin présidentiel russe de 2012 exige un retour sur les élections législatives du 4 décembre 2011. Selon les ONG et les observateurs indépendants, celles-ci auraient ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Anya Ayvazyan<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Vladimir_Putin_at_the_World_Economic_Forum_Annual_Meeting_2009_002.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-1297" title="Visuel-article-maison-russie-1" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Vladimir_Putin_at_the_World_Economic_Forum_Annual_Meeting_2009_002.jpg" alt="" width="650" height="170" /></a></p>
<p>© World Economic Forum<br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dernier épisode de la ronde des dirigeants, chorégraphiée par le duo Poutine/Medvedev.</strong><br />
<br/><br />
<strong>La place Bolotnaya milite pour des élections justes</strong><br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La compréhension du scrutin présidentiel russe de 2012 exige un retour sur les élections législatives du 4 décembre 2011. Selon les ONG et les observateurs indépendants, celles-ci auraient été massivement falsifiées. Tous les Russes se souviennent d’un épisode curieux : tandis qu&rsquo;une animatrice de télé annonçait les résultats détaillés de chaque région &#8211; stupeur ! &#8211; le parti présidentiel Russie Unie aurait recueilli un total de 146% des votes dans l&rsquo;une d&rsquo;elle! Une bourde révélatrice de l&rsquo;état de démocratie du pays.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Tout a commencé quelques mois avant les législatives, lorsqu&rsquo;un leader de l’opposition &#8211; le bloggeur Alexey Navalny &#8211; lança un appel incitant à ne pas voter pour le parti Russie Unie. La société civile se senti alors portée par un mouvement de contestation naissant. Mais au lendemain du scrutin, les Russes purent constater de nombreuses falsifications. La grogne s’intensifia. Le 10 décembre, près de 100 000 Moscovites ont participé au rassemblement pour des élections justes. Du jamais vu depuis plusieurs décennies. Cette manifestation sur la place Bolotnaya symbolisa le réveil d’une conscience politique qui auparavant était majoritairement indifférente aux manipulations du pouvoir.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La victoire de Poutine restait pourtant acquise d&rsquo;avance : des médias à sa botte, des chaînes de télévision fédérales aux programmes orientés, des règles de libre-concurrence non respectées&#8230; Le directeur adjoint de l’ONG GOLOS (Organisation Civile de Défense des Lois et des Libertés) souligne d’ailleurs que <em>« d’importantes infractions ont été commises avant même le jour de l’élection »</em>. Les électeurs n’ont même pas assisté à de réelles confrontations entre les principaux candidats car Vladimir Poutine, à l’époque Premier Ministre, a refusé de participer aux débats publics.<br />
<br/><br />
<strong>Des méthodes de fraude multiples</strong><br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>En 2012, <em>« personne ne sait quels sont les résultats réels des présidentielles russes, et personne ne le saura jamais »</em> ajoute le militant de GOLOS. Le Mouvement Démocratique et Libéral espérait un second tour digne d&rsquo;une démocratie saine, mais Poutine a su l’éviter par tous les moyens.<br />
Les procédures de vote à domicile notamment &#8211; une option offerte à ceux qui ne peuvent se présenter aux bureaux de vote &#8211; représentent à elles seules 25% des falsifications constatées par les correspondants de GOLOS. Ainsi, le pourcentage de « malades » a considérablement augmenté depuis les élections législatives de décembre 2011 : 1, 5 millions des Russes se sont sentis brutalement incapables de venir jusqu&rsquo;aux urnes. Dans certaines régions comme le Caucase du Nord, le Daghestan ou l’Ingouchie, leur nombre a augmenté de 300%. Une situation qui simplifie très largement la « correction » des résultats par les pouvoirs locaux chargés de recueillir les bulletins de ces votants.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Autre problème majeur pour les observateurs : le « bourrage d’urnes ». Le seul recours possible en cas de doute consiste à vérifier les chiffres présentés par le responsable du bureau de vote qui par ailleurs n’est pas obligé de s’expliquer sur le décompte des bulletins. Seuls les observateurs indépendants présents lors des journée électorales peuvent donc prétendre dénoncer les fraudes prises sur le fait. L’ONG GOLOS en a construit <a href="http://www.kartanarusheniy.org/2012-03-04" title="lien-cartographie-fraude-golos-russie" target="_blank">une cartographie</a> : Moscou vient en tête accompagnée de Saint-Petersbourg et suivie des régions de Samara et Krasnodar, les localités les mieux couvertes par les observateurs. Les bénévoles de GOLOS ont reçu plus de 5200 messages  témoignant d’infractions!<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Une troisième méthode utilisée par le pouvoir fut la technique dite du « carrousel » ou « vote multiple ». Elle consiste à mobiliser des votants qui circulent entre les différents bureaux pour exercer leur devoir citoyen dans chacun d’entre eux. Le cas a été suffisamment massif pour entrainer des embouteillages dans certaines artères de la capitale. Une fraude décomplexée dont les organisateurs ne se cachaient pas, laissant numéros de téléphone, liste des participants et lieux de rassemblement disponibles sur Internet.<br />
La pratique s’est aussi largement répandue dans les résidences universitaires où l’on craint le vote d’une jeunesse majoritairement favorable aux forces d’opposition. A l’Université de Moscou, ces combines ont provoqué de fortes altercations entre les étudiants et l’administration scolaire pro-Poutine.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Mais la fraude peut être plus grossière encore : les autorités se sont simplement contentées de corriger les résultats à la fin de la journée. <em>« J’ai été obligée de falsifier les résultats, sinon j’aurais pu perdre mon travail »</em>, avoue une enseignante responsable d&rsquo;un bureau de vote. Certains professeurs, sous la pression du directeur, ont été forcés de présenter des résultats incorrects. <em>« Ils ont promis 25 000 roubles pour chacun, mais nous avons reçu seulement 20 000 pour 5 personnes »</em>, précise-t-elle (NDRL : le salaire mensuel d&rsquo;un instituteur est d&rsquo;environ 40 000 roubles).<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Après cette période électorale, la fonction d’observateur est devenue un élément important de la société russe. Jamais auparavant elle n&rsquo;avait été aussi populaire. Des Moscovites volontaires sont partis dans les régions lointaines pour combattre la fraude dans le cadre des scrutins locaux qui ont suivi. Parmi eux, on retrouve de nombreuses stars comme Leonid Parfenov, écrivain, animateur de télé, activiste et opposant. Tout le monde a pu le suivre grâce aux caméras installées dans les différents bureaux de vote, une mesure prise par le gouvernement espérant apaiser la protestation. Pourtant, les caméras mêmes n’ont pas su freiner les falsificateurs. Des millions de Russes ont ainsi eu la possibilité d’observer les fraudes en direct. Une vraie <em>« Loft Story »</em> électorale!<br />
<br/><br />
<strong>Les votes &laquo;&nbsp;bizarres&nbsp;&raquo; de Poutine</strong><br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>L’expert indépendant et physicien Sergey Chpilkin estime qu’à peu près 9 millions des votes de Poutine sont « bizarres ». Selon l’analyste, son score réel serait de 57, 5% (au lieu de 63, 5%). Les écarts entre les votes recueillis par Vladimir Poutine à la capitale et dans certaines régions périphériques comme la Tchétchénie posent également question : respectivement 47%  et 99, 8%. D&rsquo;un côté, des milliers d’observateurs et de l&rsquo;autre, le contrôle total du pouvoir local. <em>« Les observateurs dans le Caucase risquaient des représailles violentes »</em>, précise le directeur adjoint de l’ONG GOLOS.<em> « Si ces élections avaient été libres, le pouvoir aurait pu avoir pas mal de problèmes »</em>, pense-t-il.<br />
<br/><br />
<span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Mais aujourd&rsquo;hui la vraie menace pour le pouvoir en place serait plutôt à chercher du côté des leaders de la contestation, ces opposants « hors système » qui n&rsquo;ont pu se présenter à l&rsquo;élection présidentielle mais qui, depuis l&rsquo;élection, manifestent sans relâche.<br />
<br/></p>
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<div class="line">
</div>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/anya.ayvazyan.jpg"><img class="alignleft  wp-image-470" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-anya-avazyan-russie" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/anya.ayvazyan.jpg" alt="" width="84" height="84" /></a></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">Anya Ayvazyan est journaliste pour les rédactions russes de <em><a href="http://www.russian.rfi.fr/auteur/anna-aivazyan" title="lien-rfi-anya-ayvazyan" target="_blank">RFI</a></em> et <em><a href="http://newtimes.ru/authors/detail/56386/" title="lien-new-york-times-anna-ayvazyan" target="_blank">The New-York Times</a></em>.
<p>
<br/><br />
<br/></p>
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		<title>De la dictature parfaite à la démocratie imparfaite</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:40:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Céline Lemaire © Protoplasma Kid Au soir de l’élection présidentielle mexicaine du 1er juillet 2012, Enrique Peña Nieto a été déclaré vainqueur avec 38,21% des voix. Dès l’annonce de ce résultat, dans les rues de Mexico, ses détracteurs se sont levés. Pour eux, il y a eu fraude : l’opinion a été manipulée, les ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Céline Lemaire<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Marcha_Yosoy132_-_11.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-519" title="En-tete-second-article-mexique" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Marcha_Yosoy132_-_11.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© Protoplasma Kid</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Au soir de l’élection présidentielle mexicaine du 1er juillet 2012, Enrique Peña Nieto a été déclaré vainqueur avec 38,21% des voix. Dès l’annonce de ce résultat, dans les rues de Mexico, ses détracteurs se sont levés. Pour eux, il y a eu fraude : l’opinion a été manipulée, les urnes ont été volées et les résultats truqués.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Au Mexique, l’élection présidentielle a eu une conséquence positive : celle d&rsquo;unir (dans l&rsquo;adversité) les indignés. Le soir du scrutin, ils n&rsquo;acceptent pas les résultats annoncés (38,21% pour Enrique Peña Nieto (droite), 31,85% pour Andres Manuel Obrador (gauche) et 25,46% pour Josefina Vazquez Mota (PAN, conservateur, au pouvoir)). Dans les heures qui suivent, <a title="lien-second-article-mexique-1" href="http://www.youtube.com/watch?v=tq-IGWVXPqo&amp;feature=youtu.be" target="_blank">des manifestations</a> sont organisées un peu partout dans le monde.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le mouvement couvait depuis des mois déjà. <em>Yo soy 132</em>, figure phare de cette révolte, est né le 11 mai 2012. Alors que Peña Nieto est en campagne à l’Université ibero-américaine de Mexico, une manifestation spontanée s&rsquo;organise contre lui. Le quadra photogénique tente alors de convaincre les médias que les manifestants sont de « faux étudiants ». Pour prouver le contraire, 131 d’entre eux se filment brandissant leur carte d&rsquo;identité. <a title="lien-second-article-mexique-2" href="http://www.youtube.com/watch?v=P7XbocXsFkI" target="_blank">La vidéo</a> circule sur Internet. De nombreux Mexicains se rallient à leur cause et s&rsquo;autoproclament 132ème.</p>
<p><br/><br />
<strong>Une fraude institutionnalisée</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour tous les 132ème, les raisons d&rsquo;honnir « le candidat de la fraude et de la corruption » sont multiples. Pour eux, les premiers corrompus sont les médias mexicains et en particulier les deux chaînes de télévisions principales : <em>Televisa</em> et <em>TV azteca</em>. Parmi les textes de référence de <em>Yo soy 132</em>, figure <a title="lien-second-article-mexique-3" href="http://www.guardian.co.uk/world/2012/jun/26/mexican-media-scandal-televisa-pri-nieto" target="_blank">un article</a> de <em>The Guardian</em> aux allures de polar. Il révèle l&rsquo;existence de l&rsquo;équipe Handcock, un bureau secret de <em>Televisa</em> et d&rsquo;un accord financier signé en 2005. Le but du groupe Handcock : améliorer l&rsquo;image de Peña Nieto et dégrader celle de son principal adversaire, Manuel Lopez Obrador. Son moyen de propagande : des spots publicitaires achetés par le PRI.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Grâce à ces vidéos, l’équipe de campagne de Peña Nieto a manipulé l’opinion. Mais la parole n’étant pas toujours suffisante, elle y a joint l’acte : celui de l’achat direct. Des cartes cadeaux, de l&rsquo;argent ou de la nourriture ont été offerts aux citoyens en échange de leur bulletin, certains d&rsquo;entre eux <a title="lien-second-article-mexique-4" href="http://www.france24.com/fr/20120627-focus-elections-presidentielles-mexique-corruption-fraude-electorale" target="_blank">n&rsquo;hésitant pas à l&rsquo;avouer</a> aux journalistes. Ces pratiques sont à l&rsquo;origine du désordre ubuesque du « <em>Sorianagate</em> ». Au lendemain de l&rsquo;élection, des magasins de la chaîne Soriana ont été débordés par les clients qui affluaient en masse avec des bons d&rsquo;achat offerts par le PRI. Leur valeur : de 100 à 1500 pesos (6 à 90 euros).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Certains citoyens corrompus ont été chargés de recruter d&rsquo;autres électeurs, et ce jusqu&rsquo;au jour de l&rsquo;élection, devant le bureau de vote. Un Mexicain l&rsquo;explique dans <a title="lien-second-article-mexique-5" href="http://www.france24.com/fr/20120711-reportage-mexique-fraude-vote-achat-voix-scrutin-election-presidentielle-pri-nieto" target="_blank">une vidéo de France 24</a> : c&rsquo;est un véritable système de vente pyramidale qui a été mis en place. Le PRI a organisé des réunions durant lesquelles il a repéré ses agents capables eux-mêmes de recruter de nouveaux électeurs. Ainsi, selon une étude de l&rsquo;organisme Alliance Citoyenne, un Mexicain sur quatre a été sollicité pour vendre son vote pendant la campagne.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span><a title="lien-second-article-mexique-6" href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-07-04-Mexique" target="_blank">Selon l’analyste Laura Carlsen</a>, l’évolution des résultats publiés au cours de la nuit du 1er au 2 juillet est statistiquement impossible. Dans certains bureaux de vote, le nombre de voix est même supérieur au nombre de votants. Plus surprenant encore, dans le village de Santiago Tutla, Enrique Peña Nieto avait promis aux habitants que s&rsquo;ils votaient pour lui, il leur construirait des toilettes publiques. 526 des 529 électeurs se sont exécutés.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces opérations coûtent cher. Trop cher. Enrique Pena Nieto aurait dépensé près de 50 millions de dollars pour sa campagne. Un montant largement supérieur au seuil légal mexicain : 21,7 millions de dollars.</p>
<p><br/><br />
<strong>Des casseroles à trainer</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Au-delà de l&rsquo;élection, les manifestants craignent le retour au pouvoir du PRI qui a déjà gouverné le pays pendant plus de 70 années consécutives au cours du XXème siècle. Ils gardent en mémoire sa répression sanglante du mouvement étudiant de 1968 et ses nombreuses fraudes électorales. Durant la campagne de 2012, un candidat du PRI à la mairie d’une ville de l’État de Chiapas a abattu un militant du PAN (parti du président sortant Felipe Calderon). Des violences qui n’ont pas empêché Peña Nieton de <a title="lien-second-article-mexique-7" href="http://www.guardian.co.uk/world/video/2012/jul/02/enrique-pena-nieto-mexican-election-video?INTCMP=ILCNETTXT3487" target="_blank">célébrer sa victoire</a> en affirmant que le parti avait changé, que son règne ne serait plus synonyme d&rsquo;autoritarisme et de corruption.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Les Mexicains traumatisés par la répression violente des manifestations d&rsquo;Atenco ont eu du mal à le croire. Difficile d’oublier ce mois de mai 2006 lors duquel des floriculteurs ont manifesté contre l&rsquo;implantation d&rsquo;un supermarché sur le terrain qu&rsquo;ils utilisaient pour vendre leur production. Enrique Peña Nieto, alors gouverneur de l’État de Mexico, ordonne l&rsquo;intervention policière. La répression violente entraîne la mort de deux manifestants, dont un garçon de 14 ans. 26 femmes sont violées. Des activistes sont emprisonnés. Aucun policier n&rsquo;est inquiété.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>« <em>Nous voulons la démocratie, pas des feuilletons</em> » scandent les manifestants du mois de juillet 2012. Ils raillent ainsi la femme d&rsquo;Enrique Peña Nieto, actrice de <em>Telenovela</em> Angelica Rivera. En 2010 leur mariage avait été largement médiatisé, l’heureux mari faisant oublier la mort mystérieuse trois ans plus tôt de sa première femme. Interviewé par une journaliste sur la raison du décès de celle-ci, il n&rsquo;avait pas su répondre. Cette maladresse a donné lieu à de nombreuses rumeurs dont certaines allaient jusqu’à l’accuser de meurtre. Pour les plus indulgents, Monica Pretelini Sàenz se serait suicidée en raison des infidélités de son mari.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Si le candidat a su convaincre certains électeurs, c’est grâce à son attachement à la sécurité. C&rsquo;est ce qu&rsquo;explique l&rsquo;analyste Jean-François Boyer. Dans ce domaine, le président sortant, Felipe Calderon a essuyé un échec cuisant. Il avait promis de mettre fin à l&rsquo;emprise des narcotrafiquants sur le pays et depuis son accession au pouvoir en 2006, 50 000 personnes sont mortes dans cette guerre contre les cartels. Enrique Peña Nieto a su profiter de ce funeste bilan et surenchérir en promettant d’éradiquer la pauvreté qui touche 46% des 112 millions de Mexicains.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le 12 juillet, le candidat de la gauche, Manuel Lopez Obrador a déposé un recours en invalidation de l’élection présidentielle. Le 31 août, il a été rejeté à l’unanimité par les sept juges du Tribunal fédéral électoral. Le lendemain, l’instance suprême a proclamé Enrique Peña Nieto élu avec 38,2% des voix contre 31,6% pour Manuel Lopez Obrador. Ce jour-là, <em>Yo soy 132</em> n’a rassemblé que 300 manifestants devant le Tribunal.</p>
<p><br/><br />
<strong>Les 132èmes, entre espoir et résignation</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aujourd’hui, à Paris, le 132ème, c&rsquo;est Manuel, Georgina, Alberto, Uriel, Elena, Kenya et Vanessa. Parmi eux, certains sont allés voter dans l’espoir d’un changement. D’autres sont abstentionnistes et le revendiquent. Kenya, étudiante mexicaine à l’EHESS, un drapeau rouge blanc vert entre les mains a voté en 2006. Cette année, elle ne s’est pas déplacée car elle supposait que, comme la dernière fois, son vote ne serait pas respecté. <em>« Je suis pessimiste en ce qui concerne la démocratie au Mexique mais aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on peut au moins montrer au monde ce qui se passe »</em>, se félicite-t-elle. Pour elle, Peña Nieto n&rsquo;a pas compris l&rsquo;époque dans laquelle il vit. Il n’a pas saisi la portée de cette résistance virtuelle.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Les manifestants mexicains, quelque soit leur camp, partagent un constat : il y a des lois au Mexique, mais elles ne sont pas respectées. En premier lieu par la classe politique. Pour Manuel, membre actif de <em>Yo soy 132 </em>à Paris, c’est le PRI qui a répandu massivement des pratiques telles que l’achat de voix ou le financement illégal des campagnes. Alors maintenant, <em>« la démocratie, on y croit et on n’y croit pas »</em>, explique-t-il. Pour lui, le fait qu’elle mette tant de temps à s’installer est désespérant. <em>« La lutte pour la démocratie est très ancienne au Mexique et on avance petit à petit. Nous croyons fermement que la voie armée n’est pas la solution et qu’il faut se battre de manière démocratique et pacifiste »</em>, ajoute-t-il. Un combat non violent qui promet d’être rude. Selon toute vraisemblance, Peña Nieto sera bien, pour les six prochaines années, le président d&rsquo;un pays passé de la dictature parfaite (selon l’expression de l’écrivain Mario Vargas Llosa) à la démocratie imparfaite.</p>
<p><br/><br />
<iframe frameborder="0" width="650" height="366" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xv1c2r"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xv1c2r_a-paris-la-contestation-gronde-face-a-la-victoire-d-enrique-pena-nieto-aux-elections-presidentielles_news" target="_blank">A Paris, la contestation gronde face &agrave; la&#8230;</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/Piw_Progress_In_Work" target="_blank">Piw_Progress_In_Work</a></i><br />
<br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>Le PRI(x) du vote</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:38:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Delphine Rigaud © Protoplasma Kid Les vieilles méthodes clientélistes instaurées par le PRI pour acheter la paix sociale ont fait des adeptes à gauche comme à droite. Entre le cynisme des politiques et le pragmatisme des électeurs, qui se laissent volontiers convaincre pour quelques pesos, le vote à la mexicaine repose sur la simple ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Par Delphine Rigaud</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Marcha_Yosoy132_-_3-copie.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-509" title="En-tete-article-mexique" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Marcha_Yosoy132_-_3-copie.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© Protoplasma Kid</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les vieilles méthodes clientélistes instaurées par le PRI pour acheter la paix sociale ont fait des adeptes à gauche comme à droite. Entre le cynisme des politiques et le pragmatisme des électeurs, qui se laissent volontiers convaincre pour quelques pesos, le vote à la mexicaine repose sur la simple règle de l&rsquo;offre et de la demande.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: left;"><em>« On m’avait promis 3000 pesos, mais je n’en ai reçu que 1500. Vous pourriez m’aider à obtenir les autres ? » </em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Au Mexique, le vote est devenu un contrat à effet immédiat. Le citoyen ne cède plus son idéal démocratique à la promesse d’une politique publique des plus irrésistibles. Il lègue ses convictions au bon samaritain qui lui paiera ses factures, ou au cynique qui le menacera de supprimer ses allocations. Réalité absolument pas déformée, basée sur des témoignages en sortie de meetings, confirmés plusieurs mois après le scrutin présidentiel, quelque soit le parti. Parmi les plus marquants, Carmen, 54 ans, habitante d’un quartier populaire au sud de Mexico. Elle s’est laissée charmer par la solution à court terme. Quelques traites de retard et l’élection tombait à pic. Pour la troisième fois, sans regret ni repenti. « <em>Pourquoi je devrais avoir honte ? Échanger mon vote contre de l’argent, c’est de la politique concrète. J’ai besoin d’argent, lui il a besoin d’un vote. Tout le monde est gagnant.</em> » Sauf que cette fois-ci, le contrat n’a pas été respecté par l’acheteur et la mère de famille est allée le faire savoir au camp d’en face. Avec elle, des milliers d’électeurs détenteurs de cartes bancaires ou de supermarchés prépayées, mais à moitié vides.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>« <em>Au Mexique, les gens sont pragmatiques. Ils adaptent leur préférence aux opportunités. Le vote ne vaut absolument rien politiquement. Il ne se traduit pas en décision politique ou en réforme. Alors les électeurs l’échangent contre un confort ponctuel.</em> » Le constat d’Antonio Attolini, membre du mouvement étudiant <em>Yo Soy 132</em>, est amer. Pendant toute la campagne présidentielle, les jeunes Mexicains auront tenté de restaurer l’importance d’un vote libre de tout clientélisme ou d’influence médiatique. Mais les méthodes du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI), hégémonique pendant près de 70 ans, sont passées à la postérité. « <em>Quand l’alternance est enfin arrivée en 2000, les institutions n’ont pas été suffisamment réformées pour mettre fin à ces pratiques, </em>explique l’étudiant en droit<em>. Aujourd’hui, trois partis ont la possibilité de s’imposer. Mais quand viennent les élections, ils continuent d’utiliser ces mêmes méthodes pour arriver au pouvoir. Oui, désormais nous avons une alternance, mais c’est une alternance de mafieux.</em> »</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>À en croire les sociologues et analystes politiques, l’achat de vote a toujours existé au Mexique, mais il n’aurait jamais été aussi important que lors de l’élection du 1<sup>er</sup> juillet 2012. Ricardo Monreal, coordinateur de campagne d’Andres Manuel Lopez Obrador, candidat de la gauche arrivé en deuxième position, dénonce « <em>un manque de culture politique et un manque d’amour de la démocratie, vecteurs d’une société meilleure et de gouvernements meilleurs.</em> » La cause selon lui : le PRI et le PAN, la droite au pouvoir depuis 2000. Monreal les accuse d’avoir « prostitué » la démocratie mexicaine. « <em>La politique est tellement dépréciée que lorsque l’on se déplace en campagne et que l’on fait des propositions, les gens nous disent : ‘Non, non, non ! Dis-moi plutôt combien tu vas m’offrir pour mon vote !’ Alors oui, il y a un problème de fond.</em> » Comme pour faire comprendre qu’ils sont obligés de rentrer dans le jeu.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Du côté du vainqueur &#8211; l’inventeur de l’achat de vote au Mexique &#8211; on enfile les œillères. Les scènes surréalistes d’électeurs escroqués devant les supermarchés complices laissent pantois. Emmanuel Reynaud, membre de l’équipe « diffusion et message » pendant la campagne d’Enrique Peña Nieto renvoie les milliers de témoignages à des «<em> anecdotes</em> ». « <em>On ne peut pas nier qu’il y ait des cas particuliers, mais les choses ne sont ni blanches ni noires. Que ce soit arrivé dans des cas particuliers ne veut pas dire que la grande majorité des électeurs n’a pas pris sa décision par rapport à ses convictions. </em>» Pour le PRI, le scrutin fut totalement transparent et libre. « <em>C’est une grande victoire pour le peuple mexicain ! »</em> L’étude sur les achats de vote la plus sérieuse recense 8% des électeurs quand l’écart entre le vainqueur et son dauphin ne dépasse pas 6 points. Le conseiller stratégique nuance : « <em>Si vraiment ça s’est produit, il n’y a aucune raison de penser que c’est plus arrivé dans un parti que dans un autre.</em> » Pendant toute sa campagne, le président élu, Enrique Peña Nieto, a matraqué que le nouveau PRI avait tiré un trait sur ses mauvaises habitudes. Le clientélisme a certainement été oublié en cours de route.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Car selon le rapport de la Mission des Experts Électoraux (MEE) de l’Union Européenne, l’Institut Fédéral Électoral (IFE), en charge de la bonne marche des élections mexicaines, a fermé les yeux sur « <em>l’iniquité du scrutin due à l’achat et aux pressions sur les votes</em> » en faveur d’Enrique Peña Nieto. Alors qu’il existe tous les moyens légaux pour punir l’influence financière, affirment les experts européens. Tenu confidentiel jusque 4 mois après l’élection alors qu’il avait été remis en main propre à l’IFE, ce rapport, révélé par la revue d’investigation <em>Proceso,</em> renforce les accusations de la gauche et des jeunes de <em>Yo Soy 132</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La MEE soutient également que l’IFE devrait enquêter sur « <em>l’achat de la couverture éditorial</em> ». Déjà dénoncé dans les colonnes du quotidien britannique <em>The Guardian</em>, « <em>le présumé accord entre Televisa et le PRI pour impulser la candidature présidentielle d’Enrique Peña Nieto</em> » inquiète les spécialistes européens. « <em>Bien que les pactes secrets entre partis et médias soient difficiles à démontrer, les autorités compétentes ne devraient pas renoncer aux investigations.</em> » La gauche, elle, ne lâchera pas. Elle a annoncé qu’elle présenterait une plainte devant la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme. Mauvais perdants ou pour la beauté du geste ? La jeune démocratie mexicaine, elle, ne s’en plaindra pas.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Delphine-Rigaud1.jpg"><img class="alignleft  wp-image-514" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-delphine-rigaud-mexique" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Delphine-Rigaud1-150x150.jpg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: left;">Delphine Rigaud est journaliste et correspondante au Mexique.</p>
<p style="text-align: left;">Elle est l&rsquo;auteur du blog <a title="delphine-rigaud-liensaucemexicaine-mexique" href="http://blogs.rue89.com/sauce-mexicaine" target="_blank"><em>Sauce Mexicaine</em></a> sur <em>Rue89</em>.</p>
<p style="text-align: left;">Lisez son article <a title="delphine-rigaud-lientribunegeneve-mexique" href="http://journal.tdg.ch/mexique-vieux-parti-veut-reprendre-pouvoir-2012-06-27" target="_blank">&laquo;&nbsp;Au Mexique, le vieux parti veut reprendre le pouvoir&nbsp;&raquo;</a> sur <em>La Tribune de Genève</em>.</p>
<p><br/></p>
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<div class="line"></div>
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		<title>La démocratie, nouveau Guide de la Libye?</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:34:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Céline Lemaire Ibtissam al-Kilani Chariat, fondatrice de l&#8217;association Lawyers for justice in Libya. © Céline Lemaire, Progress in work Le 7 juillet 2012, la parole confisquée au peuple libyen pendant 42 ans lui a été rendue : 60% des citoyens appelés aux urnes ont élu les membres de leur Congrès National. Malgré la jeunesse de ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Céline Lemaire<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Lybie-2-copie1.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-616" title="En-tete-article-libye" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Lybie-2-copie1.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>Ibtissam al-Kilani Chariat, fondatrice de l&rsquo;association Lawyers for justice in Libya. © Céline Lemaire, Progress in work</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le 7 juillet 2012, la parole confisquée au peuple libyen pendant 42 ans lui a été rendue : 60% des citoyens appelés aux urnes ont élu les membres de leur Congrès National. Malgré la jeunesse de cette démocratie et des actes de violence, les observateurs ont salué la bonne tenue du scrutin. La transition semble en marche.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aux quatre coins du pays, le 7 juillet 2012, les citoyens libyens ont marqué leur index gauche à l’encre bleue. Ils viennent de subir 42 ans de dictature et huit mois de conflit armé. Entre février et octobre 2011, la révolution a fait selon l’ONU 25.000 morts, dont le colonel Kadhafi. À présent, il s’agit de se reconstruire et de poser les premières pierres d’un système démocratique. En votant pour la première fois, le peuple a élu son Congrès National général et l’a chargé de nommer un gouvernement. Dans les rues, l’émotion est palpable. Au <a title="lien-article-libye-1" href="http://www.tekiano.com/ness/politik/5693-libye-elections-reportage-a-benghazi-qon-est-libre-on-peut-enfin-sexprimerq-.html" target="_blank">journal Tekiano</a>, Salwa, franco-libyenne revenue en Lybie au début de la révolution, ne cache pas sa joie. Elle avait déjà voté en Europe, mais à Benghazi, elle en a pleuré : <em>« j’ai vu ce que représentait vraiment une élection »</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le coup d’envoi du processus démocratique n’a pourtant pas été sans heurts. 101 bureaux de vote sur 1554 sont restés fermés pour cause de sabotages par les fédéralistes. Ces derniers n’acceptaient pas la répartition des sièges du Congrès &#8211; 100 pour l’Ouest, 60 pour l’Est et 40 pour le Sud. Une répartition qui fait perdurer selon eux le système centralisé et inégalitaire de l’ère Kadhafi, infligeant une nouvelle humiliation à l’Est, délaissée sous Kadhafi et berceau de la révolution.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La répartition par région n’est pas la seule problématique : comment demander aux citoyens de voter pour un parti lorsqu’ils n’ont jamais connu de système démocratique ? Pour pallier ce manque, le système libyen a permis aux candidats de se présenter indépendamment de tout mouvement politique. 120 sièges du Congrès ont été réservés aux indépendants, et 80 seulement aux partis. Cette disposition a l’avantage de l’ouverture, mais l’inconvénient de la corruption, les partis tentant de rallier à eux les brebis égarées par tous les moyens, financiers compris. C’est ce qu’avouait la candidate indépendante Amar Taher Alhaj à un journaliste canadien : <em>« Plusieurs organisations m’ont appelée pour me proposer de l’argent, en échange de mon soutien à l’Assemblée. Elles font ça avec tout le monde »</em>. Des avances difficiles à refuser pour certains, étant donné que les frais de campagne ne sont pas remboursés.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong> Des résultats inattendus</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Contre toute attente &#8211; et à la différence de la Tunisie et de l’Égypte &#8211; ce ne sont pas les islamistes du Parti de la Justice et de la Construction (PJC) qui ont remporté l’élection. Ils n’ont obtenu que 17 sièges. Pour les  observateurs internationaux, les Libyens sont en majorité musulmans modérés, et rejettent l’idée d’un islam politique. Autre surprise : les 33 sièges sur 200 obtenus par des femmes, soit 16,5% du Congrès. C’est 4% de plus qu’en France entre 2002 et 2007.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le grand vainqueur de cette élection, avec 40 sièges sur 80, est l’Alliance des forces nationales (AFN), une coalition de 58 partis menée par Mahmoud Jibril el-Warfalli, sexagénaire originaire de Benghazi, ayant autrefois collaboré avec le fils de Mouammar Kadhafi, Saif Al-islam. En mars 2011, le Conseil national de transition (CNT) l’avait nommé à la tête d’un gouvernement transitoire. Il a mis sur pied cette large coalition, l’AFN, et fait le tour des régions avec un discours teinté de nationalisme, prônant un islam modéré. Un discours qui a su convaincre, au vu des résultats.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Écris-moi une Constitution</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Dans les premiers jours de la révolution, une Libyenne de France, Ibtissam al-Kilani Chariat a fondé l’association <em>Lawyers for justice in Libya</em>. Son but : assister le processus démocratique. Aujourd’hui, le réseau est constitué de 7 avocats en exil et de 70 juristes résidant en Libye. <em>« Nous travaillons avec la population, pour lui expliquer ce qu’est une Constitution et à quoi servent les élections »</em>. Pour cela, l’association a prévu de sillonner le pays dans « <em>un bus constitutionnel</em> » pour aller à la rencontre des citoyens. Cinquante avocats voyageront ainsi pour recueillir les doléances du peuple et l’informer sur ses droits.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La juriste a été agréablement surprise par le déroulement des élections législatives du 7 juillet. <em>« Étant donné que la plupart des Libyens n’avait jamais fait l’expérience du vote, je pensais qu’il serait difficile de mettre un système démocratique en place et de demander aux gens de prendre part aux élections. »</em> Mais pour elle, le CNT et la société civile ont fait <em>« un travail magnifique »</em>. Le prix de la révolution a été très élevé. Rares sont les familles qui n’ont pas payé leur tribu par la mort, <em>« alors tous se disaient qu’il fallait que ça marche et étaient conscients que s’ils ne participaient pas, une nouvelle dictature était possible »</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>L’issue du scrutin a moins surpris l’avocate : <em>« tout le monde dit que, contre toute attente, les islamistes ont perdu. Pour moi ce n’est pas tout à fait vrai. Ils ont tout de même remporté 17 sièges ! »</em> Ce qui reste une bonne chose selon elle. D’abord parce que les islamistes ont participé à la révolution et ensuite parce qu’ils sont armés. Ne pas leur laisser de place serait les traiter comme le faisait Kadhafi. Quant à celle accordée aux femmes, elle explique en souriant qu’il est logique qu’elles jouent un rôle aujourd’hui car<em> « pendant 42 ans, hommes et femmes ont été à égalité dans les difficultés de l’ère Kadhafi »</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Restaurer l&rsquo;autorité</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>En 2011, la Libye figurait au 168ème rang (sur 183) des États les plus corrompus au monde, selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) mesuré par Transparency International. Une corruption historiquement institutionnalisée par Kadhafi et pérennisée par ses fils à partir des années 1990. Après la révolution, le fonctionnement du CNT a manqué de transparence, en particulier concernant ses sources de financement. C’est ce que relève <em>Lawyers for Justice</em> <em>in Libya</em> dans <a title="lien-article-libye-2" href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/lettre.pdf" target="_blank">sa lettre trimestrielle</a> : « <em>Le peuple n’a jamais su en quoi consistait exactement le pouvoir du CNT et comment il prenait ses décisions. Et cette carence est assimilée à un manque de responsabilité. Si l’on demande aux milices de rendre les armes, elles continuent de demander « à qui ? »</em>. »</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Selon un rapport d’Amesty International, publié à la veille des élections, le véritable problème de la Libye est aujourd’hui la complaisance du CNT à l’égard des milices armées. D’après l’observatrice Diane Eltahawi, 4 000 personnes seraient toujours emprisonnées dans des centres de détention officieux. Certaines depuis un an, sans chef d’inculpation. <em>« Dans ces centres, les milices révolutionnaires commettent torture et violations des droits de l’Homme, en toute impunité »</em>, <a title="lien-article-libye-3" href="http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Crises/Afrique-du-Nord-Moyen-Orient/Actualites/Libye-la-mainmise-des-milices-est-corrosive-pour-l-etat-de-droit-5719" target="_blank">décrit-elle dans son rapport</a>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Selon l’ONG, les autorités libyennes continuent de minimiser l’ampleur et la gravité de ces violations. Au mois de mai, les <em>thuwwar</em> ont obtenu l’immunité contre toute poursuite pour les actes militaires et civils commis <em>« dans le but d’assurer le succès de la Révolution du 17 février ou de la protéger »</em>. Le CNT complice de la torture ? Pour Alshiabani Abouhamoud, ambassadeur libyen à Paris, l’autorité de transition ne doit pas être blâmée pour les difficultés qu’elle a trouvées à son arrivée. Kadhafi avait supprimé les structures étatiques, allant jusqu’à restreindre le pouvoir de l’armée, de peur de la voir menacer son régime. L’ambassadeur s’en excuse : <em>«Des membres de l’armée obéissent. Des révolutionnaires organisés en milice, moins »</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><a title="lien-article-libye-4" href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Constitutional-Declaration-August-2011-en-copie.pdf" target="_blank">Lire la déclaration constitutionnelle rédigé par le CNT (en anglais)</a>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour <em>Lawyers for justice in Libya</em>, aujourd’hui, l’élaboration d’une Constitution qui unisse tous les Libyens est la priorité. Après la mort du Guide, le CNT avait défini deux phases de transition. La première (octobre 2011 à juin 2012) s’est achevée avec les élections de juillet, mettant fin à la mission du CNT. La deuxième aboutira d’ici un an, avec la promulgation de la Constitution. Elle permettra d’organiser les premières élections présidentielles de l’après-Kadhafi qui signera, peut-être, la fin de la dictature.</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>Réchauffement démocratique ?</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:31:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>
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		<description><![CDATA[Par Eric Eymard © Eric Eymard Islande. À lui seul, le nom éveille les désirs extatiques des adeptes de voyages, au moins autant qu’il contrarie les songes des pilotes de ligne en raison de volcans  imprévisibles. Il arrive aussi que l’île fasse parler d’elle pour ses pratiques démocratiques. L’effondrement de son système financier en 2008 ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Eric Eymard<br />
<br/><br />
<a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Le-siege-de-Morgunbladid-copie1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-551" title="En-tete-article-islande" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Le-siege-de-Morgunbladid-copie1.jpg" alt="" width="640" height="163" /></a><br />
<em>© Eric Eymard</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Islande. À lui seul, le nom éveille les désirs extatiques des adeptes de voyages, au moins autant qu’il contrarie les songes des pilotes de ligne en raison de volcans  imprévisibles. Il arrive aussi que l’île fasse parler d’elle pour ses pratiques démocratiques. L’effondrement de son système financier en 2008 a ainsi largement contribué au renouvellement de la classe politique du petit état de 320 000 âmes. </strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La crise islandaise sans précédent a conduit une commission (la SIC) à examiner avec grand intérêt les pratiques pour le moins douteuses de ses élites financières, politiques et médiatiques, et permis à un Procureur Spécial d’enquêter et de poursuivre quelques dizaines de fraudeurs présumés (1). Il a enfin contribué à une révision constitutionnelle menée tambour battant par une Assemblée Constituante de 25 « citoyens ordinaires ».</p>
<p style="text-align: justify;">Islande. Terre basaltique et nation démocratique qui suscite un enthousiasme inconditionnel et quasi universel. Car c’est bien le pays de Björk et de Sigur Ros qui, en 930, a fondé l’Althing, premier Parlement d’Europe. L’Islande encore qui collectionne les louanges planétaires : second pays le plus démocratique au monde pour <em>The Economist</em> (2); dans le peloton de tête des nations les moins corrompues au monde pour l’organisation <em>Transparency International</em>; dans les 10 premiers du classement de <em>Reporters Sans Frontières</em> sur le critère de la liberté de la presse (3)&#8230; L’Islande enfin, qui en 2010 est à l’origine d’une <a title="lien-article-islande-1" href="http://immi.is/Home" target="_blank">«<em> initiative islandaise pour les médias modernes</em> »</a>, visant entre autre à protéger la liberté d’expression et la protection des sources.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La fumerolle qui cache le geyser ?</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Islande. Islande volcanique ! Islande apocalyptique ! Islande erratique ! Mais Islande héroïque, puisque unanimement reconnue pour ses velléités libertaires. Doit-on douter de cette présentation élogieuse, digne d’un poème scaldique ? Se pourrait-il que certains n’aient vu dans ce tableau idyllique que la surface immergée d’un iceberg ? L’élection présidentielle de l’été dernier offre une base de réflexion intéressante, même s’il convient d’emblée de préciser qu’elle ne permet pas à elle seule de réfuter l’actuelle grille de lecture.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Le scrutin opposait six candidats, parmi lesquels Olafur Ragnar Grimsson, candidat heureux à sa ré-ré-ré-ré-ré-élection. En Islande, le Président n’a pas vocation à s’impliquer dans la vie politique. N’était l’Article 26 de l’actuelle Constitution qui lui accorde le droit de ne pas ratifier un projet de loi du Parlement, il ne serait même qu’un « roi sans couronne ». Le détenteur d’une mission honorifique et symbolique de représentation qui confine au superfétatoire. À trois reprises pourtant (4), le taquin Olafur a usé de ce droit et déclenché à chaque fois des réactions dont l’intensité peut être comparée aux séismes volcaniques qui touchent parfois l’île. D’aucuns ont vu dans cette réelection le fruit de son indéniable expérience de la fonction, de son charisme, voire de son sens avéré de la stratégie politique. Tout porte à croire qu’ils ont raison car, hormis l’absence de qualités comparables chez les autres candidats, rien n’incline véritablement à penser que d’autres facteurs ont pu favoriser cette ré-élection. Et ce en dépit d’un contexte historique emprunt de pratiques claniques et partisanes.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Financement électoral : des règles claires, et pourtant&#8230;</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Plafonnement des dons, déclaration d’origine des fonds perçus, tenue d’une comptabilité rigoureuse&#8230; En Islande, <a title="lien-article-islande-2" href="http://www.rikisendurskodun.is/fileadmin/media/skyrslur/Rules_on_the_financial_accounts_of_political_parties.pdf" target="_blank">les règles de financement de parti et de campagne sont précisément définies par la législation</a> depuis 2006. Il aura toutefois fallu <a title="lien-article-islande-3" href="http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/greco/default_FR.asp?" target="_blank">la persévérante insistance du Groupe d’États contre la corruption</a> pour que le comité en charge de ces questions à Reykjavik daigne s’intéresser au sujet. Une tardive prise en compte que <a title="lien-article-islande-4" href="https://notendur.hi.is/gylfason/inenglish.htm" target="_blank">Thorvaldur Gylfason</a>, économiste réputé et membre de l’Assemblée ayant planché sur la nouvelle Constitution, impute à la réticence de certaines personnalités politiques. Ces derniers n’auraient pas vu d’un bon oeil la remise en cause de leurs discrètes pratiques. Et Thorvaldur de citer l’exemple de <a title="lien-article-islande-5" href="http://www.economicdisasterarea.com/index.php/features/the-independence-party-fl-grouplandsbanki-scandal/" target="_blank">ce généreux pactole de 55 millions de couronnes</a> (293 000 euros) octroyé au Parti de l’Indépendance (5) par la banque Landsbanki et FL Group (Baugur), juste avant que la loi ne soit promulguée. A l’époque, le même homme cumulait des fonctions qui confèrent à l’expression « être juge et partie » un sens Nordique inédit : le même homme se retrouvant à la fois vice-président du Comité mandaté pour rédiger le texte de loi, en charge du financement du Parti de l’Indépendance et vice-président du Conseil d’Administration de Landsbanki. Aujourd’hui encore, Thorvaldur Gylfason l’affirme, il demeure parfois difficile d’éradiquer ces vieilles habitudes et de faire exécuter cette réglementation. <em>« C’est la raison pour laquelle il existe <a title="line-article-islande-6" href="http://stjornlagarad.is/other_files/stjornlagarad/Frumvarp-enska.pdf" target="_blank">une clause spécifique</a> dans le projet de nouvelle Constitution »</em> ajoute-t-il.</p>
<p style="text-align: justify;">Reste qu’à l’issue de cette élection, les candidats en lice ont respecté les règles imposées et ont publié leurs comptes de campagnes.</p>
<p><br/><br />
<strong>25 millions d’IKr dépensés par les 6 candidats</strong> (6)<br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Alors qu’en France, <a title="lien-article-islande-7" href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/31/presidentielle-ce-que-la-campagne-a-coute-aux-candidats_1740455_823448.html" target="_blank">dépenser plus pour gagner plus d’électeurs paraît être un principe mathématique avéré</a>, en Islande, pépite ne rime pas nécessairement avec réussite. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les chiffres de la dernière élection : Olafur Ragnar Grimsson obtient plus de 52% des voix avec un budget de 6,5 millions de couronnes islandaises (41 000 euros), quand Thora Arnorsdottir n’obtient que 33% avec 15,8 millions (84 000 euros), budget le plus élevé de la campagne. La comparaison des ordres de grandeur entre l’Islande et la France renforce un peu plus l’hypothèse selon laquelle les moyens financiers n’ont guère influencé le résultat de l’élection sur l’île. Ainsi, la prodigue Thora n’a investi qu’1,90 euro par bulletin de vote obtenu, quand le plus économe de nos candidats à la dernière Présidentielle (Jacques Cheminade) misait 5,40 euros. Une analyse que partage Thorvaldur Gylfason pour qui <em>« l’argent a joué un rôle mineur dans le résultat »</em><strong> </strong>au cours de cette élection.</p>
<p style="text-align: justify;">Si influence électorale il y a eu, il faudra la chercher ailleurs.</p>
<p><br/><br />
<strong>Médias : to be influential or not to be, that is the question !</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>En l’espace d’une douzaine d’années, l’Islande est passée, presse mise à part, d’un paysage médiatique globalement monopolisé par l’État, lui-même sous la houlette du Parti de l’Indépendance, à un système verrouillé par de grosses entreprises et des banques à la tête desquelles évoluent quelques grandes et influentes familles. L’épais rapport remis par la SIC en 2010 a clairement établi l’existence de liens étroits et fort profitables entre sphères médiatique, politique et financière. Outre quelques menus larcins (escroqueries, détournements de fonds, délits d’initiés&#8230;), ces petits arrangements entre amis pouvaient aller jusqu’à des menaces et des intimidations de journalistes trop curieux. Dans les années et les mois qui ont précédé la crise de 2008, la situation financière de l’île telle que dépeinte par certains médias autochtones tenait plus d’un budget prévisionnel grec rédigé par Goldman Sachs que d’un décompte de résultats certifié par un Commissaire aux Comptes suisse. Dans la mesure où il n’a jamais existé de véritable réglementation fixant les conditions d’un rapport sain entre médias privés et candidats à une élection, la probabilité d’émousser cette relation incestueuse reste bien faible.</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="lien-article-islande-8" href="http://www.ejc.net/media_landscape/article/iceland/#l2" target="_blank">Comme l’explique Birgir Gudmundsson</a>, il existe « <em>de nombreux domaines (&#8230;), tels que l’indépendance éditoriale, les règles en matière de concentration capitalistique, les subventions des médias&#8230; Qui ne sont couverts par aucune législation particulière </em>». L’exemple de David Oddsson (7), acteur motivé de la financiarisation de l’île, patron de la Banque Centrale d’Islande au moment de la crise et devenu en 2009 rédacteur en chef du quotidien <em>Morgunbladid</em>, est emblématique du cas Islandais. C’est « <em>un peu comme si on avait nommé Richard Nixon à la tête du Washington Post pendant le Watergate</em> » concluait <a title="lien-article-islande-9" href="http://www.monde-diplomatique.fr/2011/05/SIGURGEIRSDOTTIR/20447" target="_blank"><em>Le Monde Diplomatique</em> dans un article de mai 2011</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte et compte-tenu du fait que, selon Thorvaldur Gylfason <em>« l’analyse critique des actions du gouvernement par des observateurs indépendants (est) un phénomène récent »</em>, l’esprit frondeur de certains journalistes des médias publics à l’endroit de la classe politique s’apparenterait davantage à un papotage de salon façon Michel Drucker qu’à un débat contradictoire conduit par Yves Calvi. Il est même arrivé que des ministres mis en cause par certains journalistes téméraires <a title="lien-article-islande-10" href="http://www.sgi-network.org/pdf/SGI09_Iceland_Gylfason.pdf" target="_blank">se soient plaints ouvertement des critiques dont ils furent l’objet</a>. Ragnhildur Helgadóttir, professeur de droit à l’Université de Reykjavik et haut-fonctionnaire au Ministère des Affaires Etrangères confirme qu’aujourd’hui encore<strong> </strong><em>« le journalisme d’analyse et d’investigation en Islande pâtit d’un sérieux manque d’indépendance ».</em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Michel Sallé relativise néanmoins ce constat impitoyable d’un monde médiatique corrompu et dépourvu de tout sens critique. Pour ce docteur en science politique, auteur d’une thèse sur l’Islande contemporaine, <em>« on a toujours pu lire dans la presse de nombreuses tribunes libres ainsi que de violentes critiques sur l’action des dirigeants politiques, au pouvoir comme dans l’opposition (&#8230;) ‘Observateurs indépendants’ affirme Gylfason ?  Je n‘en vois pas plus aujourd’hui qu’il y a 40 ans, même lorsqu’ils se parent de titres universitaires ! ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Que les médias se soient ou non fourvoyés dans de complaisantes présentations de leurs élites importe peu ; pour Michel Sallé, <em>« de toute façon les lecteurs savent et réagissent en conséquence »</em>. Depuis que l’impayable David Oddsson dirige Morgunbladid, les résiliations d’abonnement s’accumulent et les perspectives financières du titre s’assombrissent.</p>
<p><br/><br />
<strong>Sondage : l’art de faire dire aux chiffres ce que l’on veut</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>La candidate malheureuse, Andrea Olafsdottir, a aussi contesté la façon dont les médias ont biaisé les chiffres des sondages d’opinion. En ne tenant par exemple aucunement compte des quelques 30% d’électeurs indécis ou déclarant ne pas souhaiter voter. Le quotidien <em>Frettabladid</em> a augmenté sensiblement et artificiellement les scores des deux leaders et justifié par la même occasion la « préférence médiatique » qui leur a été accordée. Un procédé qui tendait à donner aux lecteurs l’idée que la partie allait (devait ?) se jouer uniquement entre Olafur et Thora. En réalité, cette dernière avait dépassé de 25 points Ari Trausti Gudmundsson, arrivé troisième. Michel Sallé justifie le procédé : <em>« Olafur et Thora étaient les deux candidats sortant du lot, donc les seuls susceptibles d&rsquo;intéresser le lectorat. (&#8230;) Cette campagne présidentielle était la première à être médiatisée ; il y a certainement eu des préférences partisanes, mais il y a aussi eu des erreurs reconnues ensuite. »</em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>« J’ai transformé la fonction présidentielle mais les gens doivent comprendre que nous sommes entrés dans une nouvelle époque et que l’exercice de la magistrature suprême doit être différente de ce qu’elle était dans les années 1950 »</em></strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span><a title="lien-article-islande-11" href="http://www.robert-schuman.eu/print_oee.php?num=790" target="_blank">Cette phrase prononcée durant la campagne par Olafur Ragnar Grimsson</a> pour justifier son refus de ratifier les deux projets de loi « <em>Icesave</em> » résume assez bien la posture de rassembleur courageux et expérimenté endossée par le Président. Un président qui s’est ostensiblement rapproché des partis conservateurs après avoir partagé les combats de la gauche islandaise. Assez paradoxalement, ce sont donc bien des enjeux éminemment politiques (rôle du président dans la Constitution, modification de cette dernière, adhésion à l’UE&#8230;) qui ont influé les résultats d’une élection en général apolitique. Des enjeux sur lesquels les Islandais paraissent cependant bien plus partagés que les chiffres ne le laissent supposer. Car si on tient compte des 30% d’abstention, Olafur n’a en réalité recueilli qu’à peine plus de 35% des suffrages. Un résultat quelque peu en décalage avec le plébiscite dont il s’est lui-même félicité.</p>
<p style="text-align: justify;">S’agirait-il d’un embryon de réponse à la question posée ? « Révolution des casseroles », <em>Icesave</em>, Assemblée Constituante&#8230; Si elle a pu naguère être abusée par ses élites, une partie non négligeable de la petite nation a récemment prouvé qu’elle pouvait changer le cours de son destin en s’appropriant le concept de l’influence et en modifiant ses modalités d’application. À se demander si l’influence n’est pas en passe de changer de camps ? Et si les plus grands démocrates en définitive, ne sont pas les Islandais eux-mêmes ?</p>
<p><br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Eric-Eymard1.jpg"><img class="alignleft  wp-image-552" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-eric-eymard-islande" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/Eric-Eymard1-150x150.jpg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
<p><br/><br />
Eric Eymard est l&rsquo;auteur des blogs <a title="lien-ericeymard-islande-1" href="http://vivre-en-islande.blogspot.fr/">Vivre en Islande</a> et <a title="lien-ericeymard-islande-2" href="http://chroniqueur-taquin.blogspot.fr/">Chroniqueur taquin Web et Print</a>.<br />
Il tient à remercier Michel Sallé pour ses précieux commentaires.<br />
<br/><br />
<br/><br />
<strong>Sources :</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Olafur Thor Hauksson, modeste Chef de la police d’Akranes s’est proposé pour le poste en janvier 2009. Aidé un temps par Eva Joly, il a procédé à plusieurs dizaines d’interpellations et fait condamner une demi-douzaine de personnes à des peines de prison ferme et/ou à de fortes amendes, à l’exception notable toutefois de David Odsson (voir note 16) et de Geir Haarde (Premier Ministre au moment du krash de 2008).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">(2) Dans les rapports de 2010 et 2011, la France qualifiée de «<em>démocratie imparfaite</em>» n’arrive qu’en 29ème position derrière l’Afrique du Sud.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">(3) Depuis 2002 et parmi quelques 180 pays, la France est classée 38ème à 3 places de la Papouasie Nouvelle Guinée (35e).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;">(4) En 2004 contre un projet de loi sur la concentration des médias qui fut finalement retiré, en 2010 et en 2011 contre les modalités de remboursement des dettes de la défunte <em>Icesave</em> (filiale de <em>Landsbanki</em>).</p>
<p><br/><br />
(5) Parti de Droite au pouvoir en Islande durant près d’un demi-siècle et renversé en 2009 suite à la crise financière.<br />
<br/><br />
(6) Moins de 160 000 euros.<br />
<br/><br />
(7) L’un des plus célèbres dirigeants politiques d’Islande. Il a été l’un des principaux dirigeants du Parti de l’Indépendance et occupait notamment le poste de Premier Ministre de 1991 à 2004.<br />
<br/></p>
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		<title>Quand la dictature iranienne se pare de démocratie</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:26:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Enjeux]]></category>
		<category><![CDATA[Fraude]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Céline Lemaire © Céline Lemaire, Progress in work Les élections législatives ont eu lieu, mais entre conservateurs. Tandis qu&#8217;une lutte de pouvoir oppose le parti du président Mahmoud Ahmadinejad aux islamistes, les réformistes et le Mouvement Vert ont été écartés de la campagne. Sous ses faux airs démocratiques, ce scrutin appuie l&#8217;oppression que subit ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Céline Lemaire<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/MG_6978-copie.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-541" title="En-tete-article-iran" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/MG_6978-copie.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p style="text-align: left;"><em>© Céline Lemaire, Progress in work</em></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les élections législatives ont eu lieu, mais entre conservateurs. Tandis qu&rsquo;une lutte de pouvoir oppose le parti du président Mahmoud Ahmadinejad aux islamistes, les réformistes et le Mouvement Vert ont été écartés de la campagne. Sous ses faux airs démocratiques, ce scrutin appuie l&rsquo;oppression que subit la population iranienne.</strong></p>
<p><br/><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Les 2 mars et 4 mai 2012, les Iraniens ont élu les membres de leur Parlement, le <em>Majlis</em>. Une parodie de processus démocratique durant laquelle ils ont dû choisir entre les islamistes pro-Ahmadinejad et les islamistes conservateurs. En Iran, la démocratie n&rsquo;a pas beaucoup progressé depuis l&rsquo;élection présidentielle de 2009, où des manifestations avaient été sévèrement réprimées après que le Mouvement Vert ait dénoncé le trucage des résultats. Depuis, le régime a poursuivi son œuvre d&rsquo;emprisonnement des opposants et de façonnement des cerveaux, en supprimant certains enseignements à l’université par exemple. Passé maître dans l’art de la propagande et de la censure, l’Iran est 175ème sur 179 pays au classement de la liberté de la presse.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Répression et intimidation</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Durant la campagne législative de 2012, la répression a battu son plein. Blogueurs, journalistes, syndicalistes, avocats, intellectuels, et même certains amis d&rsquo;Ahmadinejad ont été arrêtés. Les coupures d’Internet et les censures se sont multipliées. Cette année pourtant, le peuple ne s’est pas levé. Le Mouvement Vert a-t-il été bâillonné ? Pour Kianoush Rameziani, caricaturiste iranien en exil à Paris, les opposants sont toujours nombreux et ceux qui ne sont pas en prison cherchent de nouveaux modes d’expression. Pour lui, la jeunesse de Téhéran oppose aujourd’hui une résistance plus subtile au régime. Les gestes les plus anodins de la vie quotidienne &#8211; boire un verre de vin, assister à un concert non autorisé, ou porter le voile d’une certaine façon &#8211; ont valeur de slogan.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Sans journal libre et sans instance de contrôle indépendante, les chiffres ne sont pas vérifiables. Et en période électorale, le régime a la main-mise sur l’intégralité du dispositif. Frêles oiseaux en cage, les journalistes étrangers peuvent parfois rester parqués de longues heures dans leur hôtel. Certains électeurs prennent le relais et se jouent de la censure sur Internet. Sur leurs blogs, les citoyens-hakers racontent des épisodes aussi surprenants que <a title="lien-article-iran-1" href="http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201203/03/01-4502099-le-vainqueur-des-elections-iraniennes-layatollah-khamenei.php" target="_blank">celui d&rsquo;un blogueur</a> qui avait décidé de ne pas aller voter, mais qui s&rsquo;est vite exécuté lorsqu&rsquo;une urne lui a été livrée sur le pas de sa porte.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Fraude et corruption, les différents clans du camp conservateur s’en accusent mutuellement. <a title="lien-article-iran-2" href="http://www.lemonde.fr/international/article/2012/03/02/elections-iraniennes-la-cible-ahmadinejad_1649818_3210.html" target="_blank">Une aide</a> allouée aux pauvres fait office de carotte au bout de la matraque d’Ahmadinejad. Généreux père de patrie, son gouvernement leur verse l’équivalent de 28 euros par mois. Maigre cagnotte censée compenser l’inflation (officiellement évaluée à 21,6% et générée par les sanctions internationales).</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sélection (naturelle)</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>5 400 Iraniens dont 409 femmes ont souhaité se porter candidats à la députation en 2012. Un doux rêve pour un tiers d’entre eux. Deux instances ont en effet fait le tri. Le Ministère de l’Intérieur d’abord, qui en a écarté 750, puis le Conseil des gardiens de la Constitution -une assemblée de 12 juristes religieux &#8211; qui en a éliminés 1 150 autres, sans précision quant à la raison.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Cette dernière est à trouver dans le droit iranien, selon lequel les candidats doivent prêter serment de fidélité à la Constitution et reconnaître l’autorité du Guide Suprême, l’ayatollah Khamenei. Ils doivent d’abord être musulmans pratiquants (5 sièges représentant les minorités sont exemptés de cette règle). Tous les candidats doivent par ailleurs être en bonne santé et depuis cette année, disposer d&rsquo;un diplôme de master. Ils ne peuvent pas se présenter s’ils ont soutenu l’ancien régime (pré-islamique), sont de grands propriétaires terriens, appartiennent à des associations illégales, ont porté atteinte à l’État ou sont toxicomanes.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Privés de candidature, les leaders du Mouvement Vert ont appelé au boycott du scrutin. Pour le gouvernement, l’enjeu majeur est donc devenu la participation. Une fatwa selon laquelle « <em>ne pas voter est un péché</em> » a immédiatement été lancée. A quelques jours du vote, les citoyens ont reçu des <a title="lien-article-iran-3" href="http://www.lemonde.fr/international/article/2012/03/01/ali-khamenei-arbitre-de-l-affrontement-entre-ultraconservateurs-en-iran_1650443_3210.html" target="_blank">SMS aussi cocasses</a> que : « <em>Les États-Unis ne pourront envisager d’attaquer l’Iran que si la participation est inférieure à 50% !</em> ».</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Conservateurs versus islamistes</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Cinq listes étaient en présence pour ces élections : le Front Uni conservateur et le Front de l’Endurance (tous deux proches du Guide Suprême Ali Khamenei), la Voix de la Nation (anti-Ahmadinejad), le Front de la Persistance (proche d’Ahmadinejad et du Guide) et le Front de monothéisme et de justice pro-Ahmadinejad.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Chose surprenante pour l’observateur non avisé : Ahmadinejad est considéré comme réformiste par les conservateurs, puisqu’il conteste l’autorité du Guide Suprême et est plus attaché selon eux à l’identité iranienne qu&rsquo;à l’identité islamique. Ils l’accusent ainsi de faire preuve de laxisme sur la question du vêtement islamique. En réaction à la fermeture de bars et restaurants qui accueillaient des femmes ne portant pas le hijab, Ahmadinejad a déclaré cet été que <em>« les autorités devaient laisser le choix au peuple. Si les gens ont le choix, il choisiront certainement la culture et les croyances iraniennes »</em>. Le camp conservateur lui reproche par ailleurs sa mauvaise gestion de la crise économique et la chute de 40% du rial entre octobre 2011 et mars 2012.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pourtant, l&rsquo;opposition entre les deux camps tient plus de la lutte de pouvoir que de discordances fondamentales. En 2009, le Guide Suprême avait soutenu le président dont l&rsquo;élection était contestée. Mahmoud Ahmadinejad défendait alors les idées de ce dernier. Les hostilités ont débuté plus tard, en 2011, lorsque Ahmadinejad a voulu faire main basse sur deux piliers du pouvoir, le Ministère du pétrole et celui des renseignements. Depuis, la guerre est déclarée entre le président et le Guide Suprême, lequel se contenterait bien d’un président faible. Khamenei a d’ailleurs évoqué la possibilité de le faire élire par le Parlement plutôt qu’au suffrage universel, source selon lui d’une trop grande incertitude et d’une légitimité gênante.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Des chiffres plus qu’incertains</strong></p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Les 2 mars et 4 mai, <a title="lien-article-iran-4" href="http://www.lemonde.fr/international/article/2012/03/05/iran-les-conservateurs-remportent-les-elections-legislatives_1651874_3210.html" target="_blank">290 députés ont été élus</a> pour quatre ans. Selon les autorités iraniennes, 60% des électeurs auraient pris part au vote, mais ce chiffre est difficilement vérifiable. Le soir de l’élection, les autorités annonçaient des <a title="lien-article-iran-5" href="http://keyhani.blog.lemonde.fr/2012/03/06/soupcons-de-fraude-sur-les-legislatives-iraniennes/" target="_blank">taux de participation différents et incohérents</a>. A Boroujerd par exemple, les autorité annonçaient 58% de votant et le gouverneur de la ville 68%. Du côté de la prison d&rsquo;Amol, 1500 bulletins de vote ont été recensés, pour 900 détenus seulement.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Selon les chiffres annoncés le 6 mai, le Front Uni pro-Khamenei a obtenu 65 sièges, contre 25 seulement pour le Front de la Persistance pro-Ahmadinejad. Particularité de la politique iranienne, les candidats peuvent se présenter sur les deux listes. Ceux-là ont remporté 61 sièges. Les indépendants disposent de 98 sièges, les minorités de 5 et divers conservateurs de 15. Les réformateurs ayant boycotté les urnes n’ont obtenu que 21 sièges, contre 60 dans la précédente Assemblée. Pour Mosstafa Najar, le Ministre de l’Intérieur, ces résultats sont «<em>une gifle infligée aux ennemis de la nation»</em>.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour le journaliste <a title="lien-article-iran-6" href="http://www.salon.com/writer/jason_rezaian/" target="_blank">Jason Rezaian</a>, la victoire des conservateurs peut être interprétée comme la réaction des Iraniens face à l’isolement mondial de leur pays. Une montée du nationalisme par réaction aux sanctions internationales et une revendication religieuse contre la puissance occidentale.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Mahmoud Ahmadinejad sort quant à lui très affaibli de cette élection. Pour lui, il s’agit désormais de tenter de se maintenir jusqu’en 2013. Ayant atteint la limite de deux mandats, il ne pourra plus se présenter. Amir Mohebian, éditorialiste pour le quotidien conservateur <em>Resalaat</em>, lui prête des intentions « <em>à la Poutine</em> ». Laisser sa place à un homme de confiance en 2013, puis revenir pour un autre mandat, en 2017.</p>
<p><br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Avec ou sans Ahmadinejad à la tête du pays, tout porte à croire que l’opposition restera largement à l’écart du jeu politique. Si comme le clame Kianoush Ramezani, les Iraniens ne doivent pas prendre les armes ; si aujourd’hui il est possible de renverser un dictateur par la seule force des nouvelles technologies, il reste à savoir comment s’exercera cette force.</p>
<p><br/><br />
<iframe frameborder="0" width="650" height="366" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xv3xj6"></iframe><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/xv3xj6_portrait-d-un-caricaturiste-iranien-en-exil-a-paris_news" target="_blank">Portrait d&#039;un caricaturiste iranien en exil &agrave;&#8230;</a> <i>par <a href="http://www.dailymotion.com/Piw_Progress_In_Work" target="_blank">Piw_Progress_In_Work</a></i><br />
<br/></p>
<div class="more">
<div class="line"></div>
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		<title>La peur brune dans les urnes</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Nov 2012 17:15:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Enjeux]]></category>

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		<description><![CDATA[Par Amélie Poinssot © Ggia Aucun politologue, aucun journaliste, aucun sondeur, si bon soit-il, n&#8217;avait prédit un tel phénomène. Le groupuscule néo-nazi Chryssi Avgui (&#171;&#160;Aube Dorée&#160;&#187; en grec) a recueilli 6,97% des voix lors des premières élections anticipées du 6 mai 2012. Un score confirmé lors du second scrutin. Désormais, le parti compte 18 députés ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Amélie Poinssot<br />
<br/></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/20110629_Moutza_demonstrations_Greek_parliament_Athens_Greece.jpg"><img class="aligncenter  wp-image-562" title="En-tete-article-grece" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/20110629_Moutza_demonstrations_Greek_parliament_Athens_Greece.jpg" alt="" width="900" height="170" /></a></p>
<p><em>© Ggia</em><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Aucun politologue, aucun journaliste, aucun sondeur, si bon soit-il, n&rsquo;avait prédit un tel phénomène. Le groupuscule néo-nazi Chryssi Avgui (&laquo;&nbsp;Aube Dorée&nbsp;&raquo; en grec) a recueilli 6,97% des voix lors des premières élections anticipées du 6 mai 2012. Un score confirmé lors du second scrutin. Désormais, le parti compte 18 députés à la <em>Vouli</em>, le Parlement grec. Une assise politique acquise brutalement à coups de communication  subversive, sur fond de crise sans précédent.</strong></p>
<p><br/><br />
<strong>Un discrédit pesant sur les autorités en place</strong><br />
<br/></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour les observateurs internationaux, ces résultats semblent aberrants. Pourquoi voter pour un parti qui prône la violence comme mode d&rsquo;action et en particulier la violence contre les immigrés? La bascule n&rsquo;est pas si évidente à comprendre&#8230; <em>« pour nous qui raisonnons en termes rationnels, </em>précise le chercheur Yorgos Tzogopoulos. <em>Mais pour quelqu&rsquo;un qui souffre, qui a perdu son emploi, qui ne voit pas de lumière au bout du tunnel&#8230; On ne peut pas exiger de lui qu&rsquo;il réfléchisse à tête reposée. Ce n&rsquo;est pas la logique qui guide son vote, mais la réaction. »</em> Réaction, d&rsquo;accord ! Mais pourquoi en faveur d&rsquo;un parti quasi-inconnu ?</p>
<p style="text-align: justify;">En trente ans d&rsquo;existence marginale, le parti Aube Dorée n&rsquo;avait jamais dépassé 0,29% des voix lors de scrutins nationaux. Il ne possédait aucun mandat politique au niveau national, <a title="amelie-poinssot-lientexte1-grece" href="http://www.youtube.com/watch?v=XCKwQMvuM74&amp;noredirect=1" target="_blank">seul un membre a été élu conseiller municipal, en 2010, pour la Mairie d&rsquo;Athènes</a>. Le groupuscule était donc à l&rsquo;écart de l&rsquo;ancien système politique : une position qui allait jouer en faveur de ses intérêts.</p>
<p style="text-align: justify;">Petit retour en arrière. Les deux grands partis qui ont gouverné en alternance la Grèce depuis la fin de la dictature en 1974, PASOK (socialistes) et Nouvelle Démocratie (conservateurs), n&rsquo;ont plus un sou en poche. Les caisses de l’État sont vides, tout le monde le sait. Et les partis n&rsquo;ont plus rien à promettre à leur clientèle, comme ils le faisaient lors des élections précédentes, notamment à travers l&rsquo;octroi de postes dans la fonction publique. Leurs électeurs traditionnels n&rsquo;ont donc plus d&rsquo;intérêt à voter pour eux et ils sont profondément déçus par la politique d&rsquo;austérité à l&rsquo;oeuvre depuis début 2010. Leur voix ira donc ailleurs : l&rsquo;heure est au rejet du système bipartite caractéristique de la Grèce post-dictature. Pourtant, les électeurs de Chryssi Avgui ne sont pas tous partisans d&rsquo;une idéologie proche du nazisme, loin de là. Comment le parti les a-t-il donc convaincus?</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>L&rsquo;intervention des médias grecs</strong></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Déjà au cours de l&rsquo;hiver, tandis que l&rsquo;annonce officielle des élections anticipées se faisait attendre, la télévision grecque n&rsquo;a cessé de relater les apparitions d&rsquo;Aube Dorée. Dans ce contexte hors campagne, les médias n&rsquo;avaient pourtant aucune obligation de parler de ce parti non représenté au Parlement. Puis entre les deux scrutins, les attaques de membres d&rsquo;Aube Dorée envers les immigrés se multiplient et dépassent le cadre de la capitale, projetant immédiatement le parti sur le devant de la scène médiatique.<a title="amelie-poinssot-lientexte2-grece" href="http://berthoalain.com/2012/05/23/emeute-fasciste-a-%CF%80%CE%AC%CF%84%CF%81%CE%B1-patras-22-mai-2012/" target="_blank"> Ce fut le cas lors de cette nuit de violence du 22 mai, à Patras</a>. <em>« Ce qui fait la différence entre Aube Dorée et les autres formations d&rsquo;extrême droite en Europe, ou encore le mode d&rsquo;opération des skinheads, est que non seulement ce parti met en pratique ses appels à la haine, mais qu&rsquo;en plus, il en fait la publicité »</em>, explique Dimitris Psarras, fin connaisseur de cette formation néo-nazie. Ce journaliste d&rsquo;investigation s&rsquo;apprête à sortir un ouvrage sur le sujet, <em>Le livre noir d&rsquo;Aube Dorée. Documents sur l&rsquo;histoire et l&rsquo;action d&rsquo;un groupe nazi</em>. Alors que les pages sont déjà chez l&rsquo;imprimeur, il nous explique à la terrasse d&rsquo;un café d&rsquo;Athènes que les membres du parti, lorsqu&rsquo;ils prévoient une action coup-de-poing, préviennent les télévisions locales. De leur côté, les chaînes retransmettent les images de violence&#8230; <em>« en répétant qu&rsquo;il ne faut pas voter pour ces extrémistes, ce qui a eu l&rsquo;effet exactement inverse</em>, renchérit Yorgos Tzogopoulos. <em>Car les électeurs n&rsquo;avaient pas de leçon à recevoir de la part des journalistes de télévision, assimilés dans l&rsquo;esprit des Grecs à la classe politique dominante, qu’ils considèrent comme responsable de la situation actuelle. »</em></p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>Manipuler le sentiment de détresse générale</strong></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Parallèlement à ces ratonnades, Aube Dorée se construit une image de parti proche des plus démunis, accompagnant les personnes âgées retirer de l&rsquo;argent à la banque et organisant des soupes populaires&#8230; autorisées aux seuls détenteurs d&rsquo;une carte d&rsquo;identité grecque ! Une image fabriquée à partir de quelques actions soigneusement mises en scène et relayées par les journalistes qui ne vérifient pas sur le terrain si l&rsquo;action a bien lieu lorsque les caméras ne sont pas là. Si quelques distributions de nourriture ont parfois eu lieu dans le centre de la capitale, <a title="amelie-poinssot-lientexte3-grece" href="http://www.mediapart.fr/journal/international/130612/dans-la-province-grecque-le-vote-neo-nazi-est-arrive-par-la-tele" target="_blank">nul n&rsquo;a vu par exemple un membre de Chryssi Avgui dans la petite ville de  Kiato</a>. Située dans le nord du Péloponnèse, il s&rsquo;agit de la circonscription où la proportion d&rsquo;électeurs d&rsquo;Aube Dorée a pourtant été la plus élevée au soir du 6 mai (13,34 %).</p>
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<p style="text-align: justify;"><strong>De la victime à l&rsquo;agresseur</strong></p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Pour le parti, qui dispose encore de soutiens au sein de l&rsquo;armée, et surtout au sein de la police &#8211; où les liens avec la dictature des Colonels n&rsquo;ont pas totalement disparu &#8211; cette stratégie médiatique s&rsquo;accompagne d&rsquo;une rhétorique de la victimisation, bien connue des analystes de l&rsquo;extrême droite : « <em>Nous sommes exclus des médias !</em> », disent-ils sans cesse. <a title="amelie-poinssot-lientexte4-grece" href="http://www.youtube.com/watch?v=o_UhyiHjfGs" target="_blank">Le dirigeant du parti l&rsquo;a d&rsquo;ailleurs répété agressivement au soir du premier scrutin</a>. Un mythe. <em>« Les plateaux télé, guidés par le sensationnalisme et la recherche d&rsquo;audimat, raffolent des membres d&rsquo;Aube Dorée dans les débats, surtout s&rsquo;ils sont opposés à quelqu&rsquo;un d&rsquo;extrême gauche&#8230; »</em>, souligne Dimitris Psarras. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on aboutit à <a title="amelie-poinssot-lientexte5-grece" href="http://www.youtube.com/watch?v=NWCr2mNkCms" target="_blank">l&rsquo;un des épisodes les plus marquants de l&rsquo;entre-deux-scrutins</a> : au cours d&rsquo;une émission, le porte-parole d&rsquo;Aube Dorée s&rsquo;emporte et gifle, en direct, une député du Parti Communiste. L&rsquo;évènement qui a fait le tour du Net révèle au grand jour le mode d&rsquo;action du parti : violence, et violation des principes élémentaires de démocratie. Le geste aurait pu rebuter un certain nombre d&rsquo;électeurs, mais il a au contraire affermi le socle du parti : la gifle est apparue comme un exécutoire de la colère enfouie d&rsquo;une partie des Grecs qui rejette en bloc le système politique.</p>
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<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">&#8230;..</span>Aube Dorée symbolise désormais le parti anti-système, et il est parvenu à se faire connaître dans les quatre coins du pays : il n&rsquo;en fallait pas plus, dans un contexte de crise exacerbée, pour accéder aux arcanes du pouvoir. La formation touche à présent les subventions alloués aux partis élus au parlement : pour le premier semestre de la législature, Aube Dorée a déjà encaissé 3,2 millions d&rsquo;euros.</p>
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<p style="text-align: left;"><a href="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/POINSSOT-photo1.jpg"><img class="alignleft  wp-image-564" style="border-width: 1px; border-color: black; border-style: solid;" title="Portrait-amelie-poinssot-grece" src="http://pgte.lautreelection.fr/wp-content/uploads/2012/11/POINSSOT-photo1-150x150.jpg" alt="" width="105" height="105" /></a></p>
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Amélie Poinssot est correspondante en Grèce pour <em>Radio France Internationale</em>.<br />
Elle travaille également pour <em>RFI</em> et <em>Mediapart</em>.<br />
Visitez <a title="amelie-poinssot-lienwordpress-grece" href="http://ameliepoinssot.wordpress.com/" target="_blank">son <em>Word Press</em></a> !<br />
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